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Typhon Baal Hammon
18 avril 2014 @ 11:46
Petit message pour rappeler que la TP aura lieu le samedi 26 avril 2014. Et qu'on n'a pas encore décidé de l'heure et du lieu (quelque part dans Paris, mais rien de plus précis pour l'heure)
 
 
Typhon Baal Hammon
31 mars 2014 @ 19:13
Ce week-end s'est produit un événement tellurique qui n'avait pas eu lieu depuis 4 ans et demi (Souvenez-vous) : j'ai changé d'ordinateur.

blabla décousu à propos de ma migration informatiqueRéduire )



Sinon, la Tétyne Partie aura donc lieu le 26 avril. Le lieu et l'heures restent à déterminer.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
14 mars 2014 @ 01:13
Dans l'Océan Indien, plus précisément le golfe du Bengale, au large de la côte Indochinoise, il y a un archipel qu'on appelle les îles Andaman, qui appartient à l'Union Indienne. À l'ouest de la pointe sud de Grande Andaman, le groupe principal de l'archipel, il y a une île appelée "Sentinelle du Nord".

Les îles Andaman étaient peuplées depuis des temps immémoriaux par des peuples différents physiquement du reste des asiatiques, ayant un phénotype plus proche des populations africaines.

Après avoir servi de point de friction entre les puissances indiennes et indonésiennes, les îles Andaman furent brièvement une possession Danoise, avant d'être revendues aux anglais, qui y installèrent une colonie pénitentiaires, étant donné qu'elles étaient loin de tout, et peuplées de primitifs tout nus armés de sagaies, ignorant même comment faire du feu, et qui ne pouvaient donc pas grand-chose pour s'opposer aux desseins carcéraux de la perfide Albion.

Les années de colonisation britannique furent atroces, comme on peut s'en douter, les maladies apportées par les nouveaux venus décimant les indigènes. Les andamanais succombèrent à l'alcoolisme, et les anglais les exterminèrent à l'occasion, mais pas systématiquement.

Là où ça devient intéressant, c'est qu'au moment de la décolonisation, l'Inde, qui récupéra donc les îles, continua la politique de colonisation, faisant des Andamans une vraie colonie de peuplement.

De 50 000 dans les années 1960, la population des Andaman est passée à 350 000 de nos jours. Oui, vous avez bien lu, elle a été multipliée par sept !

Et il ne s'agit pas de la population indigène : eux, malmenés par les nouveaux arrivants qui les concurrençaient dans la chasse au cochon et déforestaient leur habitat, ont diminué jusqu'à s'éteindre, les survivants s'étant totalement acculturés.

La tribu des Jangil a ainsi totalement disparu. Les grands Andamanais ne sont plus que 54, et ils parlent tous Bengali désormais.

Dans le groupe principal des Andaman, seule une tribu montre encore vraiment des signes de combativité. Les Jarawas, qui comptent encore quelque centaines d'individus, sont la tribu qui a le plus violemment combattu les étrangers (parce que les anglais avaient établi des liens avec des tribus ennemies, si j'ai bien compris).

En conséquence de quoi, les Jarawas ont combattus avec violence tous les non-Jarawas, et réussi à préserver une certaine autonomie, une certaine indépendance.

À l'heure actuelle, ce sont vraiment des bêtes traquées, des bêtes curieuses :

Une route a été construite qui passe au milieu de leur territoire, et c'est une attraction touristiques de la parcourir dans le but de voir des membres de cette tribu. Leur territoire ancestral devenu un zoo humain à ciel ouvert où on leur jette des cacahuètes.

Je suis assez pessimiste quant à leur avenir.

La seule autre tribu Andamanaise dont la situation soit meilleure, sur le plan culturel, que celle des Jarawas, c'est la tribu des "sentinelles". Leur nom exact n'est pas connu, ni leur nombre, car ils vivent isolés sur l'île Sentinelle du Nord. Et ils tuent tous les étrangers. Ils ont gardé la férocité ancestrale des Andamans, connues jadis comme les "îles des coupeurs de tête". Quelque rares tentatives de prises de contact ont été des échecs.

Lorsqu'un bateau de pêche a coulé près de l'île, les survivants du naufrage ont été exterminés par les indigènes, il n'y a eu qu'un seul survivant.

Le gouvernement Indien, et c'est tout à son honneur, a décidé qu'il n'avait pas l'intention d'embêter les "sentinelles" plus avant, et n'est donc que nominalement souverain sur l'île, qui bénéficie d'une espèce de statu quo juridique. On est droit de se demander ce qui se passerait s'il y avait du pétrole sous l'île, mais passons, c'est vraiment bien de la part des autorités de leur foutre la paix et de tenter d'interdire l'accès des eaux autour de l'île aux pêcheurs et autres nuisibles...

Quand je lis une telle histoire, plein de questions me viennent.
La première évidemment, c'est "combien de temps leur tranquillité durera-t-elle ?"

Est-ce que, dans un siècle, ou même cinquante ans, les sentinelles seront toujours la même fière et mystérieuse tribu ?
Est-ce qu'un contact, accidentel ou provoqué, avec le monde extérieur, ne causera pas chez eux les mêmes problèmes que chez les autres Andamanais ?

La deuxième question : doit-on les envier, ou bien les plaindre ? Je veux dire, quelle peut être la vision du monde de gens qui ont toujours vécu en autarcie et ont bien l'intention de continuer ? Par définition, on ne pourra jamais le savoir, du moins pas sans provoquer chez eux un traumatisme irréversible.

Est-ce qu'ils ont raison de tuer les étrangers ?

Le sort des Jarawas n'est pas enviable, certes, et c'est dans cette perspective que l'attitude du gouvernement est sage. Mais est-ce qu'ils savent seulement ce qui est arrivé aux Jarawas ? Pourquoi cette haine envers l'extérieur ?

Mais sinon, quelle est la perspective des gens qui vivent là-bas ?
Leur univers se réduit à une petite île au milieu de nulle part. Ils ne savent rien ou presque de 10 000 ans de civilisation humaine.

Est-ce que j'appartiens vraiment à la même espèce qu'eux ? Qu'est-ce qu'on a en commun au fond ?

Je suis un démon extérieur (un monstre ou quelque chose d'approchant) pour eux, et pour moi, ils sont un mystère, un inconnu incompréhensible. Il y a quelque chose de dérisoire dans notre humanité commune. Quelque chose de dérisoire dans la pensée qu'eux et nous (nous pris dans un sens aussi inclusif que vous le désirez) avons des choses à nous dire.

En tout cas, la seule chose qu'ils ont à nous dire, visiblement, c'est "Dehors".

Vous me direz que ce n'est pas la seule tribu de ce genre dans le monde, je suis assez fasciné par toutes les communautés isolées, mais eux poussent le problème à l'extrême.

(Je pense soudain aux amish, un modèle d'ouverture sur le monde à côté des Sentinelles, et pourtant peu d'amish sortent de leur petit univers)

Ce n'est pas seulement qu'ils n'ont jamais eu de contact avec le monde extérieur, c'est qu'ils le repoussent très activement, et jusqu'ici avec succès. Pour eux, manifestement, tout ce qui est étranger à leur univers est intrinsèquement mauvais, et potentiellement destructeur. Peut-on, doit-on les en blâmer ?

Je ne sais plus trop que penser.

Je n'aimerais pas être à leur place, mais même "leur place", c'est une construction mentale : ils n'en ont aucune conscience, ils ne voient pas les choses comme ça. Faut-il leur souhaiter de rester ignorant ?


'Because Andaman's forests are Jarawa infested …'
Vanishing voices of the great Andamanese
Andaman's Jarawa Tribe Women Face Sexual Exploitation by outsiders
List of uncontacted people
Lancement d’un compte à rebours pour la fin des ‘safaris humains’ en Inde








(Moi j'aurais mis "Dirty Human Race") (Vous voyez sur la couverture de l'album un papou rencontrant un blanc pour la première fois et examinant avec méfiance la caméra et son porteur.)

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
01 mars 2014 @ 13:29
« ...a crucial test of a paradigm’s validity and usefulness is the extent to which the predictions derived from it turn out to be more accurate than those from alternative paradigms.
A statist paradigm, for instance, leads John Mearsheimer to predict that “
the situation between Ukraine and Russia is ripe for the outbreak of security competition between them. Great powers that share a long and unprotected common border, like that between Russia and Ukraine, often lapse into competition driven by security fears. Russia and Ukraine might overcome this dynamic and learn to live together in harmony, but it would be unusual if they do.

A civilizational approach, on the other hand, emphasizes the close cultural, personal, and historical links between Russia and Ukraine and the intermingling of Russians and Ukrainians in both countries, and focuses instead on the civilizational fault line that divides Orthodox eastern Ukraine from Uniate western Ukraine, a central historical fact of long standing which, in keeping with the “realist” concept of states as unified and self-identified entities, Mearsheimer totally ignores.

While a statist approach highlights the possibility of a Russian-Ukrainian war, a civilizational approach minimizes that and instead highlights the possibility of Ukraine splitting in half, a separation which cultural factors would lead one to predict might be more violent than that of Czechoslovakia but far less bloody than that of Yugoslavia. These different predictions, in turn, give rise to different policy priorities. Mearsheimer’s statist prediction of possible war and Russian conquest of Ukraine leads him to support Ukraine’s having nuclear weapons. A civilizational approach would encourage cooperation between Russia and Ukraine, urge Ukraine to give up its nuclear weapons, promote substantial economic assistance and other measures to help maintain Ukrainian unity and independence, and sponsor contingency planning for the possible breakup of Ukraine


(Samuel P. Huntington, The Clash of Civilizations, 1997)
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Typhon Baal Hammon
19 février 2014 @ 20:43
OSS 117 est une série de romans d'espionnage qui a visiblement connu un beau succès, et plusieurs adaptations au cinéma.

