Vous lisez le journal de [info]baal_ammon

Typhon Baal Hammon
23 mai 2012 @ 01:06
Souvent, quand j'entends du Bach joué au piano, je trouve ça plan-plan et sans âme. Mais ce n'est pas de sa faute, il écrivait pour clavecin. Amis pianistes, imiter le clavecin au piano, ça s'entend et c'est pas beau.

Exemple : Les Variations Goldberg )


Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
19 mai 2012 @ 20:24
Écrit par Matthew Kneale et publié en 2000, English Passengers (titre français : Les Passagers Anglais), est un excellent livre, scandaleusement méconnu.

Ce roman a pour particularité d'avoir comme narrateurs non pas un, mais plusieurs personnages qui se relaient chacun pour relater l'intrigue de leurs point de vue. Certains ont la parole tout au long du roman, d'autres n'interviennent qu'une ou deux fois.

English Passengers raconte d'une part les tribulations d'une expédition menée en 1857 par un prêtre anglican passionné de géologie et persuadé de trouver le jardin d'Éden en Tasmanie, et d'autre part, le parcours d'un groupe d'Aborigènes de Tasmanie confrontés à la colonisation progressive de leur territoire par les Anglais, et notamment l'histoire de Peevay, né du viol d'une femme aborigène par un chasseur de phoques, de 1820 à 1857, moment où se rejoignent les deux intrigues, puisque Peevay va devenir le guide de l'expédition en question.

La grande force du roman, c'est le nombre de personnages mémorables qui se succèdent.

Chaque narrateur a sa voix propre, bien différenciée, que ce soient le capitaine et contrebandier malchanceux Illiam Quillian Kewley, Manx de Peel, qui ouvre et ferme le roman avec sa vision sarcastique des choses, Peevay avec ses tournures de phrases idiosyncrasiques qui rappellent que l'anglais n'est pas sa langue maternelle, Timothy Renshaw, le jeune botaniste paresseux et déprimé (qui ne parle pas assez, je trouve. Dommage) ou l'horrifiant style télégraphique du très raciste Dr Potter.
Le fait d'avoir toute une galerie de narrateurs permet de se rapprocher de certains personnages, mais aussi d'en tenir d'autres à distance.
Ainsi, le roman ne donne jamais la parole à la mère de Peevay, personnage extrêmement charismatique qui étend sa haine inextinguible de son violeur à tout les autres blancs, et on n'apprend son nom que tardivement (puisque pour Peevay, elle est juste Mother).

Bref, ce roman est une lecture excellente, et plein d'enseignement comme par exemple "si un lapin à bord d'un bateau porte malheur, un wombat, c'est encore pire".


La couverture du livre


Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
14 mai 2012 @ 14:35

Il est paru.


Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
13 mai 2012 @ 14:33
BtK a trois jours pour donner le sujet d'Ogma LIV. Si elle oublie de le faire, la charge passera à Blaireauman.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
12 mai 2012 @ 14:50
Déjà deux ans et demi que je tourne totalement sous Linux.

putain, deux ans )

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
11 mai 2012 @ 02:25
Une aventure de Jordan McLaren

Jordan McLaren était assoupi.
Harry Lapuerta est entré en criant "Patron, Patron !", et a effrayé Jordan McLaren, qui se leva.
Jordan McLaren s'exclama : « Vous êtes vraiment un abject crétin, Lapuerta. Pouviez pas me réveiller plus doucement, bordel ? On croirait que vous n'existez que pour me tourmenter ! »
Harry Lapuerta n'a pas eu la réaction attendue. « Patron, le pape vous demande ». Jordan McLaren savait que "le pape" était le nom du commissaire divisionnaire Charles de Verpamagne, dont la piété était connue de tout les agents du service. Jordan McLaren se foutait pas mal de ce genre de choses. Les crapauds de bénitier lui couraient sur le haricot comme les gamineries de ses subordonnées, et pour ce flic à l'ancienne, blanchi sous le harnais par des années passées à enquêter sur les pires crimes. Il en avait connu des criminels abjects et répugnant, Jordan McLaren, il avait affronté la lie de l'humanité avec tout le courage et la détermination dont il avait pu faire preuve, suscitant une admiration méritée parmi ses collègues. Jordan McLaren, on ne la lui faisait pas, pas à lui. Il voyait les choses telles qu'elles étaient, et quel que soit le degré de religiosité de Verpamagne, l'important était qu'il ne le fit pas trop chier lui. Jordan McLaren était tolérant des croyances des autres tant qu'elles ne se mettaient pas en travers de son travail. Peu lui chalait, ça n'avait aucune influence sur son opinion.
Enfin entré dans le bureau de Verpamagne, après avoir préalablement frappé, il rentra pesamment, et dit "Bonjour, Commissaire", en s'asseyant.
Verpamagne lui expliqua le topo de sa voix basse et distincte : Lui, Jordan McLaren, était convoqué pour une mission ultra-secrète dans un pays étranger. Jordan McLaren soupira. Il avait horreur de voyager. Il avait horreur des aéroports. Verpamagne lui dit bien qu'il ne pourrait y couper.
« Courage mon vieux ! D'ici un mois vous serez à la retraite ! ».
C'est ainsi que Jordan McLaren se retrouva le lendemain dans un aéroport, accompagné de Lapuerta.

