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Typhon Baal Hammon
05 février 2016 @ 17:16
Pas complètement satisfait de ce texte mais j'en avais marre de dormir dessus.
Spoile en grande partie Kagemusha, mais je ne pense pas que ce soit très grave à vrai dire.

影武者 - Kagemusha (le double)


Après avoir regardé cette vidéo sur l'art du mouvement de Kurosawa (cette chaîne youtube est globalement très intéressante), j'ai repensé à une de mes scènes favorites dans Kagemusha : le tout début.



Kagemusha - Opening scene. Pensez à activer les sous-titre en cliquant sur CC.




La toute première scène du film est un plan statique de six minutes présentant trois personnages assis qui se ressemblent fortement, contre un fond relativement sobre. Les personnages discutent, et pendant les trois premières minutes, ils ne font pratiquement aucun mouvement.

Château médiéval japonais


Ce film, qui contient un certain nombre de scènes de batailles, notamment une vision particulièrement apocalyptique de la bataille de Nagashino, commence donc par une image d'immobilité totale.

Et cette immobilité qui donne le ton, c'est avant tout l'immobilité du personnage au centre de ce premier plan, Takeda Shingen, dont la place dans cette scène reflète son rôle de personnage central du film :

Un peu plus tard, dans le film, Takemaru, le petit-fils de Takeda Shingen demande à celui qu'il croit être son grand-père pourquoi on l'appelle "la montagne".

Mais Shingen est mort et son double est bien en peine de lui répondre.

Le page qui est là pour l'assister et le surveiller répond pour lui :

—"Quelle est la devise du clan Takeda ?"
—"Rapide comme le vent, silencieux comme la forêt, destructeur comme le feu, impassible comme la montagne".

Devise généralement abrégée en 風林火山, fû-rin-kâ-zan, soit vent, forêt, feu, montagne.

Le page explique que chaque partie de la devise s'applique à différentes branche de l'armée Takeda : les éclaireurs, rapides comme le vent, les lanciers, silencieux comme la forêt, la cavalerie lourde, destructrive comme le feu, et le seigneur, c'est la montagne,山.

Le page explique à Takemaru et au Kagemusha la signification de la devise Takeda


Il m'apparaît, maintenant que je sais comment il s'écrit en japonais, que la composition symétrique du tout premier plan du film, avec Takeda Shingen au milieu, et ses deux doubles à droite et à gauche reflète le caractère 山 signifiant "montagne".


Le "mouvement" qui anéantit le clan Takeda, c'est l'anéantissement de l'oeuvre de Shingen, sa deuxième mort en somme.

Après que nous sommes morts, le monde continue de tourner et nous oublie. Nos accomplissements sont réduits en cendres par les vivants, en l'occurence Katsuyori, le fils de Shingen, et son ambition d'exister par lui-même, indépendamment de son père (cf sa frustration quand il apprend que les généraux de Shingen ont décidé - à contrecoeur - de le suivre, avec les bannières de son père "même mort il me vole ma victoire").




Takeda Shingen, blessé, face à ses généraux


"Toute ma vie, j'ai rêvé de voir mes bannières flotter sur Kyoto", confie-t-il à ses généraux après avoir été blessé, "mais si je meurs, ne poursuivez pas ce rêve. Ne bougez pas."

Le thème de Kagemusha (l'un des thèmes du moins) c'est "Que reste-t-il d'un homme après sa mort ?". Les instruction de Shingen sont de garder sa mort secrète, d'utiliser son double pour le remplacer, et de ne pas bouger. Tout doit s'arrêter avec lui, en somme.

L'arc central du film, c'est l'identification progressive du Kagemusha à Shingen.

C'est lui, le voleur et l'assassin, qui, au début du film, brise la symétrie et l'immobilité du plan, d'abord en étant légèrement au premier plan par rapport aux autres, et ensuite en bougeant : il coupe le dialogue posé et statique entre Shingen et son frère, s'esclaffe d'un rire grotesque, exagéré, puis se retourne et accuse Shingen d'être un pire assassin que lui : il n'a fait que quelques victimes tandis que le seigneur de la guerre a provoqué la mort de milliers de gens.
Et après la mort de Shingen, ses généraux ne sont pas sûrs de pouvoir appliquer son plan : l'assassin n'est-il pas de trop basse extraction pour pouvoir servir le plan de Shingen ?
La suite montre que si le seigneur était un assassin, l'assassin peut sans problème se mouler dans la peau du seigneur.