Afin de parfaire mes connaissances dans ce genre littéraire, j'ai décidé de sélectionner les titres qui me paraissaient les plus prometteurs. Malheureusement, un malandrin a inséré dans ma liste de faux titres inventés de toute pièce et tous moins crédibles les uns que les autres. Saurez-vous m'aider à retrouver lesquels sont les bons titres crédibles et intelligents appartenant à d'authentiques exemplaires de la série, et lesquels sont des créations viles d'un esprit malveillant et porté sur la gaudriole ?

Liste en Lithuanie pour OSS 117Réduire )



PS : Je vais faire un mail et un doodle pour la Tétyne Party.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
J'ai fini récemment les oeuvres complètes d'Albert Cossery, un écrivain que j'ai déjà mentionné sur ce blog, et je voudrais revenir ici sur un de ses romans que j'ai particulièrement apprécié, intitulé La Violence et la Dérision.

Comme la plupart des romans de Cossery, il présente une galerie de jeunes gens marginaux, vivant au jour le jour, dont la principale préoccupation est de séduire des jeunes filles, et portant un regard amusé sur la foule des crétins pressés qui se croient importants. En l'occurrence, dans La Violence et la Dérision, ils se trouvent aux prises avec le nouveau gouverneur de la ville.

« Le gouverneur était une des faces de l'imposture universelle, la face la plus risible, peut-être. Heykal le connaissait de vue, l'ayant souvent aperçu dans la salle des jeux du casino municipal, entouré de ses plus forcenés courtisans.
[...] Heykal était tellement subjugué par l'indéniable bêtise de cet homme qu'il en arrivait à ressentir pour lui une indéniable passion. Cet être atteignait à un tel degré de stupidité tragique qu'on était obligé de le respecter. Il figurait magistralement, à lui seul, la sottise dirigeant le monde
»

Pour combattre cet odieux personnage, les protagonistes mettent au point un plan surprenant, puisqu'au lieu de s'en prendre à lui par la violence, ou de dénoncer ses actions, ils décident au contraire de chanter ses louanges.

« J'ai l'intention de faire imprimer des affiches avec un portrait du gouverneur et un texte glorifiant sa personne. Ce texte sera rédigé de manière si stupidement louangeuse que les plus naïfs seront obligés d'en rire. [...] Jamais ils n'oseraient nous inculper pour avoir dit du bien du gouverneur. [...] Nous allons rendre le gouverneur célèbre dans tout le pays. Il deviendra à tel point ridicule que le gouvernement sera obligé de le destituer »

La Violence et la Dérision est peut-être le roman le plus explicitement politique de Cossery, et mérite amplement d'être lu, comme le reste de son oeuvre d'ailleurs (huit romans, ce n'est pas énorme).

Et si j'en parle aujourd'hui, c'est parce que ceci m'y a fait penser, allez donc savoir pourquoi.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
10 février 2014 @ 23:36
Ce blog est momentanément interdit d'accès à toute personne étrangère au service.

Merci de votre compréhension et excusez-moi pour la gêne occasionnée.

(NB : mes amis LJ ont toujours accès à ce blog).

EDIT : Bon, j'ai tout rétabli. Je dois dire que j'ai paniqué, un peu, mais la vérité c'est qu'une simple recherche google suffit à remonter mes turpitudes, que mon LJ et mon twitter soient en privé ou pas. Et puis l'Univers a besoin de ma lumière, c'est aussi bête que ça. En tout cas, après avoir un peu réfléchi, je crois plus intelligent de tabler sur le manque de curiosité des gens qui ont obtenu par mégarde de ma part des informations compromettantes comme mon pseudonyme.

Cette leçon vaut bien un fromage sans doute (et puis, de toute façon, public ou pas, personne ne lit mon blog. Même ma mère qui a deviné que j'en étais l'auteur, elle ne le lit pas, et pourtant on ne fait pas plus curieuse, à mon sujet du moins).

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
25 janvier 2014 @ 18:19
J'ai récemment sorti une nouvelle version de l'hellénonomatogène.

La première version reposait sur un système tout con de combinaison au hasard entre un début et une fin.

Le nouveau est un peu plus perfectionné, puisqu'il permet de combiner un nombre variable, potentiellement illimité, de racines avant de leur accoller une terminaison. Bien sûr, cette façon de faire n'est pas sans engendrer quelque problèmes, notamment parce qu'il faut trouver un moyen pour que les morphèmes finaux subissent des règles différentes des autres, et mettre en place des règles correctes pour que les mots aient une allure à peu près réaliste, alors même que le passage du grec au français n'a jamais été extrêmement cohérent ou régulier, ne serait-ce que parce que certains mots y sont venu via le latin et d'autres ont été importés "directement".

D'autre part, je ne suis pas très bon en javascript. Il faut dire que ce langage, c'est juste un peu le foutoir...

Je me dis qu'il faudrait que je trouve un système pour combiner des racines grecques d'abord, et ensuite les translittérer en français. Mais ça ce sera pour la version trois, autant dire, pour les kalendes grecques...

En tout cas, si vous y trouvez un bug, un défaut de fonctionnement, une insulte à la mémoire de Zeus, faites m'en part, je corrigerai (si j'ai le temps).












Je me dis sinon qu'il serait appréciable d'organiser une nouvelle TP, si y a encore assez de compagnons de la Tétyne pour que ça ait un sens.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
18 janvier 2014 @ 12:44
La dernière conneries que le gouvernement a trouvé pour faire oublier les précédentes, c'est de remettre sur le tapis le redécoupage régional. On s'excite sur "la réunification de la Normandie", on s'empeigne sur le possible rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, et bla bla bla bli, et bla bla bla.

La vérité est que tout ça n'est que mesquineries d'élus qui veulent des postes pour eux et leur engeance. La notion même de région administrative est une escroquerie lamentable qui n'aurait jamais du voir le jour.

Toutefois, ce qui est fait est fait, et c'est dans le but noble de simplifier la carte de la France que je propose ce redécoupage régional, qui a tout pour plaire : la simplicité, la parcimonie, et surtout, un accord profond avec les vraies valeurs de la France.

Afficher la carteRéduire )

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
12 janvier 2014 @ 03:51
La bonne année !

J'ai enfin répondu au sujet de Lays Farra, qui m'était échu suite à l'entrée précédente. Certes, j'ai pris du retard, mais voilà.






Conte



Il est dit que lors des Premier Temps, quand le monde n'était que froid et méchanceté, chaos et haine grise, Ogmios, dieu de l'éloquence, insuffla à son Élu un désir de poésie, de créativité.
Il est dit que l'Élu entendit en songe l'appel d'Ogmios et qu'au réveil lui apparurent, splendides et terribles, les règles de l'art nouveau dont, en vérité, il allait être le prophète. Alors, il alla prêcher le reste de la création.

Le macareux joueur était à ses côtés, ainsi que le rigolo blaireau. La Déesse Immortelle et Callipyge bénissait ses pas.

La Déesse sans nom, Haynée
Pas comme cette bêcheuse de Déesse sans nom


L'Élu s'assit et dit « Que Tétynons Ogma soit, que pendant une semaine, chacun contribue au Grand Oeuvre défini par l'un d'entre nous »
Et les compagnons protestèrent qu'une semaine ça faisait trop court.
Alors, l'Élu dit « Que pendant deux semaines, chacun contribue au Grand Oeuvre défini par l'un d'entre nous »
Et il ajouta « Qu'à l'issue de ces quinzaine nous élisions un nouveau guide ». Et pour ne pas que le peuple soit confus ou perdu, l'Élu grava les Tables de La Loi de Tétynons Ogma.


Moïse avec les tables de la loi
Vue d'artiste

Et chacun vit que cela était bon.

Ogma I engendra Ogma II
Ogma II engendra Ogma III
Ogma III engendra Ogma IV
Ogma IV engendra Ogma V
Ogma V engendra Ogma VI
Ogma VI engendra Ogma VII
Ogma VII engendra Ogma VIII
Ogma VIII engendra Ogma IX...

Etc...




Codex des Toucans



I



Les paroles de Wladzimirz Szyzzygzy, roi des Toucans du Mexique à Tenochtitlan

II



Vanité des Vanités, dit Wladzimirz, et plus si affinité !

III



Moi, le Macareux Royal, j'ai parcouru les sept mers et les sept terres, au gré des vents.
J'étais là au début des temps.

IV



Vois ces blogs abandonnés en rase campagne, j'ai connu chacun de leurs auteurs, je fus l'un d'eux, jadis, quand j'étais roi sur mon trône. Les Éons passés ont effacé la trace de ma gloire. Je suis Wladzimirz, roi des rois. Regardez mes travaux, vous, les puissants, et désespérez !

V



Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin, où s'ouvraient tout les coeurs, où tout les vins coulaient. Et c'est pour tromper ma lassitude que je créais ce concours d'éloquence.

VI


Lors, le Mal, jaloux de mon pouvoir créateur, me le ravit et le fit sien. Il en pervertit l'esprit et en remplaça le coeur par une mécanique infernale. Et tous se plièrent à son ignoble tyrannie.

VII


Et en quelques années, tout fut flétri. Vois, ceci est vanité et poursuite du vent.

Etc...




Papiers trouvés dans les effets du défunt Typhon B. Hammon



Ce n'est pas sans quelqu'appréhension que je me décide à écrire ces lignes. Moi qui me flattait jadis d'avoir atteint un degré de connaissance, de culture, bien supérieur à celui de mes contemporains, moi qui méprisait jadis leur manque de curiosité, j'envie désormais l'ignorance paisible, l'indifférence bienheureuse, leur cécité totale face à l'horreur indicible de notre réalité. Oui, je voudrais n'avoir jamais rien appris de ce que je sais actuellement, et c'est moins pour des idéaux vains quant à la vérité, auxquels je ne crois pourtant plus depuis longtemps, que pour tenter de me libérer de mes hantises continuelles, que je me décide à coucher sur le papier le récit de mon voyage d'étude à Martha's Graveyard.