Harry Lapuerta s'est plaint, comme d'habitude. Pour lui, rien n'allait jamais bien. Se plaindre était son passe-temps favori. Excédé, Jordan McLaren s'éloigna de lui pour regarder, depuis la salle d'embarquement, l'avion en face de lui, et l'appréhension lui vint soudain. Il sentait venir un de ces moments, un de ces moments inexplicables.

Sa nervosité ne fit que s'accroître au fur et à mesure des secondes qu'il passait, attaché à son siège, à attendre que l'avion décollat puis atterrit. Jordan McLaren savait, dans son esprit de flic renfrogné et expérimenté, il ne savait que trop bien que ça vous pendait toujours au nez, surtout à lui. Qu'être dans un avion ne ferait pas nécessairement de différence, dans un sens comme dans l'autre. Il connaissait bien les statistiques criminelles et accidentelles. Lui, le vieux flic, plus conscient que beaucoup de la vanité des choses, solide, stoïque, revenu de tout, lui, Jordan McLaren, le caïman de la police, commençait à avoir peur. Peur ? Comment pouvait-il avoir peur ? Une telle choses eut été inconcevable à tout ceux qui le connaissaient de près comme de loin. Peur ! Il frémit de dégoût devant une telle bassesse. Comment pouvait-il avoir peur ? Et l'autre ahuri... Harry Lapuerta a remarqué que quelque chose ne tournait pas rond : « Vous avez peur en avion, chef ? »

Mêle toi de tes affaires, andouille. Jordan McLaren ne dit rien, mais le regarda d'un oeil noir, un regard qui lui venait de sa jeunesse. Comme il aurait voulu pouvoir anéantir l'impudent par la seule puissance de sa haine et sans même devoir lever la main sur lui ! McLaren maudit amèrement son éthique profonde. Rien qu'une fois, il aurait voulu céder à la violence et faire payer à ce cancrelat pour tout les autres, il y en avait eu, il n'y en avait eu que trop !

Enfin, l'avion décolla.

Suite... )
 
 
 
Typhon Baal Hammon
05 mai 2012 @ 01:42
Certaines oeuvres d'art laissent perplexe, tant elles sont incompréhensibles, de sorte que la première question qu'on se pose en les regardant c'est : « Mais qu'est-ce qu'ils ont pris pour pondre un truc pareil ? »
On se le demande )
D'autres oeuvres, heureusement, nous facilitent le travail en nous donnant directement la réponse. Wesh, merci Cousin ! (Nathalie de son prénom).

Typhon
Tags:
 
 
 
Typhon Baal Hammon
Petite énigme idiote du dimanche. Quelle est la logique de cette suite ? Comment se continue-t-elle ?

|
/

\
/|
//
/—
/\
—|
—/
——
—\
\|
\/
\—
\\
/||
/|/
/|—
/|\
//|

Bon, Arthur Rainbow a trouvé.
Heureusement, j'ai plus d'un tour dans mon sac

Quelle est la relation entre le nombre et sa contrepartie entre parenthèse ?


21 (3)
1000 (1)
1298 (7)
0 (2)
-2 (2)
49 (3)
128 (3)
-0,5 (6)




Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
28 avril 2012 @ 11:27
Un rappel pour les cerveaux lents

Aujourd'hui. 14h30. Académie.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
24 avril 2012 @ 15:37
Jusqu'ici, chaque président de la cinquième république a fait regretter son prédécesseur, mais la solution, la voilà :

Le Changement avec Hollande, c'est Chirac !

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
23 avril 2012 @ 20:20
Je suis totalement satisfait du résultat. C'est merveilleux comme les Français sont intelligents. Comme notre démocratie est belle et grande ! Vive la gauche ! Et ce score si bas du FN, n'est-ce pas la preuve que, dans notre pays, tout va bien, grâce au génial président ? Espérons qu'il sera réélu. Alors les amis, je vais militer à fond pour poursuivre tout ces objectifs géniaux. Je vous aime.

PS: ceci n'est pas une antiphrase.




Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
22 avril 2012 @ 10:16
À l'heure où je vous parle, mon vote est sorti du domaine du potentiel pour entrer dans celui du réalisé.




Par ailleurs, je rappelle le rendez-vous décidé par moi-même pour la TP du 28 en l'absence de contre-proposition : L'académie de la Bière à 14h30, en terrasse de préférence.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
21 avril 2012 @ 18:57
Le "vote utile", c'est une tentative répugnante de terrifier les gens en leur faisant croire que s'ils ne votent pas pour un candidat qui ne représente ni leurs idées, ni leurs intérêts, un autre candidat ne représentant ni leurs idées ni leurs intérêt, mais censément pire, sera dans une position plus favorable.

Le "vote utile", c'est une forme de négation de la démocratie, qui repose sur un raisonnement circulaire : Voter Y plutôt que X serait inutile, parce que seul X aurait des chances. Seul X aurait des chances, parce que les gens voteraient plus pour lui que pour Y.
C'est ridicule.

Voter pour un candidat à l'élection présidentielle, c'est indiquer que lui plus que les autres ferait selon vous un bon chef d'état. Voter pour un candidat, ce n'est pas "se faire plaisir".

Le "vote utile", c'est le cache-sexe minable d'un parti qui n'a plus de souffle, plus d'idéologie, plus rien que la gueule de ses dirigeants à offrir. Le "vote utile", c'est un symptôme que le PS ne vaut pas mieux que l'UMP, n'a rien à proposer, que ses dirigeants en sont conscients, et que leurs militants n'ont pas plus d'esprit critique que des supporters de foot.

