Bien, bien, voici ma contribution à Ogma XVIII, il reste encore jusqu'à Vendredi. Je n'ai pas inventé le terme "Ornithanthrope", c'est une invention de Feu Jean-Claude Forest, le créateur de Barbarella.
Ah et une devinette stupide : Que dit le message d'alerte qui prévient que des habitants de Meaux se trouvent dans une petite ville du Quercy ?
Extraits d'un document joint au testament du défunt Philippe-Édouard de Cantarville :
Je me promenais tranquillement sur le chemin longeant la falaise. Dominant la plaine, j'inspirais à plein poumons l'air pur et frais de la campagne ormandoise, duquel, malheureux citadin, je ne pouvais guère profiter d'ordinaire.
Je descendais, car le rendez-vous de chasse auquel mon hôte m'avait convié devait avoir lieu à l'orée d'un petit bois que je voyais s'étendre sur la verte plaine, dans le soleil couchant.
Soudain, au nord, j'aperçus sous un nuage une silhouette étrange. Pensant avoir affaire à une buse ou un faucon, je pris mes jumelles, et je contemplais alors une créature à nulle autre pareille :
Un ange volait vers la lumière du soleil. Ses ailes puissantes battaient l'air, et il avançait lentement dans son élément, un air de félicité et de liberté posé sur son visage lumineux. On eut dit que des ailes avaient poussées sur le dos du David de Michel-Ange. Toute la grâce admirable de cette apparition m'emplit le coeur d'une grande joie, comme si j'allais moi-même quitter les liens qui m'attachaient à ce monde terrestre pour m'élever dans les hautes sphères éthérées.
Soudain, alors que j'étais tout à mon admiration, un coup de feu transperça la paix de la fin de l'après-midi.
Il atteignit l'ange au flanc gauche, sous le coeur. Le sang commença à s'épancher par cette blessure tandis que tombait le malheureux vers ceux qui venaient de perpétrer sous mes yeux ce drame abominable.
Je reconnut mes hôtes et leurs amis, qui m'avaient bien spécifié qu'ils me conviaient à chasser un gibier inhabituel, selon leurs propres termes.
Je descendis jusqu'à eux pour leur dire ma façon de penser, qu'ils accueillirent avec la bonhomie typique de l'Ormandois. Quand j'argüai qu'il ne devrait pas être permis de tuer si belle créature, celà leur sembla d'un humour exquis. Quand je fus à bout de force de trop disputer avec eux, comme il se faisait tard, nous rentrâmes, rapportant avec nous cette monstrueuse venaison. Une fois à la maison, ils la confièrent aux bons soins des femmes, qui se chargèrent selon l'ancestrale coutume de la préparation, du plumage, de la cuisson. Tout est bon dans l'ange, d'après eux.
Pendant le diner, le patriarche dénonça avec force les « eunuques du gouvernement » et leurs mesures « de tapettes » prises pour la protection de l'environnement, tandis que je défendais nos dirigeants.
Le débat fut interrompu par l'arrivée du plat de résistance, qui attira un cri d'enthousiasme quasi-général.
On me servit la viande, et il aurait profondément discourtois que je ne fasse pas honneur à la cuisine de mes hôtes. De toute manière, peu importait, puisqu'il était déjà mort. Cette idée me parut raisonnable et je me mis donc à manger.
Le lendemain, alors que m'apprêtant à partir, je contemplais le soleil levant sur le seuil de la fermette, je repensais à l'ange. Devais-je dénoncer mes hôtes au gouvernement central pour chasse d'espèce protégée et sans permis ?
C'était ce que ma conscience me dictait, mais le repas fut si délectable, la viande si fine, si délicate, si appétissante, que je me demandais s'il était juste que je les prive, et que je me prive d'une telle douceur.
Aujourd'hui, je sais que je ne le pourrais jamais. Je laisse à mon héritier ce choix délicat de dénoncer les habitants de ******* ***** à la justice, ou bien d'aller chez eux partager leurs recettes d'ornithanthropophages dans cette lettre scellée.
