Vous lisez baal_ammon

 
 
10 juillet 2011 @ 21:47
Dans le labyrinthe.  

Le visage diaphane de la jeune femme était contracté par l'incompréhension et la perplexité.
Elle contemplait un mur blanc face à elle, semblable en tous points aux murs qu'elle avait à sa gauche et sa droite, là où elle aurait cru retrouver l'entrée.
Au plafond, blanc également et tout aussi dénué de relief que les murs et le sol, des dalles fluorescentes éclairaient d'une lumière crue, très vive, malsaine.
Ne reste pas immobile dans un cul-de-sac, se dit-elle. Derrière elle, trois options : revenir sur ses pas en partant vers la droite, continuer tout droit, ou aller vers la gauche. Peu désireuse de revenir d'où elle venait, elle choisit de tourner.
Il faut toujours tourner dans les labyrinthe, on n'en sort jamais en allant tout droit. En tournant toujours dans la même direction tant qu'on ne tombe pas sur un cul-de-sac, on peut finir par retrouver son chemin. D'un pas décidé, elle ressortit de son cul-de-sac et s'apprêta à prendre la direction qu'elle avait choisie, quand il lui vint à l'esprit qu'elle devrait peut-être laisser une marque derrière elle. Cependant, elle n'était vêtue que d'un t-shirt blanc légèrement trop grand, un pantalon écru, et des chaussons de la même couleur. Elle n'avait pas sur elle de sac, de crayons, ou un quelconque outil, absolument rien d'autre, aussi renonça-t-elle à l'idée.
Elle s'engagea dans le couloir en constatant que les dalles fluorescentes étaient désormais sur le mur de droite. Longeant le couloir, elle se demanda la raison de cet arrangement. Arrivée au bout, cependant, elle constata qu'ils étaient cette fois disposés sur le sol, à égale distance entre les deux murs, disposées de la même façon que celles qui étaient au plafond le couloir précédent.
Elle avança le long du couloir, en faisant attention de ne pas marcher sur les dalles luminescentes.
Une fois seulement son pied se trouva en contact avec l'une d'entre elle, lorsqu'elle arriva au bout du couloir, mais elle n'y prêta pas attention, car il n'y avait pas de différence au toucher entre les dalles et le sol, les murs ou le plafond.
Tout ceci n'était qu'une surface extrêmement lisse, ni chaude ni froide, qui sonnait plein quand on tapait dessus. La délimitation entre les deux n'était même pas claire visuellement.
Il n'y avait pas de limites bien dessinées à ces dalles entre elles ou avec le reste de l'architecture. La lumière semblait émaner d'une zone du sol formant une bande à priori nette, mais en y regardant de plus près, on ne trouvait pas exactement quelle était la ligne de démarcation, comme si les surfaces n'étaient que du papier dissimulant la vraie source de lumière.
Cependant, elle n'avait pas encore porté attention à ces détails car la lumière était trop forte et on ne pouvait pas la regarder directement longtemps sans être ébloui.
Si, malgré les précautions qu'elle avait eu de ne pas les toucher jusqu'alors, son pied avait sans qu'elle s'en aperçût touché dans la zone lumineuse, c'était qu'elle avait manqué de tomber dans une ouverture pratiquée dans le sol devant elle.
Nulle trace de rupture : il s'agissait apparemment d'une bifurcation ordinaire, formant des angles tout aussi droits et donnant sur le même type de couloir, semblable en tout point à celles qu'elle avait empruntée quelques minutes plutôt, avec cette différence que le couloir partait à la verticale. Elle constata qu'il n'y avait pas de chemins sur les cotés, leva les yeux sans en trouver non plus au plafond. Cependant, en se retournant, elle aperçut une ouverture dans le plafond, que, toute à sa précaution de ne pas marcher dans les lumières, elle n'avait pas remarquée.
Elle rebroussa chemin, pour continuer dans le couloir où elle s'était engagée, et reprendre la direction qui partait tout droit en sortant du cul-de-sac. Cependant, revenant sur ses pas, elle ne parvint pas à retrouver l'endroit d'où elle était partie. Peut-être avait-elle pris la mauvaise direction ?
La lumière lui faisait mal aux yeux, tandis qu'elle cherchait l'endroit d'où elle venait.
Cependant, elle s'interrompit, se sentant stupide : Sans aucun point de repère dans tous ces couloirs strictement identiques à l'exception de la disposition de la lumière, elle ne pourrait jamais progresser. Aussi, il lui fallait absolument créer un moyen de se repérer. Mais comment ?
Tout en réfléchissant, elle continuait d'avancer d'un pas rapide. Elle décida de compter ses pas. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze, quinze, seize... Mais à quoi cela servait-il si elle ne pouvait pas définir son point de départ ? Elle s'arrêta. Il allait falloir tout reprendre.
Depuis combien de temps marchait-elle, au juste ? Elle ne se sentait pas très fatiguée, mais vu la quantité de chemin qu'elle croyait avoir parcourue, elle devait marcher depuis des heures, peut-être même une journée. Soudain, elle eut une idée.