Dans une élection présidentielle, les deux tours comptent. Le premier n'est pas un préambule folklorique au deuxième, et c'est ça la véritable leçon du 21 avril 2002.

Le 21 avril 2002, on a redécouvert le fait que la France n'était pas un pays sujet au bipartisme. Qu'un parti autre que les deux grands pouvait se hisser au second tour. Le 21 avril 2002, suivi du 5 mai 2002, c'est une illustration de ce dicton qui veut qu'au premier tour on choisit, et qu'au second on élimine.

Que Lionel Jospin n'ait pu accéder au second tour, c'est uniquement du à la nullité du parti socialiste et à l'incapacité de son candidat à rassembler des gens derrière lui, ainsi qu'aux 28 % d'abstentions (il est ridicule de penser que les abstentionnistes se divisent selon les mêmes proportions que la population française. Par définition, les abstentionnistes comptent beaucoup moins de gens ayant une conscience politique développée).

Pas à la présence de petits partis. La présence de petits partis, c'est un signe de la vitalité de notre démocratie.

Le fait que Jacques Cheminade, à la suite de Gérard Schivardi, Daniel Glückstein et Jacques Cheminade, ait pu se présenter à l'élection présidentielle, c'est la preuve que notre pays est une véritable démocratie.
Voilà des gens dont personne n'avait entendu parler et qui ont pu se présenter un mois durant devant le peuple français, avec leurs idées, et ont recueilli chacun des milliers de scrutins.
Bien sûr, leurs candidatures n'ont abouties à rien. Mais c'est ça la démocratie.
Avoir le choix de voter pour qui on veut en fonction de ses idées, sans avoir de complexes quand elles sont minoritaires, voire ultra-minoritaires.




Si j'étais leader du FN ou du Modem, après le dépôt des 500 signatures, je demanderais à mes militants de mentir aux sondages. Je leur dirais de dire qu'ils vont voter pour François Hollande.
Les journalistes étant friand de stupidités, ils se feraient une joie de relayer mes déclarations et en espérant qu'une part significative de mon électorat suivrait ce conseil, les sondages seraient tous discrédités une bonne fois pour toute dans l'opinion. On arrêterait de nous casser les burnes avec, ce serait le bonheur.

Ensuite, il faudrait aligner les heures de fermetures des bureaux de votes.

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
21 avril 2012 @ 01:46
TP 28 avril : Rendez-vous à l'académie de la Bière à partir de 14h30. En terrasse, c'est plus cool.

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
20 avril 2012 @ 02:21
Amusons nous avec les consonnes non-pulmoniques !

(Quand je pense que je ne les avais même pas abordées la dernière fois que j'ai parlé phonétique sur ce blgo)

Clic ! )

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
18 avril 2012 @ 00:32
Dimanche, j'irai voter.

Bien sûr que mon influence sera infime, peut-être négligeable, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières. Que les 30% de personnes qui envisagent l'abstention se décident à voter (ou même juste la moitié d'entre eux), et ils pourraient changer l'élection.

Bien sûr, il n'y a pas de miracles, et la France, mon pays, profondément malade à l'heure actuelle (Il y a de plus en plus de mendiants près de chez moi, c'est impressionnant), ne se relèvera pas magiquement suite à l'élection.

Néanmoins, le défaitisme et l'idée que tout les candidats se valent est fausse. Il y en a qui sont pires que les autres, c'est une évidence démontrée par la succession de Sarkozy à Chirac.

Alors j'irai voter, et je vous incite fortement à faire de même. Votez aux présidentielles, et votez aussi au législatives, et à toutes les autres élections nationales.

Sinon, vous acceptez que d'autres décident à votre place, d'autres qui tiendront compte de leurs intérêts et opinions, pas des vôtres, et vous ne serez pas légitimes à vous plaindre si vous ne faites pas l'effort de vous impliquer dans le processus, à moins de croire que la démocratie c'est mal, ou bien que l'on n'est pas en démocratie.

Il me semble que la possibilité d'avoir autant de candidats à la présidentielle, aussi différents les uns des autres, prouve que la démocratie française, malgré sa mauvaise santé, est loin d'être morte.

Je décernerai mon suffrage à M. Nicolas Dupont-Aignan, pour la simple et bonne raison que c'est celui des candidats qui est le plus proche de mes idées, et vraisemblablement aussi le plus honnête, même si, bien sûr, il n'est pas parfait.

C'est pour cette raison que j'ai changé les couleurs de mon blog pour celles de Debout La République. Je ne compte pas faire plus de militantisme, je n'ai jamais aimé ça, mais ça m'amusait de faire ce petit changement cosmétique.

Sur ce, même si vous avez des préférences politique totalement différentes des miennes, ne vous abstenez pas.
Bougez-vous l'cul jusqu'au bureau de vote, bande de feignasses. De quoi vous avez peur ?

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
17 avril 2012 @ 22:39
Que pensez vous des phrases suivantes, sur le plan grammatical ?
Est-ce qu'il y en a une qui vous fait tiquer par sa construction ? Pourquoi ?