Martha's Graveyard est une petite île à la forme curieusement découpée, battue par les vents au large du Cap Cod. Initialement peuplée par quelques indiens Wampanoag, l'île fût de bonne heure occupée par des colons néerlandais, puis anglais. Toutes les îles sont en quelque sorte des mondes miniatures, coupés du continent, et c'est pour cette raison que j'avais décidé d'entreprendre une étude quant à la variation entre l'anglais parlé sur le continent et celui des habitants de Martha's graveyard.

Le 2 avril, je partis du port de Boston, sans chargement excessif. Après une traversée quelque peu houleuse, nous arrivâmes en vue de Martha's Graveyard...


Le soleil était quasiment couché, et devant nous montait un épais brouillard. Soudain, sur la gauche, devant nous, une forme noire en émergea, comme la longue patte de quelque fauve préhistorique. Devant nous l'île grossissait au rythme de notre approche, ses falaises se découpant progressivement dans l'obscurité de plus plus accentuée.
C'est après avoir contourné une petite pointe que nous nous trouvâmes face au port, et la lueur falote du phare au bout de la jetée nous permit d'accoster sans encombre. Les maisons face à nous étaient à peine visible dans la nuit naissante, et la brume leur donnait un aspect fantômatique. Peu de fenêtre laissaient échapper l'éclat de chandelles, l'obscurité régnait dans les rues.

Soudain, j'entendis quelque chose tomber dans l'eau. Je me retournais vers là où étais venu le bruit, mais il faisait trop sombre pour que je visse quoi que ce soit. Je restais hébété à regarder l'horizon, un court instant, mais la malignité des reflets dans l'eau, qui semblaient me regarder en retour, me fit frissonner. Chassant ces préoccupations de mon esprit, je me dirigeai vers l'auberge. L'endroit était rustique, et visiblement j'étais le premier étranger à y réserver une chambre depuis longtemps. Quelques habitués taciturnes sirotaient de l'alcool dans une ambiance morose. Leur hostilité à mon égard me laissait perplexe, mais elle ne risquait pas de me faciliter la tâche.

En montant dans ma chambre, je demandais au patron de me réveiller le lendemain, afin de pouvoir commencer à travailler de bon heure.

— Au fait, vous-même, vous habitez l'île de depuis longtemps, demandai-je ?

— Si fait. M'famille a toujours vécu à Martha's Graveyard, dit-il.

Je perçus alors pour la première fois l'accent chuintant, monotone, assourdi, caractéristique de l'île.
Je me couchai sans plus de cérémonie.

Le lendemain matin, ma fenêtre me laissait entrevoir une grisaille froide et ouatée : le linceul de brume qui enserrait l'île n'avait pas disparu. Dans les rues silencieuses, je marchais. J'avais l'intention, pour me réveiller, d'aller jusqu'à l'extrémité ouest de la baie, le point le plus éloigné du continent.

Le vent était tombé pendant la nuit, il régnait un calme total, absolu. Je ne croisai personne dans les rues, et je restais solitaire durant tout mon trajet vers la pointe. Je supposais que les pêcheurs, qui formaient l'essentiel des habitants à l'année de Martha's Graveyard étaient partis le matin et pas encore rentrés. Le port, de fait, était presque vide.

Une fois arrivé au bout de la pointe, une forte odeur de varech fouetta mes narines, en provenance de la petite crique de l'autre côté. La mer descendait, laissant derrière elle des algues pourrissantes, et j'eût un haut-le-coeur. La crique était également complètement déserte. Pas un oiseau ne faisait entendre ses cris.
Je distinguai soudain un gros rocher noir et blanc, à l'autre bout de la crique, et décidait de prolonger ma promenade afin de l'examiner.

Il était couvert de dessins, d'inscriptions régulières qui formaient des dessins étranges, dont les formes inspiraient un étrange sentiment de méfiance, tout comme la noirceur ichoreuse de leurs lignes fines...
Il me semblait, vu la propreté de la pierre, que ces inscriptions n'avaient pu être réalisées que tout récemment, mais leur écriture m'était totalement inconnue.

Lorsque je me redressai, je m'aperçus que je n'étais plus seul. Un peu plus haut sur le chemin, un homme entre deux âges s'approchait lentement, dans un silence total qui expliquait que je ne l'aie pas entendu avant de me relever.

Je ne saurais dire pour quelle raison exactement, mais ce passant relativement anodin et guenilleux m'inspira une sorte de malaise... Il n'y avait aucun doute pour moi qu'il m'avait vu examiner la pierre blanche. Je n'osai pas repartir, mais son approche silencieuse ne faisait qu'augmenter. Il arriva à mon niveau, et je sentis son regard se poser sur moi. Il me toisa ainsi pendant un instant, sans doute, mais qui me parut durer une éternité. L'expression de son visage était totalement impénétrable. Il ne dit pas un mot, il n'émit pas un son. Puis il reprit son chemin et s'enfonça dans la végétation.

Je repartis vers la ville, bien décidé à recopier les inscription de la pierre, et à les envoyer aux spécialistes des langues anciennes de l'université de Miskatonic.

Cependant, une inquiétude sourde m'inspira que je ne devais pas être surpris à nouveau à côté de cette pierre. Je décidais d'agir cette nuit-même, à une heure où tout le monde serait couché.

Le reste de la journée, j'essayais tout de même de faire le travail que j'étais venu entreprendre sur le dialecte de l'île. M'entretenir avec les clients de l'auberge s'avéra difficile. La plupart d'entre eux venaient, buvaient repartaient.
Cependant, l'un d'entre eux voulut bien m'accorder un peu de son temps.

Il me raconta une légende que, disait-il, racontaient les indiens qui peuplaient l'île avant l'arrivée des européens.
Voici ma retranscription de ses propos, effectuée au fur et à mesure qu'il parlait. Les r étaient prononcés comme des vibrante apicales, les s plus ou moins palatalisés, les voyelles toutes traînantes, postérieures, brèves.

« Moi c'que j'en dis... J'vais plutôt t'raconter une histoire, mon gars, une légende d'ici, qu'me racontait le père, y a longtemps, il la t'nait d'ses ancêt' indien, qu'avaient t'jours vécu ici. Ça racontait qu'au premiers temps de l'île, les pêcheurs rev'naient les mains vides. Comme y zétaient su'l'point d'crever d'faim, y a un d'leur sorcier leur promit de toujours revenir filets pleins, à condition d'faire une offrande aux Dieux de la mer...
Pour une centaine de générations, l'île fut prospère. Mais l'île commença de dépérir lorsque les hommes blancs arrivèrent, ruinant les traditions
»

M'ayant ainsi proprement déprimé, le vieil homme repartit tranquillement. Je restais assis à ma table, et mes pensées revinrent vite vers la pierre blanche. Je résolvait de recopier son contenu discrètement. J'avais de quoi recopier les symboles rapidement dans ma musette, du plâtre pour faire des empreintes... Je me décidai à le faire dès cette nuit.


Le soir, je fis semblant de dormir, éveillé tout feux éteints dans ma chambre.
Vers deux heures du matin, je descendis en silence dans la rue.
Je marchais ainsi sous la lueur blafarde et irréelle de la pleine lune, progressant avec difficulté car le moindre bruit me faisait sursauter.

Arrivé à la pointe, je regardai sur la plage...

Trois hommes entouraient la pierre, agitant des torches. Ma terreur en cet instant fut aussi vive que passagère : je me dis que ce devaient être des contrebandiers.

Je décidai d'essayer de m'approcher discrètement pour surprendre leur conversations, lorsqu'un détail me pétrifia : sur la pierre, ils étaient en train de ligoter une toute jeune fille.

Et eux n'étaient pas des contrebandiers, mais des sacrificateurs.

Et elle m'avait vu ! Elle cria en se débattant et en m'appelant moi à l'aide. Je n'avais d'autre choix que de courir vers eux avant qu'ils ne courussent vers moi. Avec une rapidité dont je ne me serai pas cru capable, je sautais sur mes adversaires comme un beau diable, tant et si bien que la petite eut le temps de défaire ses liens et de fuir.

Cependant, les trois autres s'étaient relevés. Je crus ma fin arrivée.

— C'est quoi ce guignol ?
— Il n'est pas d'ici.
— Après ce qu'il a vu, on ne peut pas le laisser repartir
— Bah, ça n'aurait pas marché
— Mais enfin, que croyez-vous faire, messieurs, demandai-je enfin ?
— Mais si, ça aurait marché. On a tous essayé : du poisson, du gibier, des fruits, des statues... Ce qu'il veut c'est du sang de vierge !
— Tu n'en sais pas plus que moi.
— Mais si.

— Mais de quoi parlez vous ?
— Nous ne sommes mêmes pas sûr de son nom
— Le protecteur de l'ile
— tout est écrit sur la pierre, mais nous ne savons pas la lire.

— Et c'est au nom de cette superstition que vous iriez tuer cette pauvre enfant ?

— Non, jamais on tuerait au nom d'une simple superstition...

Alors qu'il achevait sa phrase, la terre trembla. Comme si un énorme animal venait de taper du pied. Un frisson me parcourut en entier.

— Il arrive. Comme à chaque pleine Lune !

