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Typhon Baal Hammon
Les mathématiques peuvent facilement donner l'impression d'une construction formelle monolithique, intemporelle et un peu éthérée.

Il est assez facile d'arguer que tout ce qui paraît culturel dans les mathématiques n'est qu'un vernis superficiel tout à fait arbitraire, qu'on pourrait remplacer sans changer substantiellement les idées profondes qui existent derrière. Typiquement, l'utilisation de la lettre grecque π pour exprimer le rapport entre diamètre et circonférence d'un cercle est manifestement une convention tout à fait arbitraire et n'importe quel autre symbole pourrait aussi bien faire l'affaire. Du reste, certains ont proposé d'utiliser le rapport entre rayon et circonférence à la place τ = 2π.
Pour autant, à côté de ce vernis culturel, il y a, je pense, une autre problématique, plus subtile, qui laisse à penser que les mathématiques, en admettant qu'elles sont découvertes et non construites, sont découvertes selon des lignes culturelles.
Si on y réfléchit un peu, il n'y a pas de raison pour laquelle la théorie des langages formels n'aurait pas pu être dévelopée dès le XVIIIe siècle, voire avant. Il se trouve qu'en Inde, Ve siècle av. J.-C., le grammairien Pāṇini employait déjà des constructions formelles comparables aux grammaires non-contextuelles.
Pour autant, la théorie des langages formels moderne n'a été véritablement développée qu'après l'invention de l'ordinateur, et ce n'est pas une coïncidence mais bien plutôt en grande partie parce que faire de la manipulation symbolique à grande échelle la rendait tout à la fois possible et nécessaire.
Du reste, puisque je parle de l'ordinateur, on peut s'arrêter un moment sur les modèles de calcul théoriques qui ont précédé l'arrivée de l'ordinateur, ce qui sont incarnés physiquement par les ordinateurs actuels, et ceux qui sont effectivement utilisés par les programmeurs pour exprimer des algorithmes :













Le fait est que ces modèles, bien qu'équivalents dans un sens assez profond, ne sont manifestement pas la même chose et portent la marque de leur intérêt principal pour leur inventeur.

Globalement, il est facile d'arguer que l'histoire des mathématiques est souvent une histoire de leur utilisation pratique, par exemple, que les fonctions trigonométriques ont la forme qu'elles ont à cause des besoins des astronomes et des navigateurs :





Si les mathématiques sont découvertes et non construites, force est de constater que les parties des mathématiques qui sont découvertes par l'humanité sont déterminées par des éléments très concrets en général ; il me semble assez probable que pas mal de théories mathématiques apparemment très abstraites ne pouvaient apparaître que dans des sociétés ayant un fort degré de sophistication matérielle. Je pense en particulier à la question de l'axiomatisation et des bases logiques des maths qui n'a pas l'air d'avoir beaucoup bougé entre Euclide et le moment du XIXe siècle où on a fini par prouver que le cinquième axiome d'Euclide ne pouvait pas être déduit des quatre autres.

Et si on revient au tout début des mathématiques, du moins dans le monde occidental, il est assez clair que les tout premiers mathématiciens faisaient de l'arithmétique pour la comptabilité, de la géométrie pour le cadastre, pour délimiter des champs.

Il me semble vraisemblable que le théorème de Pythagore a acquis et gardé son importance culturelle en grande partie à cause de ce besoin primordial.

Et du coup, on peut se demander si une culture différente, vivant sur d'autres bases, voire une espèce différente vivant dans un milieu différent, serait vraiment amenée à faire les mêmes mathématiques que nous. Prenons une espèce évoluant dans un milieu liquide, comme les poulpes dans l'océan : est-il raisonnable de présupposer qu'ils auraient besoin de mesurer les côtés des champs et de développer des théorèmes en conséquence ?

Il me paraît assez difficile d'imaginer une intelligence qui n'aurait pas la même conception des nombres naturels mais c'est peut-être un échec de ma propre imagination.

Et ça m'amène à la question de savoir comment on ordonne les concepts en mathématique et jusqu'à quel point ils sont intrinsèquement ordonnés les uns par rapport aux autres. On est habitués à envisager l'apprentissage des mathématiques dans un certain ordre imposé par la scolarité mais il est arbitraire dans une large mesure. On pourrait vraisemblablement enseigner les bases de l'arithmétique modulaire (Terminale S spécialité maths) à la place du théorème de Thalès (programme de quatrième), sans que ce ne soit nécessairement plus difficile à suivre pour les élèves.