  1. Jule est dresseur de lion, Zorrino en est un de chat

  2. C'est une couronne d'or, et cet objet en est une d'argent.

  3. Jean-Jacques est un enculeur de mouche, et Jean-Charles en est un de taon.

  4. Ceci est une balle de fusil, et cela en est une de volley-ball.

  5. Elmer Fudd est le chasseur de lapins, et Hans Landa est celui de juifs.

  6. Merah est le tueur de Toulouse, et Breivik celui d'Utøya.

  7. Landru est l'assassin de sa femme, et Demange celui de sa maîtresse.

  8. Le curé est un homme de dieu, et l'abbé en est un de paille.

  9. Le Pape est un évêque d'Italie et Gaston en est un de Finlande

  10. C'est la fin du monde, et celle des haricots.

  11. C'est la dame de carreaux, et celle de trèfles.

  12. Celle-ci est la glace à la vanille, et celle-la à la framboise.

  13. Celle-ci est la réponse à la question, et celle-là aux ragots


 
 
Typhon Baal Hammon
16 avril 2012 @ 13:35
C'est marrant qu'on dise "paupérisation". Quelqu'un peut m'expliquer la différence concrète avec "appauvrissement" ?

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
16 avril 2012 @ 08:04

Thème



Les élections présidentielles. Pas forcément celles qui arrivent.

Contrainte



Vous vous exprimerez essentiellement par antiphrase.




Z'avez deux semaines.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
14 avril 2012 @ 15:02
Ogma LII est clos. À ma connaissance, seul Athreeren a participé.

C'est donc l'article XXI, qui s'applique.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
13 avril 2012 @ 20:40
Moi, je la sens bien, cette élection présidentielle.

Faut dire que moi, je sais me servir d'un revolver.

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
13 avril 2012 @ 02:38
Bon, ma candidature, je peux faire une croix dessus, avec mon grand total de zéro parrainage. Mais ça ne m'empêche pas de faire des suggestions, de jeter des pavés dans la mare, de briser des tabous.

Ainsi, je propose la chose suivante : Qu'il soit désormais interdit à tout organisme public, quel qu'il soit, de changer de logo, sous peine de sanctions lourde envers les responsables (Idéalement, il faudrait l'assimiler à un détournement de fond).

En effet, un organisme qui décide de changer de logo va immanquablement faire appel à une pourriture de publicitaire qui fouettera alors une grosse tâche d'infographiste de mes deux. Le résultat, c'est que l'organisme en question paiera des dizaines de milliers d'euro pour la conception d'un n-ième « cercle marron de qualité ».

Payer ce genre de plaisanteries avec l'argent du contribuable, c'est du gaspillage révoltant.

Tout organisme n'ayant pas déjà un logo utilisera s'il devait en avoir besoin son nom ou son acronyme écrit en capitale dans la police gratuite et libre d'utilisation de son choix.

J'ai dit.

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
11 avril 2012 @ 01:03
C'était un appartement parisien. Un peu mal foutu, un peu vétuste, un peu vieillot. Le couloir était bizarrement oblique, la salle de bain présentait un contraste entre la blancheur éclatante de l'émail de la baignoire et du lavabo neufs et les murs où la peinture était écaillée, derrière la grande psychée où je voyais mon reflet. Un grand rideau autour de la baignoire complétait ce tableau.
En sortant de la salle de bain, on était immédiatement dans l'entrée, où était pendu un tableau, une reproduction de Magdalena Bay vue depuis la presqu'île des Tombeaux au Svalbard de François Biard, tableau que nul n'avait jamais bougé d'un centimètre depuis qu'on l'avait posé sur ce mur.
De l'autre côté de la porte d'entrée aux multiples verrous, la cage d'escalier. 7 étages en colimaçon plus ou moins carré, avec une cage ascenseur au centre. On montait l'escalier les jours de panne, mais pas si l'ascenseur était là, auquel cas on se placerait dans ce cagibi pour y échanger quelques baisers fugaces, suspendus entre les étage.
Un peu plus loin dans le couloir, un salon trop grand, dont la moquette était à refaire, directement sous le toit, les fenêtres perçant à travers. Une bibliothèque et une grande horloge à pendule, une table et un petit secrétaire d'un côté, de l'autre ta chambre avec un lit à mezzanine, et le piano droit, devant le miroir.
C'était un appartement parisien, dans un immeuble hausmannien, avec un grand lit qui prenait la moitié de la chambre bordélique, perdu dans trop de meubles. Une autre horloge plus petite posée sur une commode poussiéreuse ne donnait plus l'heure depuis longtemps.
Au bout du couloir, il y avait la cuisine, trop petite, comme toutes les cuisines parisienne, et aussi quelques placards.
Dehors la rue était bruyante, et le vis-à-vis trop proches.
C'était un appartement parisien, mal fichu, un peu sale, trop petit, un peu vétuste, au plan incompréhensible, mal chauffé, où je me sentais bien.


 
 
Typhon Baal Hammon
07 avril 2012 @ 17:55
J'ai lu cette semaine la trilogie des Robots : The Caves of Steel, The Naked Sun et Robots of Dawn (alias 'Les Cavernes d'Acier', 'Face au feux du Soleil', et 'Les Robots de l'Aube'), de Isaac Asimov. Je dois dire un truc, je n'ai pas été déçu, dans la mesure où je ne m'attendais à rien.

