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27 avril 2013 @ 23:29
Was ist eine Welle ? Ein Ball ! Ein Ball ! Ein Ball !  
Récemment, j'ai revu un film allemand sorti en 2008, Die Welle ("La Vague").






Ce film, plus ou moins basé sur une histoire vraie qui s'est déroulée aux USA dans les années 1960, raconte comment un prof de lycée gauchisant, contraint de faire un cours sur l'autocratie, décide de montrer aux élèves que, contrairement à ce qu'ils pensent, il est parfaitement possible qu'une grande démocratie Européenne (au hasard : l'Allemagne, où se déroule donc le film), (re)devienne une dictature.
Le film montre donc à quel point le fascisme c'est trop cool, ah non, pardon, le fascisme, c'est mal ! C'est maaaaaal ! Le fascisme c'est pas bien !

Plutôt que de les assommer avec un grand cours magistral de fascistologie historique et comparative (la plupart des gens ne s'intéressent pas à l'histoire, hélas), notre prof innove et décide de faire vivre à ses élèves, de l'intérieur, la montée en puissance d'un mouvement fasciste.

Mouvement qui doit d'abord se trouver un chef. Les élèves désignent naturellement leur professeur.

D'abord, il leur fait disposer les tables en rangs et leur demande de l'appeler "Herr Wenger" plutôt que par son prénom, et aussi de demander la permission avant de parler. (Et oui, les lycées de France et de Navarre sont en situation pré-fasciste, mais que fait Vincent Peillon ?)

Ensuite il leur fait faire de l'exercice physique en rythme, histoire d'emmerder la classe du dessous.
Il les invite à s'habiller tous de la même façon, à tous porter une chemise blanche.
En quelque jours, le mouvement se trouve un nom : "La Vague", et un salut.
Le professeur a réussi à instiller dans ses élèves un esprit de corps, une solidarité nouvelle. Les membres de "La Vague", jusqu'ici des étudiants tout à fait banals, donc prompt à se découper en clans et à se moquer les uns des autres, se soutiennent mutuellement, que ce soit par l'entraide scolaire ou en protégeant l'un d'entre eux face à des voyous.
Le mouvement a bientôt du succès au-delà de la classe originale.

Bref, le fascisme c'est trop bien non, pardon, c'est mal, c'est très mal, c'est très très trèèèèès mal le fascisme.

Car bien sûr, cette solidarité nouvelle au sein du groupe a pour contrepartie la mise à l'écart des étudiants qui ne se conforment pas aux exigences (pourtant assez minimales à ce stade) du chef charismatique qu'il s'est donné.
Et oui !
Le prof, croyant bien faire, a accouché d'un monstre qui lui échappe petit à petit, car, comme le disait un fascistologue de ma connaissance, le fascisme est dynamique, le fascisme est une dynamique.
Une fois lancés, nos lycéens, jusqu'alors préoccupés par des trucs de leur âge (le sexe, la drogue, le rock), se muent rapidement (le film dure une semaine) en braves petits SA (j'exagère à peine), avec tout les débordements que ça peut engendrer.

Lorsque Wenger comprend son erreur, il est déjà trop tard. Il décide d'arrêter le mouvement, mais cela suscite un tel désespoir chez l'un des élèves que cela tourne au désastre, et il est bien puni d'avoir joué avec le feu, parce que vous voyez, tout comme la drogue, le fascisme, c'est mal, c'est maaal, c'est très très maaaal. Et puis, c'est du cinéma, ça doit mal se finir.

Tout le problème du film, à mon avis, vient de ce besoin de souligner très lourdement que le fascisme c'est pas bien. Ça s'exprime notamment avec un personnage qui dès le départ est un marginal déséquilibré, qui sera, tout au long du film, seul responsable de la plupart des excès du mouvement.

Alors bien sûr, les mouvement fascistes ont aussi servi de refuge à ce genre de malade mental, mais il me semble que ce personnage, très caricatural, affaiblit beaucoup le film :

Le but de Die Welle, c'est de montrer comment des gens normaux, lambda, des gens comme vous et moi (mais plus joli à regarder, quand même, on est au cinéma, faut pas déconner), peuvent, du jour au lendemain, se muer en bataillons fascistes près à mourir pour leur führer/duce/capitanul (rayer la mention inutile).

Or, si les problèmes les plus graves sont le fait d'une seule personne, qui a des problèmes psychologique, ils ne sont pas causés par le mouvement, donc le message du film tombe à l'eau.

Le film aurait été bien mieux si chacun des excès commis par ce personnage avait été commis par un autre étudiant, un différent à chaque fois, pour montrer comment, inexorablement, le fascisme leur corrompt l'âme à tous.


le leader charismatique et ses ouailles


Malgré tout, le film mérite d'être vu au moins une fois, parce qu'il montre tout de même assez bien, justement, la dynamique d'un mouvement fasciste.
Qu'il suffit d'avoir sous la main quelques esprits impressionnables, un peu paumés, et d'appliquer quelques règles simples, de leur donner une cohésion, pour lancer un véritable mouvement fascisant, qui leur apportera enfin la satisfaction de tous appartenir à un groupe bien défini, à une communauté séparée du reste, meilleure que le reste, où ils sont plus égaux que les autres. (Don't try this at home, kids)
Et puis c'est tellement sympa de voir des jeunes allemands en uniformes qui se saluent tous de la main droite ! Ça rappelle de bons souvenirs, non ?





