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18 août 2016 @ 18:42
Er ist Wieder Da  
Il est de Retour, en allemand Er ist Wieder Da est un roman de Timur Vermes paru en 2012 et qui relate les aventures de Hitler, qui se réveille un matin sur un terrain vague de Berlin sans trop savoir lui-même ce qu'il était devenu depuis avril 1945.

Le narrateur du roman est Hitler lui-même. Au départ il est perdu dans l'Allemagne de 2010, où personne ne le reconnait de prime abord et où ceux qui le reconnaissent sont persuadés d'avoir affaire à un humoriste utilisant le method acting (Même les membres du parti d'extrême-droite ne réalisent pas que c'est le vrai).
Par ce biais, Hitler réussi rapidement à trouver des gens qui veulent le faire passer à la télé et il ne tarde pas à y faire un carton.

Bien plus que le très peu inspiré Le Retour du Général de Duteurtre, ou encore le ridicule La Part de l'Autre du gluant EE Schmitt (résumé du roman : "Ah la la, si Hitler avait fait une psychanalyse et un peu plus tiré son coup, il n'aurait pas été Hitler" ), Il est de Retour est un livre qui mérite à mon avis d'être lu, au moins une fois.

Sans être de grande littérature, le quiproquo permanent entre Hitler et les gens autour de lui est très amusant et les situations sont plutôt bien menées. L'idée centrale de la satire, que personne ne reconnaîtrait Hitler pour ce qu'il est, même s'il se ressemblait comme deux goutte d'eau, est assez mordante et plutôt bien pensée à mon avis.

Néanmoins, y a quand même deux reproches à adresser à ce livre. À mon avis le premier est qu'il se finit trop tôt. Je ne veux pas simplement dire que je l'ai apprécié suffisamment pour l'avoir souhaité plus long, mais surtout que la logique interne du livre, à mon avis, où Hitler se réveille soudain dans Berlin, clochard, et où petit à petit il se fait remarquer pour finalement se lancer en politique, exige que le livre se finisse sur sa reprise du pouvoir.

Le deuxième reproche, c'est que, pour un livre sur Hitler, il évoque finalement très peu son antisémitisme. Quand le sujet est abordé Hitler s'en tire par une pirouette, et je pense qu'on peut dire que c'est un grave défaut.
Peut-être que l'auteur a estimé que ça aurait été aller trop loin dans l'humour noir, mais ça me paraît assez déplacé dans ce cas de faire un livre humoristique sur Hitler. À ce niveau là aussi, il faut aller au bout de sa logique.

Si ça l'embêtait d'aller sur ce terrain il avait qu'à faire un livre sur Napoléon à la place.

Néanmoins, je le répète, c'est assez drôle et plutôt bien vu.




Ce roman contredit, ou, plus exactement, nuance une idée décrite dans The influenza of Evil par Scott Alexander :

«Neo-Nazis cannot be called “successful” in any sense of the word. Their PR problem isn’t just that they’re horrible – a lot of groups are horrible and do much better than neo-Nazis. Their PR problem is that they’re horrible in exactly the way that our culture formed memetic antibodies against. »

Le truc c'est que quand on crée un tabou, on lui donne de la force symbolique. Les "anticorps mimétiques hyperactifs" dont parle Scott Alexander constituent un puissant levier à la disposition de gens qui souhaitent choquer au maximum.

Et plus vous allez mettre en avant cette réaction, plus les gens qui vous haïssent vous provoqueront pour vous énerver.



 
 
 
(anonyme) on le 19 août 2016 12:41 (UTC)
Il faudra effectivement que Je le lise, ou, à défaut, que Je vois le film qui en fut tiré.

Le Créateur Fou, ain't afraid of no ghost.