Les nouvelles d'Asimov sur les robots ou la Fondation sont de petits bijoux d'ingéniosité, dont le secret réside dans la simplicité des concepts employés. Les personnages n'ont jamais besoin d'être très développés dans une nouvelle, donc ça ne pose jamais tellement de problèmes que Mike Donovan soit toujours un adolescent attardé chevelu et irascible, que Susan Calvin soit une névrosée profonde et misanthrope, et à la limite, que Hari Seldon soit un vieux magicien omniscient, c'est fait exprès, d'un point de vue aussi bien extra qu'intra-diégétique.

En revanche, dans les romans, ce procédé d'écriture qui donnait aux nouvelles une part de leur impact dessert le roman. Au bout de trois bouquins en compagnie d'Elijah Baley et de son pote robot, on se demande lequel des deux a le moins de personnalité. Le seul trait de personnalité de Baley qui ne soit pas rattachable à celui de l'archétype du vieux flic bougon sur le retour, c'est son agoraphobie, qu'il partage avec l'ensemble de la population planétaire, étant donné que selon Asimov, tout les êtres humains, sous l'égide d'un gouvernement mondial, s'entasseront les uns sur les autres dans le futur, au point de renoncer quasiment à toute intimité et de ne jamais foutre les pieds dehors, tout ça pour faire face à la surpopulation (8 milliards d'habitants, selon lui, c'est à peine supportable pour la planète. On est déjà plus de 7 milliards, et aucun signe de vouloir s'enterrer sous des domes).

Quant au robot Daneel Olivaw, quand on est le maître d'oeuvre d'un complot pendant 20 000 ans, c'est un peu la lose de paraître moins intelligent que les robots théoriquement beaucoup plus primitifs qui peuplent le 21ème siècle (Mon préféré, c'est QT-1, celui qui lance une nouvelle religion).

***


Le plan de chaque roman est relativement simple : Machin meurt assassiné, Baley interviewe les suspects, découvre le coupable, et finalement, le coupable n'est pas puni. Le tout entrecoupé de scènes anecdotiques, souvent en rapport avec des dadas d'Asimov, à savoir :
Le futur de l'humanité et son expansion spatiale, notamment grâce aux robots positroniques, la mathématisation de la sociologie, et, ) partir de ses romans tardifs (dans les années 1980) la liberté sexuelle, les robots, le sexe avec les robots, les robots humanoïdes, et le sexe avec les robots humanoïdes dans le cadre de la mathématisation de la sociologie.

Sans être une lecture totalement inintéressante, ces romans n'atteignent pas, à mon avis, le niveau des nouvelles d'Asimov.
En particulier, les romans publiés après 1980 tirent largement à la ligne, de même que Fondation foudroyée (présenté à tort comme le quatrième roman de Fondation alors que c'est le premier, puisque les autres sont des recueils de nouvelles), et sa suite Terre et Fondation, font la part trop belle à des éléments moyennement intéressants (c'était vraiment nécessaire de supprimer tout le mystère de la seconde fondation et d'en faire une n-ième assemblée minée par des petites querelles de pouvoir mesquines ? Rendez nous Preem Palver !), voire complètement ridicule (Gaïa).

***


Un truc que je fais souvent en lisant du Asimov, c'est diviser les dates par dix.
Les humains de Fondation sont beaucoup trop proches de nous pour être une image réaliste d'un futur distant de 20 000 ans. Quand on voit la progression de l'humanité en à peine 5000 ans, c'est lui faire bien peu de crédit que de croire qu'elle pourrait supporter 12 000 ans le despotisme de l'empire galactique, et accessoirement, c'est curieux que des trucs fondamentaux comme la position de la Terre se perde dans les limbes, mais que jamais personne au cours de ces 12 000 ans n'ait l'idée de réinventer le robot positronique (une invention du XXème siècle, dans l'Asimoverse), après que le tabou contre son utilisation soit oublié (puisque la notion de ces robot elle-même est devenue totalement légendaire dans Fondation foudroyée).
C'est normal dans La Fin de l'Éternité, parce que la stagnation de l'humanité est un des thèmes du roman, qui est soi-dit en passant, un des meilleurs d'Asimov, donc l'un des moins connus, mais pas dans Fondation, ou précisément, les changement sociaux et humains sont au coeur de la structure du roman.

Pour se faire une idée d'à quel point l'humanité pourrait changer en 20 000 ans, il suffit de regarder 20 000 ans en arrière : De petits groupes de chasseur-cueilleurs à peine capable de parler et pour qui la pierre taillée était l'Alpha et l'Oméga de la technologie, on est devenu la seule espèce connue à avoir mis le pieds sur plus d'un astre du système solaire.

Le pire, c'est que la chronologie Asimovienne pèche dans les deux sens : la terraformation et la colonisation d'une proportion significative de la galaxie ne prennent que 8000 ans, puisqu'elles précèdent la formation de l'empire galactique. Vu la taille de la galaxie, et la complexité des processus, ça parait également assez peu réaliste.

***


Pour en revenir à mes moutons, lisez donc les nouvelles d'Asimov sur les robots, les trois premiers volumes de Fondation, Les Courants de l'Espace, pourquoi pas Les Cavernes d'Acier, et Face aux feu du Soleil, La Fin de l'éternité, et laissez de côté les romans écrits après 1980 sous la pression de l'éditeur par un vieux dégoutant (Je dis ça en pensant au personnage de Vasilia Fastolfe, qui partage un point commun particulièrement douteux avec M. Garrison de South Park et qu'on est malgré tout censés prendre au sérieux).