Alors nos hypothétiques extra-terrestres inventant les mathématiques dans un milieu complètement différent du nôtre, quels seraient leurs passages obligés ? Y a-t-il des points de départ nécessaire aux mathématiques ? Y a-t-il des recouvrement nécessaires ? Est-il pensable que des concepts qui nous paraissent ultra-complexes et abstraits soient l'enfance de l'art pour eux et réciproquement ?

En tout cas, à mon avis, il n'y a aucune raison de penser que le théorème de Pythagore ou le nombre π auraient pour eux la moindre importance et le caractère "universel" des maths est tout de même à relativiser.
 
 
Typhon Baal Hammon
30 mai 2017 @ 00:03
Charles MJK m'a envoyé le sujet d'Ogma LXIX, oyez braves jantes :

Thème : Écrivez une histoire où, de quelle façon que ce soit, narrateur et personnage(s) entrent en conflit
Contraintes : L'histoire doit débuter dans un cadre romanesque classique et avoir une chute




Voilà vous avez grosso merdo jusqu'au 20 juin sauf que vu mon emploi du temps du mois prochain ça risque de durer un peu plus longtemps

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
Après ce long scrutin, je déclare Charles MJK vainqueur de Tétynons Ogma LXVIII et j'attends son sujet pour TO LXIX.

Merci à tout les participants et félicitations à lui !

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
24 mai 2017 @ 00:28
Et il y aura donc eu trois quatre participations pour cette édition et comme c'est la numéro 68 et qu'on est en mai, j'espère que vous jouirez sans entraves en les lisant (ou alors que vous interdirez d'interdire, chasserez le flic qui est dans votre tête, et lancerez une lutte prolongée, c'est à vous de voir).






Voilà, j'espère que j'ai oublié personne d'autre, vous avez jusqu'à vendredi soir pour voter, à vous les studio.
 
 
Typhon Baal Hammon
J'ai reçu par email cette contribution il y a quelque jours, mais je ne l'avais pas encore publiée, voilà qui est fait.




De hautes montagnes, au loin, se découpent nettement sur le ciel vide ; les angles se chevauchent, les lignes de crêtes se fendent en cascades de rochers, les piques étincelants, rivalisant d’orgueil, se jettent vers les hauteurs comme pour mieux faire briller leurs neiges éternelles. Mais l’orage n’est pas loin ; déjà, du creux des cols, promesse redoutable des jours froids à venir, s’échappe un vent brumeux qui engouffre en colonne sur les routes des vallées les derniers montagnards, poussant, dans son élan, son souffle jusqu’aux forêts, jusqu’aux villes plus bas, et jusqu’aux palles de tissu d’un petit moulin de plaine. Le moulin, comme pour un phare côtier, forme l’unique tour d’une chaumière sans âge : un toit de tuiles vieillies, à moitié recouvert d’une mousse humide, des fenêtres rondes, des murs habillés de lierres, des poutres, des pierres fatiguées, une large porte de bois et le confort d’un âtre. On y attend l’orage dans une lenteur sereine. Il est loin encore. Oh, la vie y est douce sans doute, un grand arbre et un puits, un peu d’ombre, un bel endroit pour mourir en été. Là-bas le froid, la peur, le silence des cimes échevelées de neige, et le vent en tempête – il n’est que brise ici, il n’est que vaguelettes des remous du grand large.
Devant la maison, une route pavée martèle la terre, tendue vers le nord comme une invitation au voyage ; le porche de la maison, d’ailleurs, ne nous regarde déjà plus. Immobile un instant, sur la voie bien tracée, à son tour, le voyageur regarde. Les châteaux dans le ciel, les montagnes au loin, les forêts enneigées, les grands espaces ouverts et la terre habitable, mouillée d’automne mais brillante, encore, de soleil, et secouée au vent dans sa solitude ; la chaumière reste – il s’en va.





Je rappelle qu'il y a encore jusqu'au 22 mai pour participer à l'édition courante.
À bon entendeur, salut !