Typhon
Ah et une devinette stupide : Que dit le message d'alerte qui prévient que des habitants de Meaux se trouvent dans une petite ville du Quercy ?
La Chasse à L'Ornithanthrope
Extraits d'un document joint au testament du défunt Philippe-Édouard de Cantarville :
Je me promenais tranquillement sur le chemin longeant la falaise. Dominant la plaine, j'inspirais à plein poumons l'air pur et frais de la campagne ormandoise, duquel, malheureux citadin, je ne pouvais guère profiter d'ordinaire.
Je descendais, car le rendez-vous de chasse auquel mon hôte m'avait convié devait avoir lieu à l'orée d'un petit bois que je voyais s'étendre sur la verte plaine, dans le soleil couchant.
Soudain, au nord, j'aperçus sous un nuage une silhouette étrange. Pensant avoir affaire à une buse ou un faucon, je pris mes jumelles, et je contemplais alors une créature à nulle autre pareille :
Un ange volait vers la lumière du soleil. Ses ailes puissantes battaient l'air, et il avançait lentement dans son élément, un air de félicité et de liberté posé sur son visage lumineux. On eut dit que des ailes avaient poussées sur le dos du David de Michel-Ange. Toute la grâce admirable de cette apparition m'emplit le coeur d'une grande joie, comme si j'allais moi-même quitter les liens qui m'attachaient à ce monde terrestre pour m'élever dans les hautes sphères éthérées.
Soudain, alors que j'étais tout à mon admiration, un coup de feu transperça la paix de la fin de l'après-midi.
Il atteignit l'ange au flanc gauche, sous le coeur. Le sang commença à s'épancher par cette blessure tandis que tombait le malheureux vers ceux qui venaient de perpétrer sous mes yeux ce drame abominable.
Je reconnut mes hôtes et leurs amis, qui m'avaient bien spécifié qu'ils me conviaient à chasser un gibier inhabituel, selon leurs propres termes.
Je descendis jusqu'à eux pour leur dire ma façon de penser, qu'ils accueillirent avec la bonhomie typique de l'Ormandois. Quand j'argüai qu'il ne devrait pas être permis de tuer si belle créature, celà leur sembla d'un humour exquis. Quand je fus à bout de force de trop disputer avec eux, comme il se faisait tard, nous rentrâmes, rapportant avec nous cette monstrueuse venaison. Une fois à la maison, ils la confièrent aux bons soins des femmes, qui se chargèrent selon l'ancestrale coutume de la préparation, du plumage, de la cuisson. Tout est bon dans l'ange, d'après eux.
Pendant le diner, le patriarche dénonça avec force les « eunuques du gouvernement » et leurs mesures « de tapettes » prises pour la protection de l'environnement, tandis que je défendais nos dirigeants.
Le débat fut interrompu par l'arrivée du plat de résistance, qui attira un cri d'enthousiasme quasi-général.
On me servit la viande, et il aurait profondément discourtois que je ne fasse pas honneur à la cuisine de mes hôtes. De toute manière, peu importait, puisqu'il était déjà mort. Cette idée me parut raisonnable et je me mis donc à manger.
Le lendemain, alors que m'apprêtant à partir, je contemplais le soleil levant sur le seuil de la fermette, je repensais à l'ange. Devais-je dénoncer mes hôtes au gouvernement central pour chasse d'espèce protégée et sans permis ?
C'était ce que ma conscience me dictait, mais le repas fut si délectable, la viande si fine, si délicate, si appétissante, que je me demandais s'il était juste que je les prive, et que je me prive d'une telle douceur.
Aujourd'hui, je sais que je ne le pourrais jamais. Je laisse à mon héritier ce choix délicat de dénoncer les habitants de ******* ***** à la justice, ou bien d'aller chez eux partager leurs recettes d'ornithanthropophages dans cette lettre scellée.
Typhon
7 milliards d'euros volés par l'État aux épargnants | Commenter