Le double de Shingen s"identifie à lui


À la fin il est devenu Shingen au point que quand le clan est anéanti, et bien qu'il ait été payé pour ses services, il charge désespérément les lignes ennemies et meurt. Il ne peut pas survivre à Shingen : il est Shingen.

Il est d'ailleurs assez significatif que le vrai nom du double ne soit jamais mentionné.

Ce que Kagemusha montre, c'est ce qui se passe quand le seigneur est obéi même après sa mort. On peut dire que sa mort symbolique se situe après sa mort physique, à l'inverse de Rân, où c'est le contraire qui se produit.
Dans Rân le seigneur renonce à son pouvoir et ne comprend que trop tard qu'en faisant ça il s'est symboliquement suicidé.
À l'inverse, dans Kagemusha, le seigneur ordonne à son entourage de prolonger sa vie symbolique par delà sa mort.


Oda Nobunaga réagit à la petite blague de Shingen





Sinon, pour ceux qui connaissent rien sur cette période du japon, regardez donc cette petite série de vidéos sur cette époque.




Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
J'avais envie de développer un peu ce que je disais ici :






Ça faisait suite à un billet d'Authueil, dans lequel je trouve qu'il fait montre d'un certain manque d'imagination. La critique sempiternelle de la Ve république c'est que le président a trop de pouvoir, que si seulement on avait un régime proprement parlementaire comme ça se fait ailleur en Europe ça irait bien mieux.

Les gens qui parlent de VIe république en permanence m'énervent parce que systématiquement quand on creuse, on s'aperçoit qu'ils veulent que le premier ministre dirige le gouvernement et soit élu par un parlement lui-même élu à la proportionnelle.

Bref ils veulent revenir à la IVe république.

Évidemment, je trouve que c'est une mauvaise idée.

Je ne suis pas convaincu que les institutions de la cinquième république soient si mauvaises que ça.
À mon avis le principal problème, c'est un problème de personnel politique, et c'est pas avec des changements institutionnels macroscopiques qu'on va régler ça.

Et d'ailleurs je note qu'on parle tout le temps de grands changements alors que le diable serait plutôt dans les détails.

Néanmoins, c'est toujours amusant de faire des expériences de pensée, donc voilà mes deux sous sur des réformes institutionnelles qui me paraîtraient plus intéressantes que de revenir à un système parlementaire :


  • Supprimer le quinquennat. Aligner la présidentielle et la législative a été la pire connerie de tout les temps. Quel est l'intérêt d'avoir le parlement comme contre-pouvoir théorique de l'exécutif si en pratique ils sont tout le temps du même bord ? L'intérêt d'un mandat présidentiel long, c'est que ça évite au président d'être en campagne électorale permanente. Peut-être que comme ça il pourrait gouverner à la place.


  • Supprimer le pouvoir de dissolution du président, et raccourcir les législature. Outre les problèmes comme la fixation de l'ordre du jour évoqués dans le lien plus haut, Le président dispose d'une épée de Damoclès sur les députés. Si on remplaçait ça par des législatives tout les deux ans, les députés auraient moins peur du président et plus peur de leurs électeurs.


  • Virer les anciens présidents du conseil constitutionnel.


  • Je ne sais pas si ça vaut le coup de supprimer aussi la motion de censure. C'est ce que je sous-entendais quand je parlais de séparation des pouvoirs à l'américaine.


  • Dans le même ordre idée : faut-il supprimer le sénat ? Quels sont les arguments contre le monocaméralisme ?




Voilà. Mais encore une fois, je pense pas que ce soit la problématique centrale. C'est juste un exercice amusant.
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Typhon Baal Hammon
30 janvier 2016 @ 19:59
Alors j'ai gagné, et je vais vous infliger le sujet d'Ogma LIX :

Thème : L'immensité déserte du continent perdu.

Contrainte : Votre texte contiendra au moins cinq néologismes ou hapax.