Typhon
 
 
 
Typhon Baal Hammon
Le vote pour Tétynons Ogma LXVII s'est achevé hier soir sur la victoire de Yann. Félicitations à lui et merci à tout les participants.
Il m'a communiqué le sujet suivant pour Tétynons Ogma LXVIII :

Thème :Description d'un tableau (réel ou imaginaire, nommé ou non).
Contrainte : le texte ne doit pas comporter le moindre nom de couleur ou de teinte.




Vous avez jusqu'au 22 mai pour participer.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
28 avril 2017 @ 00:12
« Tout ce qui est commencé doit un jour finir » dit le livre de Skelos.

Il en va de même pour la LXVIIe session de Tétynons Ogma qui arrive à son terme.

Nous allons maintenant procéder au vote. Je rappelle que le sujet était ici.




Liste des contributions :






Le vote durera jusqu'à dimanche soir, le gagnant aura ensuite trois jours pour me transmettre le sujet de Tétynons Ogma LXVIII.

Je rappelle que n'importe qui peut voter pour la contribution de son choix, à moins d'en être lui-même l'auteur.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
Yann m'a envoyé cette contribution par email, je la publie ici afin que chacun puisse la lire et voter pour elle le cas échéant.






Nous passons le plus clair de notre temps à roupillonner. Lorsque les herbes s’enflorent dans les pâtureries, lorsque les montines et les collagnes subissent l’arrosade des nuages, nous roupillonnons.

Lorsque le soleil brûlonne de toute son astrure, nous roupillonnons également.

Lorsque les feuilles des arbres sont soufflardées par les vents et que la terre en est toute enrougie d’or, nous roupillonnons, bien évidemment.

Métier facile, dîtes-vous ? Que vous êtes naïfs. Car il y faut, croyez-nous, mille serrures aux paupières et mille déchirures à l’âme. Pas l’inverse, entendez-vous ? Surtout pas l’inverse.

Qui plus est, roupillonnage d’été n’est pas roupillonnage de printemps, et encore moins d’automne. Celui d’été est le plus difficile.

Roupillonnant, nous rêvassons. Et rêvassant, nous larmoyons et ruisselons par chacun de nos yeux, car nos rêvasseries sont bien tristes.

Mais lorsqu’après tant de roupillonnage s’en viennent les frimances et les gelades de l’hiver, nous vous prions de croire que nous ne roupillonnons plus. Il faut dire que nos larmes s’engrêlent en perles de gel qui nous blessent bien amèrement.

Nous ouvrons donc les paupières l’une après l’autre, jusqu’à la mille trente-septième. Et dans l’ordre ! Puis nous essuyons du revers de la main les effiloseries bleuâtres qui profitent de notre somnolure pour venir picorer nos téguments. Malpolies, les effiloseries! Car elles n’ont pas d’autorisation de picorage en bonne et due forme, croyez-nous.

Ainsi réveillé, nous marchons. Trois tours du monde ; quatre si la jambe gauche est d’humeur ; cinq si la droite n’a pas trop mal au ventre. Nous ne vous croisons pas, car l’hiver c’est vous qui roupillonnez.

Puis, les branches s’enbourgeonnent et l’oisellerie s’en revient des ailleurs. Nous retournons alors à notre roupillonage, bercé par les trilles et les gazouillades.

C’est ainsi que les choses vont.

Mais voilà que cette année, nous avons humé l’odeur des fleurissures ; nous avons senti une douce brisaille caresser notre peau ; nous avons prêté l’oreille aux murmurades animales et aux bruisseries végétales.

Alors nous nous sommes pris d’un désir de vous voir et avons attendu que vous interrompiez votre propre roupillonnage.

Perché au sommet d’un grand chêne, nous vous avons regardés vous extirper des gouffrances où vous hibernez, et nous sommes venu à votre rencontre.

Nous-est-il permis de vous dire, au risque d’être désagréable, que nous ne pensions pas notre progéniture si laide ?


 
 
Typhon Baal Hammon
10 avril 2017 @ 08:28
J'ai rêvé que j'allais à un mariage en Louisiane avec mon père et ma sœur. Le rêve ne précisait pas qui se mariait mais la réception avait lieu le soir dans une clairière immense (au milieu de jeunes bouleaux et d'un autre arbre à l'écorce claire) et il y avait visiblement des centaines d'invités.