Saisissant l'étoffe de son T-shirt à deux mains, elle en déchira un petit morceau. Elle recommença de marcher, et trouva à sa droite un couloir avec des dalles sur le sol. Elle le suivit jusqu'au bout d'un pas confiant, sans plus prêter attention à l'endroit où elle mettait les pieds. Au bout du couloir, deux autres couloirs s'ouvraient à gauche et au plafond.
Arrivée, elle s'arrêta et considéra les murs qu'elle voyait autour d'elle, puis lâcha le morceau de tissu, et le regarda tomber lentement vers les dalles lumineuses. Elle escomptait que la différence de luminosité rendrait le tissu blanc plus remarquable, vu de loin.
Cependant, le morceau de tissu ne tomba pas. Il resta suspendu en l'air là où elle l'avait laissé, complètement immobile.
Incrédule, elle resta hébétée à le contempler, attendant vainement qu'il obéisse finalement à la pesanteur, mais comme il n'était de toute évidence pas disposé à s'y plier, elle chercha une explication. Tout d'abord, elle passa les mains autour du morceau de tissu, afin de bien vérifier que rien de matériel n'en entravait la chute. Constatant que c'était le cas, elle dut se résoudre à admettre que le morceau de tissu flottait bel et bien en l'air. Plus exactement, se dit-elle, il ne flottait pas, il restait là où il était. Il semblait plus posé sur une table, inerte et immobile, que flottant. Elle souffla dessus et constata avec plaisir que malgré tout, le morceau de tissu était bien repoussé par son souffle, car il alla se coller au mur en face d'elle. Elle n'avait rien d'autre à jeter, et ne voulait pas déchirer son maillot à nouveau, pour le moment, mais elle trouva une nouvelle expérience : Elle sauta sur place et ne retomba pas.
Suspendue en l'air, elle agita vainement les pieds, et le déplacement d'air la porta lentement jusqu'au plafond, qu'elle repoussa légèrement de la main. Elle changea de position, passant de debout à allongée en l'air, et flotta un moment dans le couloir en tournant et en gigotant, mais, fatiguée de ce mode de déplacement qui ne lui était pas naturel, elle reposa les pieds sur le sol. Elle marcha vers le morceau de tissu, qui n'avait pas bougé, et constata avec stupeur qu'il n'y avait plus d'ouverture au plafond désormais, mais à sa droite et sur le sol.
Elle repartit en courant vers l'autre bout du couloir, où une autre surprise de taille l'attendait : le couloir par lequel elle croyait être entrée n'était plus là. À la place, il y avait un couloir vertical. Cependant, réfléchissant à ce qu'elle venait de faire, elle comprit : la configuration des lieux n'avait pas changée, c'était elle qui, quand elle avait arrêté de flotter, n'avait pas remis les pieds sur le même sol qu'avant, mais plutôt sur un des murs du côté. Ou était-ce le plafond ?
Elle se dit ensuite qu'elle aurait pu le comprendre plus rapidement en prêtant attention à la disposition de la lumière. Cependant, maintenant qu'elle avait un moyen de repérer les endroits par lesquels elle était déjà passée, et que la menace de tomber dans une ouverture pratiquée dans le sol semblait écartée, elle était rassérénée. Elle déchira un autre morceau de tissu, encore plus petit que le premier, et le posa dans la lumière, afin de marquer les deux extrémités de ce couloir, désormais distinct de tout les autres couloirs du labyrinthe.
Elle revint alors à l'autre extrémité, sachant désormais d'où elle venait, mit l'autre morceau de tissu sur les dalles lumineuses puis recommença de compter ses pas en s'engageant dans un nouveau couloir. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept... Soudain, elle aperçut une autre ouverture. Il lui paraissait plus intelligent de poser des repères aux intersections.
Elle déchira tout le bas de son T-shirt en une bande longue et mince, y déchira un petit morceau en forme de triangle, et le posa de telle façon qu'il pointe dans la direction d'où elle venait, afin de ne pas revenir dans la direction d'où elle était partie si jamais elle repassait par cette intersection. Elle s'enroula la bande de tissu autour du bras, et réfléchit un instant, se demandant si elle devait continuer tout droit ou prendre l'ouverture au dessus de sa tête.
Finalement, peu désireuse de recommencer immédiatement les galipettes, elle décida qu'elle aurait bien le temps de revenir, si jamais continuer tout droit ne la menait à rien. Elle continua de marcher sans ressentir véritablement de fatigue, sans jamais avoir faim, sans ressentir un quelconque besoin physiologique. Elle finit, tandis qu'elle arrivait au bout de sa bande de tissu, après avoir marqué une quinzaine d'intersections, par se dire que tout lui semblait prendre bien plus de temps que ce qu'elle croyait, en raison de la monotonie totale du décors complètement inchangeant, en dehors des marques qu'elle laissait. Elle décida, tout en déchirant en deux triangles ce qui restait de sa bande de tissu, qu'elle ne devait pas avoir marché plus de quelques heures. Cependant, elle semblait loin de trouver la sortie. Retirant son T-shirt, elle le déchira proprement de façon à lui permettre de transporter facilement ce tissu et d'y tailler des petits morceaux triangulaires réguliers.
Elle continua ainsi, devenue plus avare de tissu, exposant sa chair très blanche à un monde plus blanc encore. Cependant, toutes ses précautions et sa méticulosité, toute sa parcimonie et son économie ne purent l'empêcher de se trouver à nouveau à court de tissu, après avoir encore marqué nombre d'intersections. Énervée, elle dut se résoudre à entamer son pantalon, tandis qu'elle laissait derrière elle le dernier morceau de son T-shirt.
Il lui était plus difficile de tailler régulièrement dans son pantalon, car celui ci était d'un matériau plus grossier et plus résistant, de sorte que les morceaux n'étaient plus aussi réguliers. Cependant, elle ne regrettait pas d'avoir marqué une bonne part du labyrinthe. Elle commençait à avoir une petite idée de la forme globale du labyrinthe, ou du moins de sa taille.
Déterminée à continuer de progresser elle usa, lentement mais sûrement tout le tissu de son pantalon. Tandis qu'elle laissait le dernier morceau écru et effiloché dans la lumière, d'un geste devenu stupide et automatique parce que continuellement répété, elle réfléchit un instant. Il restait le tissu de ses chaussons.
Avançant dans un couloir toujours aussi immaculé et inerte que les précédents, elle arriva à une intersection. Après avoir constaté méticuleusement que l'intersection n'était pas déjà marquée de quelque façon que ce soit, elle déchira un petit morceau de ses chaussures, le déposa comme elle l'avait fait pour tous les autres morceaux, et ainsi continua-t-elle encore jusqu'à ce que cette ultime source de tissu fût tarie.