Voilà, vous avez trois semaines, tétynez bien.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
24 janvier 2016 @ 23:16
Il était temps. Ogma LVIII c'est fini et ont contribué :




Vous avez jusqu'à Mercredi soir pour élire le gagnant. Je rappelle que comme d'habitude, tout le monde peut voter. (pour mémoire, le sujet était là)

EDIT : Bon ben j'ai gagné.




Je note que laisser plus de temps pour les contributions n'implique pas qu'il y en ait plus et que c'est plutôt l'approche de la deadline qui motive les gens (moi le premier). Du coup, peut-être qu'on pourrait à nouveau raccourcir les délais ? Je sais pas.




Par ailleurs, je sais pas non plus ce qu'est devenue Camille, qui avait créé ce sujet, elle a visiblement désactivé son compte twitter. Dans l'ancien temps y avait des règles contre les gens qui participaient pas à leur propre sujet mais je crois maintenant que les appliquer serait contreproductif, donc je vais juste froncer momentanément les sourcils.

Voilà.




Que le meilleur gagne.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
23 janvier 2016 @ 23:33
« Ensuite, on rajoute les oignons hachés menus, les tomates coupées en dés et les haricots noirs, et on fait mijoter les humains ainsi pendant une demi-heure »

Erk'han se lécha ce qui lui tenait lieu de babines.

« C'est atroce ! »
« C'est horrible ! »
« C'est abominable ! Heureusement que nous sommes arrivés à tant pour empêcher ça »

À ces mots, Erk'han s'esclaffa.

« Mon cher, tu ne crois quand même pas que je vous expliquerais mon coup de maître s'il restait une chance que vous puissiez en influencer le déroulement. »

Le reptilien fit une pause.

« J'ai donné les ordres il y a 6 heures. » annonça-t-il aux trois humains tétanisés qui se tenaient en face de lui.


« Bientôt notre race reprendra sa juste place à la surface de cette planète. Il était temps d'agir, vous l'auriez bientôt rendue inhabitable. »

À ce moment, Gautier Kovacs tenta de se précipiter sur le saurien, mais les réflexes de celui-ci étaient bien trop rapide. Il projeta Gautier contre une table qui se brisa sous le choc car elle avait été volée sur un plateau de cinéma.

« Gardes ! Emmenez-les ! » s'écria l'ignoble monstre des profondeurs.

Et tandis qu'on emmenait vers les profondeurs Ynhevr Juspeczyk et ses compagnons, l'immonde Erk'han s'assit dans un fauteuil face à son mur d'écran, grattant distraitement le crâne de son dragon de Komodo favori.

Oh, comme tout avait été simple ! La patience et l'ingéniosité de sa race allaient être récompensées au-delà de tout espoir ! Des années à infiltrer toutes les sociétés humaines, à placer des agents dormants à des postes clefs, des années à miner le système humain de l'intérieur, un patient travail de sape qui allait enfin payer !

Et ces stupides mammifères ne se doutaient encore de rien !
Oh, bien sûr, quelques-un soupçonnaient la vérité, mais leur inefficacité les rendait plus comiques que dangereux. Même le plus malin et informé d'entre eux, un certain Malcolme Hulke, n'avait réussi à avertir de la menace qui menaçait l'humanité que de façon oblique, via une série pour enfants de mauvaise qualité.

Erk'han se prit à regretter que l'agent reptilien à la BBC ait fait retirer cette série, car une telle censure s'était révélée inutile, et une interférence aussi évidente aurait pu faire découvrir toute l'affaire.

Et tandis qu'il savourait ainsi sa victoire et se remémorait le passé, Erk'han fut interrompu par son aide de camp, le soldat Pbh'vy'yb'a.

« Qu'y a-t-il ? »

« Et ben, chef, c'est à propos du livre que nous avez ordonné d'appliquer »
« Quoi ? Pour servir l'Homme ? »
« Oui chef. »

« Eh bien ? »

« C'est pas un livre de cuisine. »




Voilà, désolé pour le retard.


Typhon
 
 
 
Typhon Baal Hammon
01 janvier 2016 @ 18:51
Et Camille vient de m'envoyer le sujet pour Ogma LVIII. Le voici :

Thème : la description d'un complot mondial à asservir l'humanité. Le texte devra contenir au moins ces 3 éléments :

  • la mention d'un auteur/essayiste/philosophe peu connu (mais ayant vraiment existé) ayant démontré de façon ésotérique l'existence du complot

  • une recette de cuisine

  • un dragon de Komodo mâle adulte



Contrainte : forme libre.