***


Sinon, il y a un truc qui me turlubite : sachant que la nouvelle Victory Unintentional est rattachée au cycle des robots positroniques, lui-même rattaché à l'Asimoverse, où sont passés les Jupiteriens pendant que les humains conquérissaient la galaxie ? On est censé croire que pendant 20 000 ans, ils se sont terrés dans la crainte de ZZ1, ZZ2 et ZZ3 ?

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
05 avril 2012 @ 00:07
Le rythme circadien, j'l'encule !

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
(Au croisement de la Rue des Écoles et de la rue de la Montagne Sainte-Geneviève, un homme d'un certain âge portant un veston gris comme ses cheveux, et discutant à voix haute avec plusieurs de ses semblables :)

« ... Charles a eu 17 sur 20 à son rapport de stage... Je ne comprends pas pourquoi il n'as pas eu 20, il n'a même pas pensé à le demander à la prof... J'avais attaché l'organigramme à la fin du rapport... »

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
31 mars 2012 @ 16:33

Le Soleil



Le spaceferry avait atteint la station L3 – D'après le point de Lagrange (Terre/Soleil) qu'elle orbitait – et il contempla le systèmes de panneaux solaires comme une gigantesque toile d'araignée, comme un gigantesque héliotrope se réorienter juste au-dessus de lui, tandis que plus bas, les hublots se recouvraient de protections supplémentaires pour faire face à la tempête solaire qui allait déferler.

Mercure



Lorsqu'on lui avait demandé de passer trois jours sur Mercure, il s'imaginait naïvement qu'il s'agissait de trois jours terrestres.

Vénus



L'insigne de la mission Aphrodite était aussi obscène que possible, mais même lui ne pouvait remonter le moral à ceux qui approchaient l'enfer de près ou de loin, et recevaient la pluie vénusienne sur leurs scaphandres.

Terre



De cet endroit il ne saurait être question, tant il est bruyant et surpeuplé.

Mars



Du sommet du mont Olympe, il se demanda si par malchance, le volcan ne risquait pas de se réveiller, mais se ravisa, car Mars n'avait plus d'activité géologique – Du moins le croyait-on.

Les Astéroïdes



On lui racontait l'histoire de cet astronaute visitant un astéroïde qui avait sauté sur place un peu trop fort et s'était placé par inadvertance en orbite héliocentrique, histoire enrichie d'un luxe de détails absurdes comme la présence, au point L1 d'une telle orbite, de sa clef Allen.

Jupiter



Jupiter vous donnait l'impression de vous surveiller constamment par son oeil unique et méchant, la grande tâche rouge, et on n'avait l'esprit tranquille que quand Jupiter avait pour ainsi dire le dos tourné, mais c'était suffisamment fréquent pour le travail n'en pâti pas trop.

Saturne



Plongée dans une inconcevable piscine stellaire, Saturne, seigneur des anneaux, flotterait, même sans ces nombreuses bouées dont elle s'était affublée.

Uranus



La bille cyan roulait lentement sur l'écliptique, parfaitement impassible, comme une boule de glace à la curaçao intersidérale.

Neptune



En voyant Neptune par le hublot, on se disait qu'une certaine planète bleue avait usurpé son titre, mais ça n'avait l'air de lui faire ni chaud ni froid, et pour cause.

Pluton et Charon



Ils se regardent toujours, comme des haltères ou plutôt, vu leur taille, comme un coton-tige spatial.

La Ceinture de Kuiper



Ici commence le domaine humain, et on n'aime pas les étrangers, étranger.

Le Nuage de Oort et l'orbite de Sedna



HIC SUNT DRACONIS.



 
 
Typhon Baal Hammon
30 mars 2012 @ 08:17
Le sujet est paru.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
28 mars 2012 @ 06:45
Et il a trois jours, commme d'hab.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
Et je le prouve )

Je commence à connaître tout le cinquième arrondissement, moi.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
24 mars 2012 @ 23:47
Athreeren, celui qui apporte le Guide des Conventions (trois satellites)
Le Créateur Fou, celui qui apporte le sujet (un satellite)

Voila, voilà, vous avez trois jours pour voter et choisir celui qui aura l'honneur insigne de décréter Ogma LII.

Gustav Holst, celui qui apporte Les Planètes.

Typhon, le magicien & mystique
 
 
Typhon Baal Hammon
24 mars 2012 @ 13:00
Vu les résultats, je propose l'organisation parallèle de deux TP : une le samedi 28 avril, une le samedi 19 mai.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
24 mars 2012 @ 12:16
TEMPORAIRE—:, adj. : Permanent.

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
21 mars 2012 @ 23:40
J'ai découvert Nirvana bien après tout le monde (je découvre presque tout après tout le monde, ça filtre la merde que personne ne se donne la peine de conserver), et, si j'en ai écouté pas mal, j'ai quand même nettement plus écouté The Pixies et Devo. C'est amusant, parce que ce sont justement deux des groupes préférés de Kurt Cobain. Plus récemment, j'ai découvert Flipper, qui lui aussi était apprécié de notre chanteur grunge suicidaire préféré. Ça m'amuse de voir sur wikipédia, quand je regarde la biographie de groupes des années 1980, d'y voir cité le nom de Cobain. Faut croire qu'il était au grunge ce que Tarantino est au film d'action. En tout cas il avait bon goût.

