Herman Webster Gacy était un homme comme vous et moi. Il travaillait dans une banque de la City londonienne (bien qu'il fût natif du Wisconsin), à un poste de secrétaire. Ses supérieurs appréciaient sa diligence, son efficacité, son sérieux, et il n'attendaient rien d'autre d'un secrétaire. Herman n'était pas marié, et ne semblait guère avoir de loisir, mais à vrai dire, peu importait. Du moment qu'il faisait bien son boulot, il eut pu être doté de huit bras et boire le sang de nourrissons, ses supérieurs ne s'en seraient pas aperçus.
À vrai dire, Herman était probablement le plus ancien employé de la banque. Que ce soient ses collègues, ses chefs, ou jusqu'au concierge, tous avaient changés, subissants les aléas de leurs diverses fortunes, et démissionnant tôt ou tard, pour des motifs divers. Herman, lui, avait fini progressivement par faire partie du décor.
On aura pu déduire facilement de cette description qu'il n'avait pas d'amis proches. Il était généralement d'un abord amical, même si certains de ses collègues semblaient être les sujets d'une certaine détestation de sa part, mais peu liant. Il semblait plus préoccupé par le sort des choses que par celui des gens. Le seul sujet de conversation qui éveillait son intérêt était le vieux bâtiment dans lequel la banque avait ses locaux, et qui était quelque chose comme bicentenaire. Il en connaissait l'histoire par coeur, et ne se faisait pas prier pour la livrer à quiconque lui demandait. Il racontait la moindre anecdote concernant l'immeuble, aussi insignifiante et inintéressante qu'elle fût, avec une énergie et une chaleur communicative, comme s'il parlait de vieux amis, comme s'il se fût trouvé sur les lieux.
Cependant, rare étaient ceux qui avaient la patience de l'écouter. L'immeuble leur paraissait un peu sinistre, avec ses colonnes massives, ses pierres d'un blanc impeccable, presque phosphorescent, le soir, ou les jours de brouillard, dans lesquels sa silhouette fantomatique se découpait de plus loin que les autres immeubles, tel un iceberg.
Herman rentrait chez lui, un de ces soirs précis ou le brouillard donnait à l'immeuble ce halo bizarre qui le nimbait. Il se retourna pour le regarder, sous la neige.
Le vent s'engouffra dans la rue, sifflant un moment, avant de se taire. Il n'y eut plus de bruit. Soudain, Herman s'aperçut qu'il y avait de la lumière dans son bureau. C'était étrange, il était certain d'avoir éteint. Il décida qu'il avait oublié cette fois ci, tout en sachant pertinemment qu'une telle chose était impossible, et d'y retourner, pour éteindre.
Il traversa la rue, et ouvrit la porte. Il referma derrière lui, et se retrouva dans le noir. Il fit quelques pas vers l'interrupteur, mais s'interrompit : il y avait quelqu'un d'autre que lui. Il entendait distinctement une respiration. « Qui est là ? C'est toi, Edward ? »
Le dit Edward était le concierge de l'immeuble et habitait des appartements dans l'arrière-court. Quand Herman était parti, Edward avait déjà quitté sa loge, mais il pouvait très bien être revenu, probablement pour la même raison qu'Herman.
Ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité, et il discernait vaguement les escaliers, les murs, et les interrupteurs... Il scrutait autour de lui, mais son regard ne trouva personne. Cependant, la respiration qu'il avait entendu s'était complètement tue. Il fit un pas, et alluma la lumière du hall.
Il regarda encore autour de lui : personne.
Il gravit péniblement les marches. Il arriva au troisième étage, alluma la lumière. Il marcha jusqu'a son bureau, et ouvrit la porte.
Le lendemain, on retrouva son cadavre étendu de tout son long à l'entrée du bureau.
À vrai dire, Herman était probablement le plus ancien employé de la banque. Que ce soient ses collègues, ses chefs, ou jusqu'au concierge, tous avaient changés, subissants les aléas de leurs diverses fortunes, et démissionnant tôt ou tard, pour des motifs divers. Herman, lui, avait fini progressivement par faire partie du décor.
On aura pu déduire facilement de cette description qu'il n'avait pas d'amis proches. Il était généralement d'un abord amical, même si certains de ses collègues semblaient être les sujets d'une certaine détestation de sa part, mais peu liant. Il semblait plus préoccupé par le sort des choses que par celui des gens. Le seul sujet de conversation qui éveillait son intérêt était le vieux bâtiment dans lequel la banque avait ses locaux, et qui était quelque chose comme bicentenaire. Il en connaissait l'histoire par coeur, et ne se faisait pas prier pour la livrer à quiconque lui demandait. Il racontait la moindre anecdote concernant l'immeuble, aussi insignifiante et inintéressante qu'elle fût, avec une énergie et une chaleur communicative, comme s'il parlait de vieux amis, comme s'il se fût trouvé sur les lieux.
Cependant, rare étaient ceux qui avaient la patience de l'écouter. L'immeuble leur paraissait un peu sinistre, avec ses colonnes massives, ses pierres d'un blanc impeccable, presque phosphorescent, le soir, ou les jours de brouillard, dans lesquels sa silhouette fantomatique se découpait de plus loin que les autres immeubles, tel un iceberg.
Herman rentrait chez lui, un de ces soirs précis ou le brouillard donnait à l'immeuble ce halo bizarre qui le nimbait. Il se retourna pour le regarder, sous la neige.
Le vent s'engouffra dans la rue, sifflant un moment, avant de se taire. Il n'y eut plus de bruit. Soudain, Herman s'aperçut qu'il y avait de la lumière dans son bureau. C'était étrange, il était certain d'avoir éteint. Il décida qu'il avait oublié cette fois ci, tout en sachant pertinemment qu'une telle chose était impossible, et d'y retourner, pour éteindre.
Il traversa la rue, et ouvrit la porte. Il referma derrière lui, et se retrouva dans le noir. Il fit quelques pas vers l'interrupteur, mais s'interrompit : il y avait quelqu'un d'autre que lui. Il entendait distinctement une respiration. « Qui est là ? C'est toi, Edward ? »
Le dit Edward était le concierge de l'immeuble et habitait des appartements dans l'arrière-court. Quand Herman était parti, Edward avait déjà quitté sa loge, mais il pouvait très bien être revenu, probablement pour la même raison qu'Herman.
Ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité, et il discernait vaguement les escaliers, les murs, et les interrupteurs... Il scrutait autour de lui, mais son regard ne trouva personne. Cependant, la respiration qu'il avait entendu s'était complètement tue. Il fit un pas, et alluma la lumière du hall.
Il regarda encore autour de lui : personne.
Il gravit péniblement les marches. Il arriva au troisième étage, alluma la lumière. Il marcha jusqu'a son bureau, et ouvrit la porte.
Le lendemain, on retrouva son cadavre étendu de tout son long à l'entrée du bureau.
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