Vous avez jusqu'au 22 janvier, minuit, pour plancher là-dessus.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
01 janvier 2016 @ 00:08
Bonne année 2016 à tout le monde.

A contrario d'à peu près tout le reste, 2015 a été une bonne année pour Tétynons Ogma puisqu'il est ressuscité de ses cendres après plus de trois ans dans les limbes.

La LVIIe session de TO se conclut par une victoire de Camille, à qui il incombe désormais de me communiquer d'ici dimanche soir le sujet d'Ogma LVIII. Bravo à elle et merci aux autres participants.

Meilleurs voeux à tous.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
25 décembre 2015 @ 11:04
Bien, nous allons maintenant procéder au vote :



Voilà. Le vote durera jusqu'à la nouvelle année, car tel est notre bon plaisir.
Bonne lecture, et merci à tout ceux qui ont participé.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
25 décembre 2015 @ 02:46

Au matin, je me souviens



Warte, warte nur ein weilchen
bald kommt der schwarze Mann zu dir,


C'est la nature même du monde, c'est à dire la mienne, qui m'amène à ce point.

Je l'ai aimée et je l'aime encore si fort quand je prends la parole que je sens mon ventre se nouer. Je parle.

Elle a les yeux embués de larmes avant même que j'aie fini ma phrase, je sais que je m'y prends mal, mais à vrai dire je n'ai jamais été dans une telle situation, ou du moins je ne m'en souviens pas.

La colère la saisit. Je sens cette colère en moi plus qu'elle ne me parvient d'un "extérieur". Elle ne m'est pas extérieure, en l'occurrence.

Elle me regarde un moment, un long moment à vrai dire, mais le temps est toujours difficile à évaluer dans cette situation.

J'ai du mal à distinguer les contours de la pièce, dans la lumière aveuglante de matin d'hiver qui nous baigne.

– T'es vraiment un salaud de dire ce que tu dis, comment tu peux dire ça, t'es malade

J'étais sûr de cette réaction. Du moins c'est ce que je me dis maintenant.

Il y a un briquet sur la table, je ne sais pas pourquoi je regarde ce briquet, je crois que c'est son briquet. C'est un miracle que j'aie pu lui dire, j'ai tellement de mal à m'exprimer, encore plus dans cette situation qu'en temps normal, je veux dire.

Je ne sais pas ce que je lui ai dit en fait. Ai-je réellement parlé ou simplement inféré une réaction à partir de ma propre pensée ?

Ce ne serait pas incongru ça, mais ça serait bizarre de réessayer, je réessaie néanmoins.

Faut que je revienne au moment où j'ai ouvert la bouche, je n'entendrai pas au sens normal mais je saurais peut-être mieux ce que j'aurai dit car je le changerai dans le processus.

Je reviens en arrière, j'ai toujours cette sensation bizarre car le monde autour de moi, qui est donc moi, garde la mémoire aussi de ce qu'il était avant que je revienne en avant.

L'univers me suit quand je le replie sur moi-même, on ne se quitte pas soi-même, n'est-ce pas ?

Je pourrais faire le salaud j'imagine et ne rien dire, elle ne comprendrait pas ce qui est arrivé.

Mais je l'aime trop pour lui mentir et de toute façon je ne peux pas faire autrement, ce n'est pas comme si je pouvais changer d'avis.

Même quand je reviens en arrière en somme je suis toujours sur des espèces de rails narratifs, ce n'est pas si facile.

Notre idylle a été brève, à vrai dire j'ai déjà oublié l'essentiel des faits, pour autant qu'il y en eût, j'ai surtout une sensation dans la tête, une sensation de chaleur quand j'y pense — et je ne peux pas dire que je dirige mes pensées, elles vont et viennent toutes seules : "je" est une de mes pensées, un peu comme une part émergée d'iceberg contemplant en ce moment, à travers la surface de la conscience, ses oeuvres vives.
La conscience, ce seraient donc les oeuvres mortes.

Ce n'est pas parce que je trouve ce rêve pénible que je peux éviter de le mener à son terme, pour dire les choses simplement.

Elle est là quand je rentre dans la pièce et je lui dit quelque chose, que notre rupture est inévitable. Cette fois je n'entend plus ce qu'elle dit.