L'horreur sans nom était juste derrière nous, et je n'osais pas la regarder en face. Mes compagnons de circonstance étaient livides. ils auraient fui à toutes jambes si la peur ne les avait pas cloués sur place.
Et c'est alors que je baissais la tête, que je remarquais que les symboles de la pierre me paraissaient soudain familiers. Cela était semblable à une écriture amérindienne, ainsi qu'à celle utilisée dans les manuscrits pnakotiques. Des bribes de version me revinrent en mémoire... Et je découvris quelle était la nature des offrandes.
Je me retournais pour faire face à Hogkthmhta, le chaos sans forme, la chèvre noire aux mille pis, et l'ignominie indicible de son corps non-euclidien faillit me faire perdre la raison.

Mais je réussit à lui donner ce qu'il voulait. J'avais dans mon esprit une histoire construite de façon à apaiser sa faim.
Et c'est pourquoi, avec les années, je me suis occupé de plus en plus d'écrire ce que mes collègues de Miskatonic appellent mes "idioties". Afin d'apaiser ce monstre qui n'a cessé de me hanter.

Et à l'heure où mes forces m'abandonnent et où Hogkthmhta se prépare à dévorer le restant de mon âme appauvrie, je me dois de livrer au monde le seul moyen de rassasier son infernale faim sans qu'il ne puisse prendre possession du monde. Les personnages des histoires qu'il dévore lui sont moins savoureux que des vrais, mais un auteur compétent suffit à le satisfaire, si l'histoire satisfait certaines propriétés, que j'ai dûment consignées au fil des ans. Je les lègue à la postérité humaine.


Adieu !

[Suivent les règles de Tétynons Ogma ]




Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
22 décembre 2013 @ 00:48
Vivement que se termine cette année de merde.

En attendant, et puisque c'est Noël, je propose le jeu suivant, qui ressemble un peu à Tétynons Ogma.

Je vais proposer un sujet (c'est à dire une contrainte et un thème), tels que définis dans le règlement de TO.

Si quelqu'un veut traiter ce sujet, il postera alors en commentaire de cette entrée un autre sujet.
Si quelqu'un veut alors traiter ce sujet-là, il devra à son tour en poster un autre, et ainsi de suite.

Après trois jours, le dernier sujet posté m'écherra et je le traiterai.

Il n'y a rien à gagner de spécial que la gloire immortelle, je ne sais pas si j'aurai le cœur de relancer TO, sous sa forme originale ou sous cette forme. Vous aurez compris que je manque de temps et d'envie pour écrire, surtout pour écrire des trucs biens.

Bref, sans plus attendre, voici le sujet que je propose :


Thème : L'histoire que vous raconte une musique, qui vous vient à l'esprit quand vous écoutez spécifiquement une certaine musique. Incluez la musique avec votre contribution.
Contrainte : Faites des propositions (pas des phrases, des propositions) d'au moins sept mots

Mises à jour


Le Créateur Fou a traité ce sujet et en propose un autre :

Thème: Le détail. Une situation apparemment normale, un détail qui cloche, la normalité qui s'effondre.
Contrainte: Vous alternerez le récit entre le point de vue de deux personnages.



Ce sujet a été traité par Lays Farra, qui propose le sujet suivant :

Thème : Un mythe cosmogonique qui relate la naissance de Tetynons Ogma (solution optionnelle : l'invention de l'écriture).
Contrainte : Écrire trois versions du mythe, similaires mais subtilement contradictoires.



Je précise qu'on n'est pas obligé de traiter un sujet immédiatement (même si c'est pas mal, il faut le dire), du moment qu'on dit qu'on le prend, et qu'on donne un autre sujet en retour.




Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
06 décembre 2013 @ 07:22
« Heureusement qu'il est plus là pour voir tous ces crétins charognards se prosterner devant sa dépouille... »
« Ouais, heureusement, parce que s'il était là, il se retournerait dans sa tombe »





Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
26 novembre 2013 @ 03:00
Y a pas à dire, je m'améliore en résolution des erreurs sous nunux. Souvenez-vous, dans l'épisode précédent, j'avais fini par tout réinstaller, tel le neuneu windowsien moyen.

Ce coup-ci, y a pas à dire, j'ai réussi à être malin, c'est une belle victoire.

Que s'est-il passé ?

Et bien, suite à l'installation du dernier noyau en date (linux-image-3.2.0-57), j'étais confronté à des erreurs aussi nombreuses que pénibles à chaque fois que je lançais apt-get. Apt-get, c'est l'utilitaire d'installation des programmes sous Linux. Il est très pratique. Enfin, le système de gestion de paquet est pratique, l'utilitaire lui-même est assez chiant. Mais bon, il paraît que c'est mal d'utiliser aptitude sous ubuntu, alors en attendant de passer à Debian/Arch/BSD/whathaveyou (ce qui attendra vraisemblablement mon prochain ordinateur, voire le suivant), je le garde.

Bref j'avais ce genre d'erreurs :


Les paquets suivants contiennent des dépendances non satisfaites :
linux-headers-generic : Dépend: linux-headers-3.2.0-57-generic mais ne sera pas installé
E: Dépendances non satisfaites. Essayez « apt-get -f install » sans paquet
(ou indiquez une solution).


Et quand je lançais la commande apt-get -f install, je mangeais de ceci :



Dépaquetage de linux-headers-3.2.0-57-generic (à partir de .../linux-headers-3.2.0-57-generic_3.2.0-57.87_amd64.deb) ...
dpkg : erreur de traitement de /var/cache/apt/archives/linux-headers-3.2.0-57-generic_3.2.0-57.87_amd64.deb (--unpack) :
impossible de créer « /usr/src/linux-headers-3.2.0-57-generic/include/config/usb/serial/motorola.h.dpkg-new » (pendant le traitement de « ./usr/src/linux-headers-3.2.0-57-generic/include/config/usb/serial/motorola.h »): Aucun espace disponible sur le périphérique
Aucun rapport « apport » écrit car MaxReports a déjà été atteint
dpkg-deb : erreur : le sous-processus coller a été tué par le signal (Relais brisé (pipe))
Des erreurs ont été rencontrées pendant l'exécution :
/var/cache/apt/archives/linux-headers-3.2.0-57-generic_3.2.0-57.87_amd64.deb
W: A attendu dpkg --assert-multi-arch mais il n'était pas présent - dpkgGo (10: Aucun processus enfant)
E: Sub-process /usr/bin/dpkg returned an error code (1)



Je suspectais fortement que le problème était lié au manque de place sur /boot, que pour des raisons compliquées et assez tordues j'avais collé sur une partition séparée du reste, durant une n-ième réinstallation (dont j'ai omis de parler sur ce blog, je crois). Toujours est-il que mettre un /boot à 100 Mo, ça s'est avéré être un peu juste : en gros, tout les quatre noyaux, je dois virer un ou deux des vieux pour que les nouveaux puissent s'installer. Nous allons voir que c'est effectivement lié, mais pas comme je le croyais.

Toujours est-il que mû par cette intuition, et ne comprenant pas pourquoi le manque de place sur /boot ne m'avait pas été signalé comme de coutume, je décidai de virer un vieux noyau (3.2.0-54) pour faire de la place au nouveau venu qui faisait des difficultés. Las, apt-get refusa de le supprimer, argüant de son problème de dépendance (j'ai pas de problème de dépendance, j'arrête quand je veux) et me renvoyant dans mes 22 mètres avec une obstination toute linuxienne.

Sauf que j'ai bien fini par me rendre compte (en virant manuellement initrd.img-3.2.0-54-generic hors de /boot ) que le problème n'était pas le manque de place sur /boot. Il y avait quand même 25 Mo de libre. Ça paraît peut-être maigre mais pour moi ça veut dire beaucoup c'est largement suffisant pour coller un nouveau noyau.

Et pourtant je n'arrêtais pas d'obtenir cette erreur :


impossible de créer « /usr/src/linux-headers-3.2.0-57-generic/include/config/usb/serial/motorola.h.dpkg-new » (pendant le traitement de « ./usr/src/linux-headers-3.2.0-57-generic/include/config/usb/serial/motorola.h »): Aucun espace disponible sur le périphérique
Aucun rapport « apport » écrit car MaxReports a déjà été atteint
dpkg-deb : erreur : le sous-processus coller a été tué par le signal (Relais brisé (pipe))



"Aucun espace disponible" ? Mais enfin, foutredieu, saloperie, y a plein de place ! Sur / tu as deux putains de Go ! Qu'est-ce que tu m'emmerdes ???

Et c'est en fouinant sur Internet que j'ai compris comment un système de fichier brave et honnête pouvait être vide à moitié et se dire plein comme un oeuf en toute bonne conscience.
Il se trouve que pour chaque partition sous Linux, il y a un nombre limite de noeuds d'index, qui est créé en même temps que la partition. Et chaque fichier occupe un noeud d'index.
Par conséquent, si vous avez un nombre incommensurable de petits fichiers, la commande df pourra vous montrer plein de place sur le disque, et pourtant, vous ne pourrez plus créer de fichier et vous ne saurez pas pourquoi.

Et bien si vous tapez df -i, vous pourrez voir par vous-mêmes combien d'inodes sont libres sur chaque partition. Et c'est pas du luxe. (J'ai découvert tout ça grâce à cette page)

Bref, il y avait donc un endroit où plein de petits fichiers se terraient, a priori inutiles, et disposant chacun d'un noeud d'index, de sorte que df -i me montrait que sur la partition /dev/sda6 sur laquelle était montée / avait 100% d'occupation d'inodes... Je suppose que j'aurais eu plus de problèmes si /home avait été sur la même partition, mais en l'occurrence ce n'est pas le cas (ce qui est bien pratique si d'aventure le système devient inutilisable. Je pourrais formater / et coller une toute autre version de linux sans toucher à mes fichiers personnels, y compris ma configuration de Firefox et mes archives mails).