Alors, contemplant le dernier morceau de tissu, elle réfléchit longuement, tout en avançant. Elle avait réfléchi à ce moment depuis qu'elle avait entamé le tissu de son pantalon, aussi, lorsqu'une nouvelle intersection se présenta à elle, son attitude ne changea pas. Elle inspecta les bandes lumineuses pour vérifier l'absence de marques, puis constatant avec soulagement qu'elle n'était pas revenue sur ses pas, elle s'arrêta un moment. Elle se demanda un instant à quoi elle ressemblait.
Puis, elle se saisit d'un de ses cheveux, et l'arracha. Elle avait constaté, quand par mégarde elle retombait sur ses marques, que rien ne venait jamais les perturber. Aussi, elle raisonnait que les cheveux ne bougeraient pas plus. Elle disposa le cheveux de telle sorte qu'il soit bien visible, et poursuivit sa route. Depuis combien de temps était-elle partie ?
Cela commençait à faire longtemps, se dit-elle, mais pas moyen de le savoir plus précisément. Elle se dit que cela faisait bien quelques heures qu'elle marchait. Et elle continua, toujours aussi soigneuse, mécanique et imperturbable. La peur, l'excitation des débuts avaient cédé place à une discipline routinière. Il lui arrivait encore parfois de faire des pauses, pour réfléchir à sa condition, mais l'inaction l'énervait rapidement, car son objectif était toujours de sortir.
Chaque minute, chaque seconde passée à se détourner de cet objectif était une minute de plus perdue contre le labyrinthe. Il lui semblait désormais que cette grande masse qu'elle avait cru totalement indifférente au début l'observait, la scrutait sous tous ses angles, et cela ne faisait que redoubler sa détermination. Elle se jurait qu'elle sortirait.
Avançant toujours avec rapidité et disposant avec soin ses cheveux sur les parties lumineuses des murs. Son crâne se dégarnit progressivement, et lorsqu'elle fut enfin entièrement glabre des pieds à la tête, elle se trouva confrontée à un problème qu'elle avait vu arriver depuis longtemps. Vérifiant bien qu'il ne restait plus rien à arracher, elle contempla son bras nu.
Elle se dit que le temps passait et qu'elle n'avançait pas.