Enfin, presque. Parce que bon, il aimait aussi David Bowie, que je trouve chiant au point d'en être inécoutable, comme le Canon de Pachelbel.

Pour en revenir à Flipper, je n'ai pas encore posté une de leur chanson. Faisons leur un peu de publicité :

I AM THE WHEEEEL )


Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
20 mars 2012 @ 22:29
J'ai lu ou entendu dans la bouche de nombreuses personnes le mème suivant :

« Prions pour que [célébrité honnie de votre choix] vive longtemps, parce que quand il mourra, les media nous emmerderont avec jusqu'au dessus des yeux »

Or, ce raisonnement n'est pas très logique. Tant que [chdvc] est vivant, il/elle peux toujours venir nous emmerder en personne sur les plateaux de télévision, et refaire surface dans les merdias.
En revanche, à compter du jour de sa mort, passé le déluge médiatique initial, on a enfin la paix, en dehors de quelques dates anniversaires, parce que les journalistes ont des cervelles de piafs aux mémoires atrophiées, étant donné que tout ce qui est vieux de plus d'une semaine ne constitue plus "l'actualité", "le buzz", ou quel que soit le vocable à la vogue chez ces jean-foutres.

Cela dit, je rappelle qu' il ne faut pas souhaiter la mort des gens, ça n'est jamais assez méchant.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
19 mars 2012 @ 22:03
Hier, en passant sur le pont Neuf, j'ai entendu derrière moi un solex. Un des bons côtés du retour à la barbarie qui gagne progressivement la France, c'est qu'il sera bientôt envisageable, parmi mille autres fâcheux, d'écarteler tout les utilisateurs de ces saloperies plus bruyantes qu'une moissonneuse batteuse.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
17 mars 2012 @ 22:21
Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait d'image à la con.



Votez Agnan !



Malheureusement, je crois qu'à la place les français vont élire son copain Alceste. C'est un gros qui mange tout le temps.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
17 mars 2012 @ 16:12
Le matin, le mâtin chasse la châsse.

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
14 mars 2012 @ 07:44
C'est pas pour dire mais :

« Jean-Marie Le Pen est un détail de l'histoire de l'élection présidentielle de 2002 »

Plein de Théorbe !

Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
10 mars 2012 @ 00:14
La chanson démarre, la mélodie est pas mal, le rythme est sympa, et là, c'est le drame.


Message in an accidentally the whole bottle )




Typhon
Tags:
 
 
Typhon Baal Hammon
09 mars 2012 @ 07:57
LCF a donné le sujet suivant :

« *Vous narrerez l'éveil d'Aliwen (TO 45) puis ses pérégrinations dans un monde différent. Ce sera prétexte à l'introduction d'un ou plusieurs des thèmes suivants: Rapport à la mort, au rêve, à la réalité, à la santé mentale.
*Vous reprendrez des personnages fictifs et/ou des situations d'Oghmas passés ou hypothétiques.
*Je veux un récit de voyage.
»

Il n'y a pas de contrainte de forme. "je veux un récit de voyage" n'est pas une contrainte de forme, c'est une contrainte qui porte sur le fond du récit (i.e. ce que l'on raconte), pas sur la forme (i.e. comment on le raconte).

Il est tout à fait légal de ne pas spécifier de contrainte de forme dans un sujet de TO, encore faut-il le faire explicitement, ça évite les confusions.
Z'avez deux semaines.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
06 mars 2012 @ 00:44
Le Créateur Fou a gagné Ogma L, il a trois jours pour préparer Ogma LI (ha ha).
Passé ce délai, cela incombera à BtK.

Sur ce, je vous laisse en compagnie d'un Théorbe français.


Théorbiste )


Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
Je crois avoir trouvé l'aboutissement de ma quête incessante perpétuelle de mauvais goût.
Je la dois, comme souvent, à un génie mort trop tôt, et malheureusement, ma compréhension limitée du suédois (pourtant si inutile quand il s'agit de comprendre un film de Bergman) ne m'aide pas.

Ne cliquez donc pas sur ce lien, surtout si vous avez tendance à reprendre en coeur les chansons.

Je l'ai découvert via cette vidéo.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
02 mars 2012 @ 02:31
Typhon
LCF : Drei
BTK : Eins.
Blaireauman

Pourquoi tant de gens participent quand c'est BtK qui fait le sujet ?
Je crois que j'ai oublié quelqu'un d'ailleurs, mais la session n'est pas tout à fait close, de toute façon (vous avez encore jusqu'à ce soir, canailloux, ne votez pas !)

Z'avez trois jours pour voter.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
29 février 2012 @ 18:36
Je n'avais jamais vu, de mes yeux, un film de Jean-Luc Godard et je ne le connaissais que par ouï-dire. J'ai réparé ce manque à ma culture en regardant aujourd'hui Alphaville.

Alphaville commence par un monologue cancéreux qui nous explique que la réalité est trop complexe, et ensuite nous présente le personnage d'Ivan Johnson, supposément un journaliste au Figaro-Pravda, en réalité un espion (ce que la musique dramatique rend tellement évident que ce ne serait pas plus grotesque qu'il y ait des pancartes disant « Attention, ceci est un espion ! »), Lemmy Caution.
Je vous le révèle comme ça, au détour d'une phrase, sans même un égard pour ceux d'entre vous qui n'ont pas vu le film. Je suis un gros chacal sans âme qui ne soucie pas de vous ménager le suspens, parce que ce n'est pas comme si on nous le disait dès le début.