Restait donc à traquer les fichiers qui me bouffaient mes noeuds et à leur mettre la misère. Pour ce faire, j'ai trouvé cette commande for i in /*; do echo $i; find $i | wc -l; done

Et c'est là que j'ai découvert l'horreur.
En effet, là, terrés dans /usr/src, il y avait près de 600 000 putains de fichiers ! (à titre de comparaison, mon /home représente un total de 120611 fichiers, et pèse 212 fois plus lourd en terme de nombres d'octets)

Et qu'est-ce que c'étaient ces fichiers ? "linux-headers-3.2.0-26..."

De vieux fichiers d'en-tête de vieilles versions du noyau. Qui traînaient-là depuis perpète... Typiquement le genre de fichier dont j'aurais cru pouvoir me débarrasser en supprimant des paquets. (En l'occurrence, j'ai encore été obligé de les virer manuellement avec un bon vieux rm -rf. apt-get m'ayant envoyé chier comme à son habitude)

Tout ça m'a causé pas mal de soucis (Quand bien même linux est stable, faut faire gaffe avec les noyaux.

Tout ça pour dire : si vous êtes sous linux, qu'il y a de la place sur votre système de fichier, que vous pouvez accéder à votre disque dur sans trop de problème, et qu'on commence à vous dire "no space left on device" ou une connerie de ce genre, partez à la chasse aux petits fichiers inutilisés qui consomment vos inodes.
Voili voilou.

L'information est là, sur Internet, mais éparse, il faut réunir des morceaux récoltés en 4 ou 5 endroits différents, c'est vraiment pas facile. Il fut un temps où Grub montrait par défaut le choix du noyau au démarrage. Maintenant, pour l'obtenir il faut maintenir la touche Maj enfoncée, sinon, on a juste droit à un écran noir, pour ne pas effrayer les neuneus je suppose.

À mon avis c'est une erreur. Si y a bien un moment où un ordinateur doit afficher tout plein d'information de cette façon si typique des terminaux textuels, c'est bien au départ de la machine. Une fois que le démarrage est terminé il est temps de lancer l'interface avec pleins de couleurs qui tournent et qui font des bulles. Mais avant, les logos à la con et les écrans vides, laissez-ça à Windows, par pitié...

Soit dit en passant, c'est vraiment essentiel d'avoir un noyau bien configuré, jusqu'au bout. Ça peut faire une différence de 15°C pour le processeur.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
Mieux vaut s'adresser au principe premier qu'à ses hypostases.









Typhon
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Typhon Baal Hammon
24 novembre 2013 @ 02:55
LOVE PEACE AND HARMONY... VERY NICE, VERY NICE, VERY NICE... MAYBE IN THE NEXT WORLD !
 
 
 
Typhon Baal Hammon
29 octobre 2013 @ 03:07
J'avais lu, il y a très longtemps, quand j'étais un enfant innocent aux joues roses et à l'âme pure, le tome 4 de l'Incal, de Moebius et Jodorowsky, Ce qui est en haut.


Couverture du Tome 4


De cette lecture, j'avais eu l'impression d'avoir entr'aperçu un univers très riche, des éléments d'une intrigue galactique puissante, grandiose et complexe.

Récemment, ayant eu de nouveau l'Incal en tête, j'ai donc lu les trois premiers, relu le 4, et lu les deux derniers.

Et bah putain, j'ai été déçu ! Il s'avère que Ce qui est en haut, c'est, de loin, le meilleur de la série.

Entendons nous bien : la richesse de mondes comme celui du Seigneur des Anneaux ou de Dune tiens en bonne partie du trompe l'oeil, et de notre volonté de prendre au sérieux les noms à consonance étrange répandus au gré des pages. Néanmoins, dans les deux romans, nombre de concepts sont expliqués, à la fois en termes tels que nous pouvons au moins nous les représenter, et aussi en termes de leurs conséquences pour les personnages.

Je donne un exemple pour que ça ne devienne pas trop abstrait : la Voix, dans Dune. Une façon de parler qui force les autres à obéir, à moins qu'ils ne se soient spécifiquement entraînés à lui résister. On apprend son existence lorsque la révérende Mère s'en sert sur Paul Atréides, manifestement pour asseoir son pouvoir sur lui.

Dans l'Incal, il y a très peu de ça. Les concepts sont effleurés les uns à la suite des autres, sans être tellement fouillés. Les personnages, idem. L'histoire est centrée au début sur un personnage assez peu intéressant, John Difool, puis sur un groupe de personnages globalement assez peu développés. On n'apprend tout simplement jamais la motivation des méchants. Finalement, l'univers est détruit et recréé à l'identique. Comme ça, pour déconner.

Alors on peut toujours citer les décors hallucinants de Moebius (la forêt de cristal, notamment), mais à ce compte-là je préfère Blueberry (et notamment le diptyque La mine de l'Allemand perdu/Le Spectre aux Balles d'Or)

Typhon
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Typhon Baal Hammon
27 octobre 2013 @ 02:05

Quand l'air sera liquide, l'eau solide, la terre... feu
(Kat Onoma)



« Azraël, qui a éteint la lumiè-re »

Dans le hall de l'aéroport se tenait un homme grand, quelque peu dégingandé.

Bergamasque, car c'était lui, un sourire de sphinx posé sur les lèvres, se réjouissait du "bon tour" qu'il avait joué à son "éternelle" nemesis, le "commissaire" Jordan McLaren.

Il alluma un cigarillo, et relut les dernières pages du petit carnet bleu qu'il tenait à la main. Puis, satisfait de ce qu'il y lisait, il le jeta au fond d'une poubelle et sortit.

Il n'avait plus rien à faire dans cet endroit rempli de gens.

Et il devait recommencer à courir.
Il frissonna de peur, tout d'un coup.
Tout à sa joie, il avait oublié que l'essentiel était ailleurs.

Bergamasque héla un taxi et lui indiqua une direction vague. Il était manifeste qu'un homme si bien habillé, quoique dans un style vieillot, avait de quoi payer un trajet en taxi vers quelque direction que ce soit.

Le chauffeur de taxi était un jeune asiate, il devait avoir moins de trente ans, et fit la conversation à Bergamasque pendant le trajet, de façon quelque peu unilatérale : Bergamasque se contentait d'acquiescer poliment et de relancer, ça et là, par des questions simples sur un sujet qui avait déjà été évoqué. De lui, il ne dit rien et seulement pas son nom, étant entendu que ce genre de chose ne pouvait pas intéresser le chauffeur de taxi.

C'est au 59 rue Asmodée que le taxi s'arrêta. Bergamasque régla avec un généreux pourboire, et disparut instantanément dans l'obscurité oppressante autour de la voiture. Seul un faible lampadaire, à quelque dizaines de mètre, éclairait la rue déserte, aucune lumière ne provenait des fenêtres. Les immeubles paraissaient vieux et en mauvais état.

En redémarrant, le chauffeur crut voir une grande ombre passer devant le lampadaire. Des bribes de mots qu'il ne comprit pas parvinrent à ses oreilles.
Son service était fini, et il sortit de l'histoire sans trop d'émotions.

Par delà les escaliers de la petite place au bout de la ruelle privée, Bergamasque était chez lui, au Bergamasque-Hôtel.

« Esprit-de-vin, vif-argent, soufre, salpêtre, salive, langues de chat et de vipères desséchés, oeil de salamandre, lait de vierge et sang de bouc, par mes mânes... 𓇓𓏲𓏏𓐍𓃩𓀺, аше Юхе цабщ Сич҉... Ѵабгде жяц ! »

Jupiter était visible par la fenêtre, et en dessous, un parc entouré de grilles, dans lequel s'amusaient à des jeux de balle de jeunes gens dont les rires joyeux parvenaient, assourdis, à Bergamasque. Il se retourna et les chercha du regard, car ils devaient être fort près, mais ses yeux ne virent que des silhouettes lointaines et évanescentes sous la lueur blafarde de la Lune.
Quant à les rejoindre...

Le feu crépitait tranquillement tandis que le balancier de l'horloge égrenait lentement les secondes. Une légère odeur de tabac régnait dans la pièce, imprégnait les coussins et les fauteuils anciens. Des boiseries vernies sur lesquelles dansait la lueur incertaine d'une vieille lampe à pétrole et autres quinquets aux lumières chaudes, un portrait de femme, et bien d'autres choses s'offraient à son regard.
Les murs étaient couverts jusqu'au plafond de livres, parfois très anciens et indéchiffrables, d'autres, remplis de frivolités. Dans un recoin, juste en dessous du plafond, il y avait un panneau de la bibliothèque sur lequel était peint un grand diable rouge, cornu et grimaçant, dans un style fauve, naïf. Bergamasque ne l'ouvrait jamais et ignorait ce qu'il contenait. C'était évidemment l'enfer de la bibliothèque, car toute bibliothèque bien tenue est pourvue d'un enfer.

« Carthage », murmura-t-il, encore. Et d'autres souvenirs effacèrent ceux qui lui occupaient l'esprit. Son imagination était comme la corolle d'une fleur. Il ne tenait pas particulièrement à s'assoupir, un verre d'absinthe à la main, car il voulait encore écrire des livres pour pouvoir les oublier. Sa plume manqua de lui glisser des mains et il eut un petit rire.
Mais pourquoi Diable.
Les moulures du plafond lui renvoyaient son regard, bêtement, de petits angelots en stuc, ou en pseudo-stuc. L'un deux semblait ouvertement rire de Bergamasque, qui en fut tout d'un coup passablement irrité. Un moment, il eut envie de coller une fessée à ce galopin moqueur. Un cri assourdi et très lointain provint de dehors.

Bergamasque était somnolent, en vérité. Il se sentait guidé par une conscience supérieure à la sienne vers quelque mystérieux point d'orgue de son existence quand il était d'humeur romantique.
1147, à Milan, tu n'étais pas là.

Mais il n'y avait pas de raison d'y repenser, enfin. Et nul n'y repensa.