Sérieusement, le fascisme, c'est mal. C'est très mal. Ça tue, ça torture, ça tabasse, c'est une religion politique nihiliste et anthropophage.
À cause du fascisme, des abrutis qui auraient mené une vie de médiocrité inintéressante sont heureux, euphoriques, électrisés, ravis de participer à une destinée glorieuse qui consiste à détruire tout sur leur passage.

Je le précise parce que je passe souvent pour un fasciste. Faut dire que le fascisme c'est tellement cool !

Typhon
 
 
 
svenizkypeursvenizkypeur on le 27 avril 2013 23:06 (UTC)
Est-ce que le film explique comment procède le prof pour que tous ses élèves viennent à tous ses cours pendant une semaine ?

Athreeren
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 27 avril 2013 23:10 (UTC)
Mais de fait, certains élèves ne viennent pas, ou plus, après un moment. Où as-tu pris l'inverse ?

Typhon
(anonyme) on le 28 avril 2013 23:23 (UTC)
Une excellente critique d'un très bon film.
Le morceau n'est pas mal.

Le Créateur Fou, http://youtu.be/x98wBcH4yhg
blaireaumanblaireauman on le 09 mai 2013 11:57 (UTC)
Coïncidence, j'ai vu ce film il y a peu (et en VO sous titrée). Je rejoins ton analyse sur le fait que ce l'écriture de ce film dénote d'un "besoin de souligner très lourdement que le fascisme c'est pas bien", ce qui plombe la portée intellectuelle du film. Le trait est trop grossier pour être crédible, comme en témoigne le gamin pour qui en une semaine, la Vague est devenue sa seule raison de vivre. Ça aurait pu être un très bon film si le sujet avait été traité avec plus de nuance.

Je ne suis pas d'accord quand tu dis que Herr Wenger est "dès le départ est un marginal déséquilibré" : ce n'est certes pas un parangon de super-prof super-pédagogue à l'américaine, mais de là à en faire un marginal déséquilibré, c'est un peu fort... C'est un prof qui a une approche différente de la pédagogie (par opposition au jmenfoutisme croulant de ses collègues qui considèrent que des cours d'histoire type cours magistral (tels que j'en ai eu pendant toute ma scolarité et qui m'ont fait sincèrement haïr cette matière) peuvent intéresser les élèves), et qui de fait n'est pas apprécié par ses collègues.

Bref, un bon film mais avec trop de parti pris grossier contre le fascisme (en même temps, quel serait l'accueil réservé à un film allemand qui dit qu'il y a à la fois du bien et du pas bien dans le fascisme ?)

Tu as juste oublié une des données essentielles de ce film : Karo, un des personnages principaux, est ROUSSE ! (ce n'est pas le Créateur Fou qui me contredira).
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 09 mai 2013 12:08 (UTC)
« Je ne suis pas d'accord quand tu dis que Herr Wenger est "dès le départ est un marginal déséquilibré" »

C'est pas lui le marginal déséquilibré, c'est le personnage dont le nom m'échappe, qui vend de la dope au début du film, qui brûle ses vêtements dans une brouette, qui achète une arme, qui voue une culte à Wenger, et qui est extrêmement caricatural du début à la fin.

Non, Wenger, je suis parfaitement d'accord avec ton analyse. Il y a plusieurs scènes qui montrent très bien que c'est une revanche qu'il prend sur ses collègues.

Et bien sûr que j'ai remarqué la rousseur de Jennifer Ulrich, elle est très belle, même si elle fait la gueule durant tout le film (pas facile d'être la petite amie d'un proto-fasciste), mais je ne voulais pas en parler, parce que Mme Hammon est très jalouse.

Enfin, je ne reproche pas au film de dénoncer le fascisme même si le fascisme c'est d'la balle, je lui reproche de manquer de subtilité dans sa dénonciation.

Typhon

Edited at 2013-05-09 12:12 (UTC)
(anonyme) on le 09 mai 2013 13:19 (UTC)
C'est vrai que le tag nichons n'a pas été utilisé depuis plus d'un an.

Athreeren
blaireaumanblaireauman on le 09 mai 2013 20:02 (UTC)
C'est pas lui le marginal déséquilibré

Ah, au temps pour moi, j'ai dû lire trop vite.


Et bien sûr que j'ai remarqué la rousseur de Jennifer Ulrich, elle est très belle

Du coup, te voilà grillé.


Nous sommes d'accord sur le manque de subtilité du film.
(anonyme) on le 20 août 2014 10:11 (UTC)
Oui, je suis d'accord avec Baal : très bon film au début, mais trop caricatural avec Tim (le jeune marginal qui se suicide à la fin). Et c'est vrai que le fascisme c'est (trop d'la balle) trèèèèèèèèèès vilain.