Elle se résolut, leva l'autre bras au dessus de sa tête, et griffa plusieurs fois son bras. Le sang perla, et elle traça sur la bande lumineuse une marque en utilisant ces gouttes, et le morceau de tissu qu'elle avait conservé. Il lui fallait aller de l'avant. Meurtrissant désormais son corps à chaque intersection, elle continuerait son chemin, et elle sortirait. Malgré la douleur maintenant permanente, elle était contente du rythme de sa progression. Elle allait plutôt vite, et se réjouissait. Elle calculait qu'elle n'aurait pas passé plus de quelques heures dans le labyrinthe. Ensanglantée, elle continuait de tracer des marques avec des blessures qu'elle rouvrait régulièrement.
Plus elle souffrait, plus sa détermination était renforcée. Alors qu'elle versait son sang à une nouvelle intersection, elle vit, juste devant elle, au milieu de toutes ces surfaces blanches identiques, une porte noire dans un des murs.

Elle avança prudemment jusqu'à la porte, complètement distincte du reste, comme une faille d'un noir absolu dans la réalité elle-même.
Réjouie, elle poussa la porte, s'enfonça dans l'obscurité, et sombra dans le néant.




Typhon Baal Hammon
 
 
( 19 milliards d'euros volés par l'État aux épargnants — Commenter )
(anonyme) on le 10 juillet 2011 22:17 (UTC)
J'ai vu plus dystopique et plus absurde, mais rarement.

Le Créateur Fou, stressé.
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 10 juillet 2011 22:21 (UTC)
Je suis flatté.

Étant un petit être impressionnable, je sens qu'avoir écrit cette histoire va m'empêcher de dormir.

Typhon
(anonyme) on le 11 juillet 2011 19:59 (UTC)
Pas mal mais très facile. Peu de travail sur l'ambiance et la focalisation sur le personnage est sympathique quoique peu prenante.
Pas mal.
Celim.
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 11 juillet 2011 20:07 (UTC)
C'est un peu le but, en fait. Critiquer le manque d'ambiance à propos de cette histoire, c'est un peu comme critiquer le manque de robots géants dans Citizen Kane. C'est hors de propos.
Après, on peut considérer ça comme un défaut.

Typhon
(anonyme) on le 11 juillet 2011 21:00 (UTC)
Hum. Je développe puisque je ne suis pas clair.

Le manque d'ambiance se fait sentir parce que précisément, dans ton texte, il y a la volonté d'en créer une, par plusieurs moyens :
1) La lente plongée dans la folie du personnage et son dénuement croissant.
2) Le thème du labyrinthe, très utile (d'ailleurs, ça m'a rappelé House of Leaves)
3) Le travail sur les lumières et les textures.