Bergamasque sentit la fatigue le quitter pour être remplacée par une humeur plus guillerette et primesautière. Prestement, il sauta hors de son siège et esquissa quelque pas de danse, avant de se reprendre. Nulle musique qu'intérieure guidait ses pas.

Des pas dans le couloir. Des coups à la porte. On frappe.

Bergamasque ouvrit la porte, qui donnait sur un couloir noir, noir comme la nuit, noir comme l'encre, noir comme la mort.

« Entrez », dit-il.

On entra.




Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
15 octobre 2013 @ 22:03
Un paragraphe de ponctuation pratique

§

Les point d'interrogation, c'est pratique ?
Les points d'exclamation, c'est pratique !
Les points, c'est pratique.

Les flèches → pratiques
Les chevrons <pratiques>
Les points-virgules ; pratiques
& les esperluettes

Les guillemets c'est "pratique"
Les virgules, pratiques
Les deux points : pratiques
Les points de suspension...

Pratiques.

Les parenthèses (pratiques),
Les crochets [pratiques],
les accolades {pratiques},
Les astérisques*,

Le point d'ironie, c'est pratique ؟
¡¿ Et les marques de ponctuation renversées, caramba ?!
Indubitablement, les puces, elles sont :
        • Pratiques
        • Pratiques
        • Pratiques


*pratiques




Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
12 octobre 2013 @ 14:13
Hier, le RER B a été sujet à un "mouvement social" qui a raréfié les trains au point de les transformer en wagons à bestiaux.

Merci à toutes ces saloperies de grévistes qui tiennent la région par les couilles, le savent, et usent et abusent de leur position. Ils emmerdent des millions de gens qui ne peuvent rien faire contre eux.

Merci à la gestion débile de la région Île-de-france, au poussah délinquant Huchon et à tous les crétins du Stif de verser autant de fric à développer le tramway plutôt que dans des trucs qui bénéficieraient aux franciliens n'habitant pas Paris (i.e. 80% d'entre eux)

Et merci à tous les Français d'avoir fait le choix de la centralisation et d'empiler toujours plus de monde à Paris tandis que le reste du pays devient un désert.

Bravo les gars.

This is why we can't have nice things


Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
30 septembre 2013 @ 02:26
J'ai pas mis à jour ces derniers temps, mais pour une fois, j'étais vraiment occupé, c'est pas seulement que j'avais la flemme ou que je manquais d'idée, j'avais des vrais trucs à faire dans la vraie vie. Des trucs sérieux, et tout, mais je vais pas en parler, je préfère parler de mes loisirs :

Mon dernier projet à la con, c'est l'apprentissage de Haskell. Haskell est un langage de programmation plein de belles abstraction mathématiques.
Est-il possible de s'en servir quand on n'a pas fait d'études de mathématiques et si oui, peut-on en faire quelque chose ?
Vous aurez peut-être la réponse sur ce blog si mon cerveau ne ruisselle pas par mes oreilles.
Vu la complexité de ce machin, je vous prie de croire que ça n'est pas gagné.

Par exemple, mettons que je veuille exploiter le curry (une épice que les programmeurs aiment bien) :

+3 n renvoie une erreur. Admettons, j'ai oublié les parenthèses.

(+3) n marche.
(3+) n marche. Youpi.
(3-) n marche.
(-3) n renvoie une erreur. Ah ben merde, mais c'est que c'est pas régulier du tout ce système !

Ça marche pas parce que Haskell interprète tout d'un coup (-3) comme le nombre -3 au lieu de la fonction curryfiée correspondante.
Mais si j'ai mis des parenthèses autour, y a une RAISON, bordel, je m'amuse pas à mettre des parenthèses autour de nombres négatifs seuls !
[Note: En fait, si j'ai bien compris, c'est une collision entre deux fonctions Negate et Subtract qui partagent l'opérateur -]
Et non, mettre un espace avant ne marche pas. map (+ 3) fonctionne, mais pas map (- 3).

Maintenant, testons ça :

map ((-)3)

Et ben que croyez-vous qu'il arriva ? Mais oui ! Quand on applique la fonction - à un seul argument, curry oblige, l'argument en question est traité comme le premier argument. Du coup ((-)3) est une fonction qui soustrait son argument à 3 au lieu de soustraire 3 à son argument.
Il est intéressant de constater par ailleurs que (^3) n marche comme on s'y attendrait en renvoyant le cube de n, mais que ((^)3) n renvoie 3n. Idem pour /.

Pour soustraire 3 à une liste, il faut donc faire map (+(-3)) ou map (subtract 3). Je présume que quand on le sait, c'est évident.

Bien sûr, tout ça c'est dans la doc.

Reste à savoir si avoir des fonctions infixes avec des règles bizarroïdes est plus ou moins contre-intuitif que de n'avoir que fonctions préfixées comme en Lisp (ou postfixées, comme en Forth).

Enfin bon, Haskell c'est très amusant, et ça me donne tout plein de façons de ruiner mon pécé :

Si vous dites à un ordinateur de compter jusqu'à l'infini, il le fait.
Comme quoi, c'est pas si intelligent que ça, un ordinateur.

Quand je pense qu'on nous parle de "singularité"... Moi je dis, la singularité arrivera non pas parce que les ordinateurs deviendront de plus en plus intelligents, mais parce que les êtres humains deviendront de plus en plus bêtes.

D'ailleurs, depuis que je me suis mis à Haskell, j'ai pris une conscience aigüe de ma bêtise crasse. Je me sens toujours bête quand je programme, ce n'est pas le premier langage dont j'ai l'impression qu'il est plus malin que moi, mais là, la différence devient tellement grande que j'ai l'impression qu'il se fout de ma gueule.

Je crois que l'attrait du luddisme et des esthétiques réactionnaires, c'est en grande partie l'attrait d'un monde plus simple.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
18 septembre 2013 @ 18:02
Avant, je croyais que les gens étaient idiots.

Aujourd'hui, je me demande s'ils ne sont pas paresseux intellectuellement en général, mais capable de raison (dans certaines limites) dans certaines circonstances bien précises.

Quand on s'attaque à leur porte-monnaie, par exemple.

D'un autre côté, il me semble que le stress est mauvais pour la santé et pousse à prendre des décisions irrationnelles.

J'ai du mal à voir si ça devrait affecter mon opinion de l'humanité dans un sens ou dans l'autre, qui pis est.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
Attention : ce texte hautement déstructuré contient des assertions sans fondement, des raisonnements absurdes basés sur des supputations non moins absurdes ainsi que sur une ignorance totale du sujet, à propos de choses que l'auteur ne comprend pas bien lui-même, car il se terre peureusement dans une grotte isolée de tout contact social.

Vous êtes prévenusRéduire )



Message de service sans rapport avec le reste : Il est temps d'organiser une nouvelle TP. Appel à toutes les voitures.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
03 septembre 2013 @ 13:16
Art  
Un de ces quatre, je vous parlerai d'histoire de l'art. En attendant...






Typhon
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Typhon Baal Hammon
« – Et pourquoi sommes-nous pauvres ? demanda l'enfant.
[...]
– Écoute, petit, va t'assoir dans un coin et laisse-moi travailler. Si nous sommes pauvres, c'est parce que Dieu nous a oubliés, mon fils.
– Dieu ! dit l'enfant. Et quand se souviendra-t-il de nous, père ?
– Lorsque Dieu oublie quelqu'un, mon fils, c'est pour toujours. »

(Albert Cossery, Les Hommes oubliés de Dieu, "Le Coiffeur a tué sa Femme" )

Cet été, j'ai découvert l’œuvre d'Albert Cossery, un écrivain Égyptien ayant émigré à St-Germain des Prés dans les années 1940, et passé les soixante années suivantes à habiter à l'hôtel, sans exercer aucune activité professionnelle, et en écrivant environ un livre par décennie, comptant sur ses amis et admirateurs pour lui payer le déjeûner, le dîner, et l'hôtel (il semble qu'il ait été bénéficiaire de la loi de 1948, de sinistre mémoire pour les propriétaires parisiens, et qui permettait de payer une chambre d'hôtel au mois).

J'ai récemment terminé le premier tome de ses œuvres complètes, et j'en recommande fortement la lecture, surtout en cette période de trouble pour l'Égypte.

Question : Lorsqu'on est oublié par Dieu, n'est-il pas naturel de se tourner vers le Diable ?



Pour répondre plus en détail à ce commentaire :
Je sais que je n'ai pas beaucoup posté ces derniers temps.

Il se trouve que je manque énormément d'inspiration pour faire du blog en ce moment.

J'ai différentes idées de posts que je n'ose pas écrire parce que je m'estime encore trop ignorant pour les écrire correctement (Des idées parfois vieilles d'un an), je n'arrive plus à écrire de fiction (j'aimerais bien retrouver l'esprit des aventures de Jordan McLaren, mais je n'ai pas envie de m'imiter moi-même). Et puis, il s'est produit divers événements qui m'ont fait envisager sérieusement d'arrêter ce blog.

En outre, je suis occupé (depuis en gros un mois, quoiqu'avec de nombreuses pauses) à écrire un texte autobiographique aussi détaillé que possible, retraçant très précisément certains événements récents, dont la valeur littéraire doit côtoyer le zéro absolu, qui révèle tout un pan de la vie personnelle de plusieurs personnes citées nommément.

Texte qui ne verra donc jamais la lumière du jour (ou alors dans très longtemps, genre 20 ou 30 ans), et que je tiens néanmoins à terminer parce que je veux fixer certains souvenirs là où mes moyens habituels (ma mémoire et mon appareil photo) me font défaut. Il est assez possible que je prolonge cette expérience un certain temps, mais je ferai en sorte d'écrire d'autres chose à côté. C'est assez intéressant à faire.

Enfin, quand je poste pour signifier mon absence, c'est surtout qu'on ne s'étonne pas si on me contacte et que je ne réponds pas.