Ma sœur et quelques autres personnes étaient cachées un peu plus loin dans la forêt et commençaient à faire un feu d'artifice dans une partie du bois, une partie réputée hantée (d'après les dires d'un autre invité).

Le feu d'artifice commençait et les lumières passaient dans le fond du bois. J'ai commencé à filmer depuis une distance relative. Les lumières passaient légèrement à l'horizontale et le feu d'artifice était totalement silencieux, ce qui provoquait un assez logique effet de hantise, je suppose.

Je filmais pendant un petit moment avec mon téléphone portable, avec la même fascination que si c'était bien un phénomène surnaturel et en sachant que je passais pour un courageux auprès des invités. Les lumières du feu d'artifice étaient rouges, vertes et bleues.

En reculant, j'ai fini par me rendre compte que les feux d'artifices (tirés en biais mais ce n'était pas dit explicitement dans le rêve, je le reconstruis) avaient mis le feu à un immeuble (qui ressemblait à une barre d'immeuble résidentiel en pierre rosâtre comme il en existe en banlieue parisienne, avec des stores bleus). De longues flammes en léchaient la façade d'où se dégageait de la fumée noire, bien visible contre le jour (le jour s'était levé).

Ensuite, j'allais un peu plus loin dans la même direction et je me retrouvais dans une arrière-cours de lycée où il y avait comme une espèce de courroie transporteuse au dessus du sol faite de rails et couverte en partie d'une carlingue blanche qui le faisait ressembler à un couloir d'embarquement d'aéroport.

Cette construction servait à acheminer des légumes dans la cantine de l'établissement.

Je grimpais dessus en passant par le côté pour virer une caisse remplie de feuilles qui étaient peut-être du cèleri et que je jugeais en tout cas immangeable.

En redescendant je constatais que plusieurs des élèves dont certains opéraient la machine, m'avaient vues, mais ils étaient plutôt d'une condescendance hilare à mon égard qu'autre chose.

Sur ces entrefaites arrivait Camille (aka @Khamcps sur Twitter, suivez-la si vous y êtes, elle est cool).

Elle était d'une mauvaise humeur visible, due en partie au fait qu'elle s'attelait à travailler à résoudre un problème avec le convoyeur sur lequel j'avais grimpé. (c'était peut-être implicitement moi qui avait causé le problème mais je ne me pressais pas pour me dénoncer).

Mais sa mauvaise humeur était aussi visiblement due à une série de question bébêtes sur curiouscat (dont une que j'avais posée) auxquelles elle faisait des réponses laconiques et sarcastiques que je voyais en temps réel, en même temps qu'elle bossait.

À la fin du rêve j'étais sur un grand carrefour paumé, entouré de petites maisons pourries et de terrains vagues, sous un grand soleil et je faisais du vélo en rond en essayant de respecter le code de la route américain tandis que mon père était attablé à un rade qui aurait aussi bien pu être un garage (je crois qu'il était censé lire le journal mais j'étais concentré sur la route et je ne le voyais pas).

Puis ma sœur est arrivée et on est tous partis (à vélo peut-être) aller acheter des nougats à la fabrique de nougats, mon père et ma sœur étant d'assez mauvaise humeur. (Ce qui est assez conforme à la réalité de leurs interactions récentes)




Voilà, donc juste après avoir dit sur Curiouscat que je ne rêvais quasiment jamais de gens que je connais et/ou de ma famille, je fais mon rêve le plus élaboré depuis un moment et il y a des gens que je connais dedans, c'est à vous dégoûter de généraliser.

J'en profite donc pour compléter un peu plus ma réponse de l'autre fois en précisant que je ne fais quasiment jamais de rêve érotique.

Typhon
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Typhon Baal Hammon
08 avril 2017 @ 02:00
Rêvé que je faisais des cocktails au sucre, en vacance dans un endroit indéterminé. Il y avait plusieurs bars et plusieurs rues.
Pour finir un barman faisait cristalliser vite du sucre dans une espèce de plat carré et métallique devant moi, ça faisait des cristaux comme de la neige mais à température ambiante.

Les cristaux avaient un goût très sucré et chimique, le goût de bonbons que j'ai mangés enfant.




On m'a demandé récemment ce que je faisais comme rêves, alors j'ai été voir si j'en avais écrit un sans le poster.

Typhon
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