Le problème n'est pas de faire sentir une ambiance au personnage, mais au lecteur. Là, clairement, j'ai eu l'impression que tu voulais en faire passer une, à travers les procédés dits ci-dessus. Le problème est que cela ne passe pas. Du moins, pas chez moi.
Ensuite, tout connement, cela m'a rappelé quelques chapitres du chemin, ce qui laisse une impression étrange, mais c'est ma paranoïa qui s'exprime.

Celim.
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 11 juillet 2011 21:25 (UTC)
« La lente plongée dans la folie du personnage et son dénuement croissant. »

Le dénuement croissant est un processus qui me semble décrit explicitement et précisément par le texte. Pour ce qui est de folie, c'est toi qui l'interprète comme ça. Ça ressort peut-être du texte, mais pour ma part, je ne sais pas trop si c'est en ces termes là que ça se pose.

« Le thème du labyrinthe, très utile, Le travail sur les lumières et les textures. »

Justement, c'est un labyrinthe dont la caractéristique est d'être totalement monotone et invariant. J'aurais peut-être pu insister plus sur ce point, mais ça me paraissait répétitif. Il y a une lumière, et une texture pour le labyrinthe, c'est tout.

« cela m'a rappelé quelques chapitres du chemin »

Le seul point commun que je trouve, c'est l'aspect claustrophobe. Tu vois que tu ressens quand même une ambiance qui se dégage du texte, parce que vraiment, c'est le seul point commun.

« Le problème n'est pas de faire sentir une ambiance au personnage, mais au lecteur. Là, clairement, j'ai eu l'impression que tu voulais en faire passer une »

Je ne cherche pas spécialement à produire un effet sur le lecteur. En l'occurrence, ce que j'ai fait, c'est retranscrire l'histoire telle que je la visualisais, et il m'a paru naturel (je ne me suis pas posé la question) d'adopter un style prosaïque.

Si tu veux tout savoir (genre je te fais le making of, mec, t'as vu), j'étais parti pour écrire un texte d'heroïc fantasy dans la même veine que celui que j'avais publié en ces lieux il y a un mois, mais ça m'a gonflé au bout de deux ligne, alors je suis reparti de zéro, et l'idée de cette histoire est arrivée dans mon esprit telle quelle.
Je blâme cette chanson, même si elle n'a apparemment rien à voir, pour me l'avoir inspirée.

Typhon
(anonyme) on le 11 juillet 2011 22:00 (UTC)
Quoi qu'est-ce que J'y ai vu?
Un but. Un but auquel pour lequel tous les moyens sont mis en oeuvre, même si cela signifie de grands et douloureux sacrifices.
L'absurde. L'univers, assavoir le labyrinthe, n'a aucune signification discernable, aucun sens, et, au début du texte, aucune règle discernable.
La fin? A la fin, plus rien n'importe, et tous les efforts sont en pure perte. Réussir, c'est, au mieux, disparaître sans laisser de trace.
On pourrait s'attendre à une sorte de récompense, ou à une conclusion positive. Même pas.
Et autant Je suis complètement d'accord avec l'idée que la vie est absurde, et n'est que ce que l'on en fait, avec rien au bout, autant le lire de cette façon, Je trouve ça profondément dérangeant.

J'ai d'autant plus d'empathie avec la demoiselle qu'elle est d'une volonté inébranlable, et sais faire des sacrifices, comme tout bon joueur Noir à Magic.

Le Créateur Fou, De Re Philosophia Tuphonidae.
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 11 juillet 2011 22:12 (UTC)
C'est une interprétation qui est assez proche de la mienne.

Je dois souligner ceci dit que c'est une interprétation qui m'est venue à posteriori. Je n'y pensais pas spécialement en écrivant le texte, je me suis contenté de suivre ce qui me paraissait intéressant d'un point de vue esthétique. Car, comme chantait DAF, « Leiden ist schön ».

Typhon
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 11 juillet 2011 22:18 (UTC)
D'ailleurs, pendant que je marchais, aujourd'hui, il m'est venu une interprétation un peu différente, qui rejoins une idée que j'ai eu pendant son écriture pour le coup : une métaphore pour l'angoisse de la feuille blanche.