Longtemps dans mes rêves les gens n'avaient pas de visage et même encore maintenant mon attention est rarement focalisée dessus. Des informations me parviennent sans que je sache comment et à part retourner à l'un ou l'autre point déterminé, avoir conscience de rêver ne me sert à rien, sinon à me faire mal, par exemple quand je rêve que je rompt.

Alors je me retrouve dans la même situation une fois revenu en arrière, mais pour essayer autre chose, c'est une autre paire de manche. Comment faire différemment de ce qui a été dit ?
Bien souvent à ce point je cale et tout se désagrège, et je crois que c'est encore ce qui va arriver. Mes rêves sont souvent frustrants, mais cette frustration métaphysique de créer l'univers et de ne pas arriver à le changer est peut-être la pire sorte : on est pas maître chez soi dans sa tête.

Là je viens de me réveiller mais dans ma tête tournent encore des bribes de détails et une jeune fille qui cesse lentement d'exister, un fantôme qui retourne au chaos originel de mon inconscient, en me maudissant jusqu'à son dernier souffle.

Mit dem kleinen Hackebeilchen
macht er Schabefleisch aus dir.








Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
23 décembre 2015 @ 21:33
Camille m'ayant envoyé sa contribution par email, je la publie sur mon blog, afin que chacun puisse la lire.

La voici :





Elle aperçoit son page, tout de noir habillé

Au temps béni de l'âge d'or, l'être humain ne connaissait pas la mort. Si peu nombreux ils étaient, les pauvres hommes qu'ils pouvaient croisser et multiplier sans le moindre soucis. Partout on était heureux, tout n'était que fête, joie, bonheur ! Il y avait en particulier, un couple dans un petit village. Pour ainsi dire il vivait d'amour et d'eau fraîche. Chaque jour ils inventaient de nouvelles caresses, de nouveaux jeux, et s'aimaient tendrement.
Puis elle vint. Sourde, aveugle, mais pourtant si dangereuse et sans pitié. Deux enfants jouaient, sur une colline, comme à leur habitude. L'un d'entre eux sollicitait sans arrêt l'autre par des cris et des pincements. Ce dernier agacé le repoussa brutalement. Et l'autre tomba. Il roula, roula, roula, et s'écrasa en bas. Son partenaire se précipita craignant de l'avoir blessé. Le corps blessé, les os brisés, le sang qui coulait de sa bouche se tenait devant lui. Lorsqu'il appela les anciens, ces derniers furent perplexe. On amena le corps dans une remise et on l'abandonna à son sort, espérant sans doute le voir un jour, de nouveau se mouvoir. Mais rien ne vint. Pire : lentement l'enfant devenait une charogne dont l'odeur empestait toute le village.
Alors on prit une décision et le cadavre fut livré aux flammes purificatrices. Notre couple, assista aux funérailles. Si leurs corps n'exprimait aucune émotion, ils en allaient tout autrement de leurs esprits. Car tout leur système de valeur s'effondra, maintenant qu'il était soumis à la tyrannie du trépas. Pas un jour ne passait sans qu'ils ne pensent à ce qui les attendaient. La mort, fauchait un jour que ce soit dans leurs jeunesses ou leurs vieux jours. Ce n'était qu'une question de temps. Alors les caresses se firent moins douce, les jeux moins nombreux. Leurs rapports devenaient de plus en plus violent, ils cherchaient à se faire mal. Pour connaître l'euphorie post mortem, avoir un avant goût en somme. Mais ils se lassèrent de cette recherche de nouvelles sensations. Chacun d'eux regardaient les autres, les amis d'une façon différente, appréciant chaque partie de leurs corps. Ils s'éloignèrent l'un de l'autre, peu à peu, et ce qui devait arriver arriva.
Un jour, ils se réveillérent, et chacun parti de son côté. Et tout fut fini alors que tout commencait.

Monsieur d'Malbrough est mort, est mort et enterré

Camille




Voilà, il nous reste encore un peu plus de 24 heures pour écrire quelque chose. (Pour le moment j'ai vu que deux contributions, si je vous ai oublié, signalez-vous)

Accessoirement, je pense que ce serait une bonne idée que le scrutin dure jusqu'au 31, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.