Le générique de début du film


Mince alors, en fait, si.

Lemmy Caution est un homme dur. Il ne donne pas de pourboire aux grooms, il refuse de les laisser porter sa valise, il descend les gens qu'il trouve dans sa suite à l'hôtel, et il n'a pas besoin d'une séductrice de niveau 3 pour assouvir ses pulsions.

Le film accumule rapidement les clichés les plus débiles sur ce que serait une société régie par des scientifiques et des ingénieurs, de façon logique, que ce soit la consommation quotidienne de tranquillisants, la destruction du vocabulaire selon l'interprétation la plus stupide et réductrice de l'hypothèse dite de Sapir-Whorf et bien sûr, la disparition des artistes, parce que n'est-ce pas, les ingénieurs sont des vilains pas beaux qui veulent la peau des artistes.

Ça reflète parfaitement la réalité :
Tandis que les ingénieurs conçoivent sans cesse des technologies nouvelles telles que des caméras plus puissantes et précises qui donnent une image plus jolie, des logiciels de montages qui sont nettement plus efficaces que les ciseaux, et des ordinateurs plus puissant pour donner vie à des images de synthèses plus réalistes, les cinéastes, eux réalisent sans cesse des films où la science, la technique et la logique sont du côté du mal et où l'amour et la foi suffisent aux héros pour triompher des méchants.
On voit bien là la vilenie des ingénieurs et l'oppression terrible qu'ils font subir aux artistes.

J'ai sous la main une bonne, quoique longue critique des dystopies de ce genre (en anglais) :
Première partie
Deuxième partie

Les raisons véritables de la présence de Lemmy à Alphaville restent floues pendant un bon tiers du film. Au début, il semble qu'il soit là pour s'enquérir de ce qui est arrivé à Henry Dickson, à la mort duquel il assiste, puis il cherche à comprendre le scénario, qui s'effiloche à vue d’œil. Alphaville est gérée par un gros ordinateur dont le petit nom est α 60, dont l'essentiel du travail est de débiter des âneries pseudo-philosophique.
On apprend au bout d'un moment qu'on a exilé le professeur Leonard Von Braun (alias Nosferatu, je ne blague pas) hors de 'Nueva York' en 1964 (le film se déroule donc vers 1994, étant donné la référence de Von Braun à un passé distant de 30 ans).


Lemmy Kimilster


Remarquez au passage cette incroyable inventivité d'un génie du cinéma, qui consiste à prendre des noms existants et à leur faire subir une petite modification, ainsi qu'à suggérer des bouleversements géopolitiques sans jamais les expliciter quoi que ce soit. C'est tellement facile que n'importe qui peut le faire, ce genre de choses.

C'est d'autant plus pathétique qu'Alphaville ressemble trait pour trait à une ville française des années 60.

Bref, il s'agit là d'un banal et prétentieux nanar des années 1960, desservi par l'absence totale d'implication émotionnelle des acteurs, qui liraient l'annuaire avec plus d'entrain et qui ont tous l'air de s'emmerder copieusement.

Mais bon, les américains aiment bien Godard.

PS [ 2/3/2012 ] : Après avoir lu un peu sur internet, je constate que l'opinion qui prévaut sur IMDB, c'est qu'Alphaville est une parodie. Je ne doute pas que, dans son utilisation de clichés surannés, Godard ait été, au moins partiellement, conscient de ce qu'il faisait. Mais ça ne change absolument rien à mon opinion quant à ce pathétique navet, qui est totalement vide : visuellement sans intérêt (contrairement à THX 1138 qui ne brillait pas non plus par l'originalité de son scénario), auditivement incolore, et jamais drôle, ce qui fait tâche si c'est bien une parodie.
Il y a une différence entre utiliser consciemment des stéréotypes et les parodier. La conscience de quelque chose n'en change pas la nature.
Par exemple, si je vais aux toilettes et que je fais caca, le fais que j'en sois parfaitement conscient ne rend pas ma merde plus intéressante ou digne d'attention.
Par contre, si ma merde se mettait à chanter et danser, là ce serait intéressant.

PS2 [ 3 / 3 2012 ] : À me relire, je pense que je n'ai pas été assez clair. On pourrait croire que je suis un de ces abrutis qui mesurent la qualité d'un film au nombre d'explosions qu'il contient. Que les choses soient claires : quand je me plains que ce film ne contient rien d'intéressant visuellement ou auditivement, ce n'est pas que je n'en ai pas saisi les visées intellectuelles. La première chose que j'appréhende dans un film, c'est son scénario, j'ai été presque sourd et aveugle au reste pendant des années et c'était un tort. Le problème, c'est que ce film est vide également de ce point de vue. Il n'a rien à dire, il ne fait que ressasser des clichés, et ce n'est pas en plaquant artificiellement des citations, délivrées de façon sentencieuse, sur du vide, qu'on fait œuvre intellectuelle ou créatrice.

PS3 [ 4 / 3 / 2012 ] : Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit, il y a deux choses que j'ai aimées dans ce film : premièrement son titre. Le mot "Alphaville" est joli, et mérite une meilleure utilisation. Deuxièmement, la contenance de Lemmy Caution au début, qui ne doit pas grand'chose à Godard (puisqu'il a repris ce personnage préexistant au film).



Big In America )


Typhon