Mais bon, tout ceci n'est que jeu de l'esprit. Personnellement, je pense que le commentaire sur le texte finit par devenir une œuvre d'art à part entière, mais en dessous d'un niveau de réflexion dont je ne pense pas que mon texte digne de le mobiliser, ça reste de l'ordre du graffiti.

Typhon, qui a fait ses quinze kilomètres.
arthur_rainbowarthur_rainbow on le 11 juillet 2011 22:42 (UTC)
C'est quoi le "chemin" ?
Parlant de dénuement, je dois avoir trop lu de Kyp, mais je me serai attendu à un peu de fan service.

Je ne connaissais pas le mot Dystopie, lu plus haut. J'ai donc regardé sur wikipédia.
Est-ce que le terme est vraiment adéquat ? Car ça me parait difficilement décrire une société.
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 11 juillet 2011 22:53 (UTC)
Les propos du Créateur Fou n'engagent que lui et son esprit malade, et même si je n'ai pas relevé, c'est une bonne remarque : Une seule personne constitue-t-elle une société ? Rien n'est moins sûr.

Le chemin, c'est le texte de science fiction que Celim publie sur le svenizkypeur, dans lequel il démontre que son approche de l'écriture est à l'opposé de la mienne.

Typhon
(anonyme) on le 12 juillet 2011 05:15 (UTC)
"
Le chemin, c'est le texte de science fiction que Celim publie sur le svenizkypeur, dans lequel il démontre que son approche de l'écriture est à l'opposé de la mienne. "

Moar on that pliz, je suis curieux.

Celim.
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 12 juillet 2011 07:59 (UTC)

Et bien, c'est un texte très écrit, presque trop. On sent que tu travailles beaucoup sur chaque passage et que tu repasses dessus de nombreuses fois, souvent avec une idée précise derrière la tête.

Personnellement, j'ai tendance à écrire d'une traite. Je produis peu de brouillon, je ne rajoute ni ne retire grand chose une fois que j'ai fini d'écrire.
Je crois que je n'ai jamais récrit complètement un de mes textes. En général, si ça ne me plaît pas, je jette et puis je passe à autre chose.

Typhon
arthur_rainbowarthur_rainbow on le 13 juillet 2011 09:58 (UTC)
Le pire c'est que je l'ai lu (je l'a même commenté)
Mais je ne me souvenais pas du titre
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 13 juillet 2011 13:40 (UTC)
C'est normal.
Tout le monde ne mets pas des titres en gros, centré, en rouge ou encadré.

Typhon
(anonyme) on le 14 juillet 2011 21:51 (UTC)
Déjà, il est dit que le Labyrinthe semble l'observer. Ca fait donc presque deux personnages, si ce n'est plus.
Ensuite, c'est probablement un abus de langage de Ma part. Essaye avec "oppressant" et "totalitarisant".
Pour finir, oui, une seule personne peut constituer une société, pour peu qu'il soit plusieurs à l'intérieur. N'est-ce pas, Ath'?

Le Créateur Fou, peut/peut ne pas avoir tort.
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 14 juillet 2011 21:54 (UTC)
« Déjà, il est dit que le Labyrinthe semble l'observer. »

Il semble le faire, oui, tout est dans ce verbe : sembler.

Je vais faire une confession : j'aime ce texte plus que pas mal de mes précédentes tentatives en matière d'écriture.

Typhon
(anonyme) on le 15 juillet 2011 18:04 (UTC)
"Ca fait donc presque deux personnages, si ce n'est plus."
De même que presque, donc.

Le récit méd-fan était bien.

Le Créateur Fou, nuances et laudations.
Typhon Baal Hammonbaal_ammon on le 11 juillet 2011 23:01 (UTC)
« Parlant de dénuement, je dois avoir trop lu de Kyp, mais je me serai attendu à un peu de fan service. »

Ce n'est pas ce genre de texte. Je crois. Fan Disservice.

J'évite d'être trop explicite en la matière, parce que bien écrire une scène érotique, c'est très dur. Quel que soit l'angle sous lequel on l'aborde, c'est difficile de parvenir à un résultat véritablement satisfaisant.

De toute façon, ça ne cadre pas avec l'histoire.

Typhon
( 19 milliards d'euros volés par l'État aux épargnants — Commenter )