Découvert récemment : La Maison dans Les Dunes, une série de courtes pièces pour piano de Gabriel Dupont, qui vous emmènent en vacance au bord de la mer dans un lieu tranquille.






Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
12 août 2013 @ 23:09
AFK  
Je serai vraisemblablement indisponible jusqu'au 23 août.
 
 
Typhon Baal Hammon
31 juillet 2013 @ 13:46

Ô, lumières pâles du matin endormi
Réveillez ces soldats de la rosée si froide,
Ces légions de papier dont les nuques sont roides
D'avoir dormi contre le sol nu des prairies.

Ô, lumières vives du délicieux midi
Réchauffez ces amis de la fleur solaire
Ces hérauts ébahis marchant contre la terre
Qui toujours se trouvent par la beauté réjouis.

Ô, lumières éteintes du ténébreux minuit,
Ravivez ces amants de l'ardeur capiteuse,
Dans leur fièvre saisis de passion orageuse.

Ô, lumières rêvées du fond de nos esprits,
Ravivez ces soucis, réveillez ces douleurs,
Éclairez nos lanternes de vos sombres lueurs.


Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
18 juillet 2013 @ 23:59


Il ne pense qu’à lui, le reste de l’univers lui est comme d’un clou à soufflet.
Sa fille et sa femme n’ont qu’à mourir quand elles voudront, pourvu que les cloches de la paroisse qui sonneront pour elles continuent de résonner la douzième et la dix-septième, tout sera bien.
Cela est heureux pour lui, et c’est ce que je prise particulièrement dans les gens de génie. Ils ne sont bons qu’à une chose, passé cela, rien ; ils ne savent ce que c’est d’être citoyens, pères, mères, parents, amis. [...] les gens de génie sont détestables [...]

Denis Diderot, Le Neveu de Rameau



On doit à mon avis, clairement, dissocier l’œuvre de l'auteur. Juger un artiste en tant qu'artiste, quoiqu'on pense de sa vie par ailleurs.
Que Polanski soit un grand réalisateur ne doit pas faire oublier que c'est un criminel, mais réciproquement, son crime ne doit pas faire oublier son oeuvre.
(Quand je regarde Le Bal des Vampires, ce qui me fait le plus mal, c'est pas Polanski, c'est Sharon Tate. Si vous ignorez ce qui est arrivé à Sharon Tate, ne vous renseignez pas avant d'avoir vu Le Bal des Vampires)


Si je repense à ça, c'est parce que j'ai replongé dans l'écoute de l’œuvre du plus talentueux des deux frères Cantat.
Celui qui a écrit "La Chaleur", "Tostaky", "Aux Sombres Héros de l'Amer", "En route pour la joie", et ainsi de suite.

Et qui, aussi, a tabassé à mort sa maîtresse, et mené (Enfin, c'est la rumeur qui le dit. Mais je suis profondément malveillant, donc je le présente comme un fait) son ex-femme au suicide.

Xavier, Cantat lui, écrit des conneries sur Twitter, et sa femme est regrettablement vivante.

Pour en revenir à Bertrand Cantat, je pense qu'on a maintenant assez de recul sur son œuvre pour déterminer si oui ou non c'est un grand artiste.
Et pour moi la réponse est clairement oui. Pour son écriture, pour son énergie, pour un vers comme celui-ci :


"Il ne sentira pas la douleur
peut-être la peur,
cette chaleur..."


Pour un titre d'album comme Veuillez rendre l'âme à qui elle appartiens, et pour tout un tas d'autres chansons que je ne citerai pas parce que vous avez compris.

Ceci dit, je n'oublie pas ce que j'ai dit au début du texte. Je ne comprends pas trop qu'on l'ait libéré. Vu ce qu'il a fait il y a maintenant dix ans (Diable, comme le temps passe !), il devrait encore croupir en taule (sa femme serait peut-être toujours vivante).

J'ai du mal à croire en une renaissance artistique de sa part.

D'autant que Noir Désir n'existe plus, et le groupe valait autant pour les riffs de guitare (et l'intro de basse de "Ici Paris"), l'énergie des autres musiciens.







[ Mise à jour 21 juillet ] J'avais oublié ce clip prémonitoire (regardez bien la fin) :





J'ai déjà parlé brièvement du comportement de Debussy envers les femmes ; un de ces quatre, je parlerais des turpitudes de quelques autres génies.

Typhon
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Typhon Baal Hammon
14 juillet 2013 @ 23:58



14 juillet. — Fête de la République. Je me suis promené par les rues. Les pétards et les drapeaux m’amusaient comme un enfant. C’est pourtant fort bête d’être joyeux, à date fixe, par décret du gouvernement. Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « Amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Va te battre avec le voisin. » Il va se battre. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. » Et il vote pour la République.

Guy de Maupassant, Le Horla








http://www.deezer.com/track/16552248
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Typhon Baal Hammon
02 juillet 2013 @ 03:03
J'ai l'honneur et l'avantage douteux de vous infliger à nouveau de mes compositions. La bonne nouvelle, c'est qu'elles sont courtes, la mauvaise, c'est que je vous en ai mises deux pour le prix d'une.





Ah, des blanches, des noires, mais pas de rondes.
Dictature de la minceur et obsession raciale, c'est toute la musique que j'aime !

Typhon
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Typhon Baal Hammon
29 juin 2013 @ 13:47
Il me semblait avoir déjà parlé de ce dessin animé, mais les recherches google infructeuses me convainquent que ça n'est arrivé que dans ma tête.

Alors j'en reparle, puisque quelqu'un a eu l'idée saugrenue de le faire ressortir en salles. Au moins c'est pas un remake !

Le Roi et l'Oiseau est un film au sujet duquel je suis assez partagé, étant donné que, comme dans nombre de films pour enfants, le méchant est bien plus intéressant que les gentils.

L'action se situe dans le royaume de Takycardie, soit, en pratique, une énorme ville ramassée sur elle-même au milieu d'une plaine désolée, dont l'architecture exubérante fait fi de tout réalisme au profit de l'esthétique. Le film vaut la peine d'être vu ne serait-ce que pour ces palais bizarroïdes, ces mélanges de colonnades grecques, de canaux vénitiens, et de décors tous plus beaux et étranges les uns que les autres, ainsi que pour la musique de Wojciech Kilar.





Le film, une collaboration entre Paul Grimault et Jacques Prévert, a une histoire apparemment simple résumée par ce dernier : « c’est l’histoire d’un roi très mauvais qui a des ennuis avec un oiseau très malin et plein d’expérience ; il y aussi des animaux qui sont très gentils, deux amoureux et beaucoup de gens épouvantables. »

En pratique, la malveillance du roi s'exerce essentiellement à l'égard de ses collaborateurs.
En matière d'animaux, outre l'Oiseau et ses quatre gosses, il y a seulement des lions, et un chien (on aperçoit aussi un ours, mais il n'est même pas cité dans le dialogue).
Les deux amoureux n'ont absolument aucune espèce de personnalité, mais on peut leur pardonner d'être plats, et pour cause : ce sont deux personnages de tableaux qui se sont échappés dans la réalité.

Enfin l'Oiseau. Contrairement à ce que dit Prévert (à qui on peut pardonner de ne pas s'en être rendu compte, vu qu'il est mort avant que le film ne sorte), l'Oiseau n'est vraiment pas du tout malin. Il est aussi bête qu'arrogant, mais il se croit malin, ça c'est vrai.

Au début du film, nous faisons la connaissances du Roi Charles V et III font VIII et VIII font XVI, roi à qui chacun est obligé de vouer un culte de la personnalité qui est apparemment la principale activité économique du royaume.

Ce roi est affligé d'un strabisme convergent que tout le monde feint de ne pas remarquer, sauf l'Oiseau, qui se moque constamment de lui (c'est pas beau de se moquer des handicapés).
Un peintre faisant le portrait du roi est éliminé pour avoir représenté les yeux du roi tels qu'ils sont. Cependant, le portrait n'est pas détruit, mais emmené dans les appartements du roi, qui corrige le portrait en donnant à son image un regard correct.
On découvre que le roi est un personnage qui n'est pas insensible à l'art, et qui souffre terriblement de son strabisme. Puis il va se coucher, et là, les peintures s'animent. Les deux amoureux susmentionnés se déclarent leur flamme, mais le portrait du roi ne l'entend pas de cette oreille : lui aussi veut épouser la jolie bergère. Elle et le ramoneur s'enfuient. Le portrait du roi tente de partir à leur poursuite, et le vacarme réveille le vrai roi, qui tombe nez à nez avec son portrait. Lequel portrait profite de son inattention pour le faire passer à la trappe, littéralement, et le remplacer pour le reste du film. Cette séquence où le roi est remplacé par son image est, à mon avis, le détail le plus fascinant du film.

Dans le reste du film, la bergère et le ramoneur tentent d'échapper aux séides du roi, qui veut donc forcer la bergère à se marier avec lui. Le film montre que le roi n'a rien d'autres à faire de ses journées. Une séquence le montre visiblement ennuyé, affalé sur un sofa et éventé par un serviteur, tandis qu'un petit clown fait des pirouettes devant lui.
Finalement, le roi retrouve la bergère et cette dernière, selon un schéma répandu, accepte de l'épouser en échange de la vie sauve pour le ramoneur.
L'Oiseau se montre largement maladroit, manquant de faire tuer le ramoneur par des lions, lions qu'il harangue en leur promettant la lune. Il se retrouve aux commandes du robot du roi, et s'en sert pour raser la ville et souffler le roi comme un fétu de paille. À la fin il ne reste que des ruines.
On l'aura compris, je trouve que le problème du film, c'est que non seulement il ne fait pas le moindre effort pour rendre sympathiques les protagonistes, mais en plus il rend l'oiseau activement antipathique.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
16 juin 2013 @ 10:20
Quand des gens prétendent lutter contre le fascisme en s'habillant tous de la même façon et en recourant à la violence politique, je l'avoue, il y a quelque chose qui m'échappe.

Quand des femmes prétendent lutter contre le sexisme en s'exhibant seins nus dans la rue parce que ça rameute des journalistes avides de chair, je l'avoue, il y a quelque chose qui m'échappe.

C'est un peu comme cette vieille blague paradoxale : "Mort à tout les fanatiques"

Je suppose que je suis un salaud de droite.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
13 juin 2013 @ 00:09
La nuit dernière, j'ai fait un rêve très étrange.

J'ai rêvé de Frodon et Sam, guidés par Gollum dans les terres désolées au nord du Mordor, traversant une région où il faisait toujours sombre et ayant (aux dire de Gollum) connu des jours meilleurs, appelée val d'Andalis. Après avoir été la proie de la terreur de Nazguls volants, ils se retrouvaient à Minas Anor et rencontraient le prince de la ville qui était joué dans mon rêve par William Shatner. Ce dernier les recevait aux petites heures du jour, tandis que la nuit nimbait encore la ville (Qui avait une gueule de château de conte de fée, un peu comme dans le Roi et l'Oiseau). Il leur expliquait qu'il était soumis à la terrible tentation de l'anneau (je ne me souviens plus de ses paroles exactes). Ensuite, une espèce de fête était donnée, au cours de laquelle un (ou une) invité (aux cheveux longs et noirs de momie) se trouva mal en point, avant d'être révélé comme étant une espèce de bombe humaine (ou peut-être changé en bombe par un poison) envoyée par Sauron. Nos héros prenaient alors la suite par les souterrains secrets de Minas Anor (Qui s'appelait bien comme ça dans mon rêve), qui ressemblaient furieusement à des couloirs du métro parisien (avec les portillons). Ils passaient notamment par un passage dérobé nanti d'un avertissement dont j'ai oublié la teneur exact, mais qui disait en substance que ça allait droit vers une vallée maudite (je ne crois pas que ça disait explicitement Mordor).

Alors, je vois où j'ai été puiser les différents éléments (Star Trek IV "The one with the Whales" est passé sur Arte il y a dix jours), mais je n'arrive pas à me faire à l'idée que mon cerveau a été capable de pondre un truc pareil (Qui ressemble furieusement à un crossover Star Trek/SdA, mais je sais pas si c'en est un parce que le prince a pas dit s'il s'appelait Kirk).

Sinon, parmi les mille et une critiques qu'on peut faire aux adaptations de P. Jackson, je voudrais pas dire, mais Elijah Wood était trop jeune pour faire un bon Frodo. Dans le livre il a quand même 50 ans. Et il en paraît 30. J'ai rien contre Elijah Wood, il était très bien dans Sin City, mais à l'époque il avait moins de 25 ans et semblait à peine sorti de la puberté à l'époque.

Voilà. Sur ce, je pense que cette nuit, je vais rêver de propositions relatives, vu mes lectures.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
03 juin 2013 @ 01:44
Ces dernier temps, on discute de Tolkien.
Du coup, je me suis replongé dans The Lord of the Rings, que je lis en anglais, pour la deuxième fois.
J'ai du le lire quatre ou cinq fois en tout, depuis la première il y a dix ans, dans la traduction particulièrement élaborée de Francis Ledoux (Que les grans Tolkienologues auto-proclamés dénoncent. Mais bah, Traduttore, tradittore, et toute cette sorte de chose).
Originellement, je cherchais juste des munitions arguments pour le troll la discussion sus-mentionnée (je ne me souvenais plus si Gandalf touchait physiquement l'anneau dans "The Shadow of the Past" le chapitre II du livre I. Vérification faite, c'est le cas).

En parallèle, j'ai lu intégralement les lettres de Tolkien. Est-ce indispensable ?
Non, mais c'est drôle et intéressant aussi. Lire ses lettres me conforte dans l'opinion que Tolkien était un génie.
Voir Tolkien lui-même faire des métaphores basées sur ses propres créations a une saveur toute particulière, indéfinissable, et montre en outre qu'il prenait véritablement ses créations très au sérieux, tout autant que ses études philologiques. Ce n'est pas simplement la maniaquerie ou le simple goût du travail bien fait qui le poussait à développer son univers, mais une vraie fièvre créatrice qui l'habitait. Au fil de ses lettres, on a le droit à plusieurs explications de textes et élaboration (par exemple, la lettre 246 explique en détail ce qui se serait passé si Gollum était mort, si Gandalf avait pris l'anneau, etc...)




Ces derniers temps je me suis dit qu'Apocalypse Now montrait finalement tout aussi bien, voire mieux, le fonctionnement du fascisme que le film dont je parlais il y a quelque semaines.
Ce que Kurtz fait au fond la jungle, rejeter les hypocrisies de sa hiérarchie, embrasser l'Horreur dont il faut se faire une amie, devenir le dieu vivant charismatique de ses troupes, et mener la guerre de la seule manière efficace.

Beaucoup ont fait des parallèles, rejetés par Tolkien, entre l'intrigue du Seigneur des Anneaux et la deuxième guerre mondiale. Mais je ne crois pas pervertir sa pensée en faisant un parallèle entre le fascisme et l'Anneau. (Je viens de penser à un parallèle entre Willard et Frodo, mais est-ce bien raisonnable ?)
Quelque chose de très séduisant fait miroiter la réalisation de toute utopie que vous pouvez imaginer, mais le moyen d'y parvenir est éminemment corrupteur, destructeur et maléfique, pervertit de l'intérieur et finit par substituer aux but originaux la domination de l'autre, et finalement la destruction totale.

En parlant de destruction totale, je suis donc heureux de voir que quelqu'un a pensé à mettre en ligne les images originales du générique de fin d'Apocalypse Now. Quand on pense à la musique d'Apocalypse Now, on pense, bien sûr, au Doors, mais moi, je pense aussi à cette étrange musique du générique de fin (une composition originale de Carmine Coppola, je crois), et aussi aux images qui l'accompagnent.

L'histoire en est assez simple : après le tournage d'Apocalypse Now, le gouvernement philippin (car le film a été tourné là-bas) a demandé à l'équipe de détruire les décors (prière de laisser la jungle telle que vous l'avez trouvée en arrivant).
L'équipe a tout naturellement décidé de les faire sauter, et de filmer le tout.

FF Coppola a finalement décidé de retirer les images pour les remplacer par un générique de fin classique sur fond noir. Il ne voulait pas qu'on prenne ces images pour une partie intégrante de l'histoire, qui se serait alors finie sur une note nihiliste, contredisant la scène finale ou Willard, imité par les indigènes, jette son arme à terre.

Pour moi, il aurait vraiment été dommage de se passer de ces images. Elles existent en parallèle du film et montrent justement une espèce de fin de tout, de destruction ultime. Un grand fantasme nihiliste.





Ça et les films de Kurosawa, Kagemusha (coproduit par Coppola d'ailleurs) et Ran, ça met en tête bien des questions sur la représentation de la violence, et notamment son esthétisation.




Pour en revenir aux Doors, Ray Manzarek est mort il y a deux semaines.
Le pianiste des Doors. C'est assez triste.
En même temps, il y avait quelque chose d'énervant chez Ray Manzarek, c'était qu'il croyait que les Doors pouvaient survivre à la mort de Morrison.
Mais ça reste tout de même un grand musicien (les pianistes sont des gens supérieurs à nous).

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
29 mai 2013 @ 02:34
Tintin est un sale nazi. On savait déjà que Tintin était raciste, grâce à Tintin au Congo, on sait que Hergé fricotait avec Léon Degrelle et ses Rexistes (joli nom pour un groupe de rock, entre nous soit dit), et il se pourrait même (rumeur malveillante lancée par moi-même), qu'il en ait dessiné le drapeau, dont la haute tenue avant-gardiste en matière de graphisme tranche avec le conservatisme fasciste habituel (je vous laisse chercher tout seul la gueule du drapeau de Rex, moi j'ai la flemme)

En outre, la fusée lunaire de Objectif Lune est un V2, enfin pour la XFLR6 (tout Tintinophile voit ce que c'est), c'est flagrant, pour l'autre, l'air de famille est là, mais dilué.

Les ennemis de Tintin ont une tendance curieuse à être des Juifs ou des métèque. Bref, si vous voyez un gosse qui lit un album de Tintin, déchirez-le lui, no pasaran.

Oh et puis tant qu'à faire, brûlez toutes les Volkswagen, détruisez les autoroutes allemandes, cassez au burin tout ce qui porte une croix gammée (De toute façon Bouddha fait la promotion de l'obésité), et coupez tout les bras droits, des fois que quelqu'un ait envie de tendre le bras droit avec la paume ouverte.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
19 mai 2013 @ 12:41
« J'aime regarder les filles » est incontestablement la chanson la plus célèbre de Patrick Coutin. Un examen superficiel de la chanson donne l'impression qu'elle n'a pas beaucoup de profondeur, que c'est une bluette, et son succès vient probablement de cette écriture apparemment gentillette (mais pas gnan-gnan non plus) :

« J'aime regarder les filles qui marchent sur la plage
Quand elles se déshabillent et font semblant d'être sages
Leurs yeux qui se demandent mais quel est ce garçon
»


Pourtant, à l'écoute, il y a quelque chose qui ne colle pas.





Là où on pourrait s'attendre, dans la continuité des paroles, à un ton un peu coquin/dragueur/complice, on a plutôt l'impression d'entendre une complainte. La voix de Patrick Coutin a ici quelque chose de maladif, de nerveux, de plaintif. Il a beau clamer qu'il aime regarder les filles, ça n'a pas l'air de le rendre très heureux.
L'accompagnement est assez austère, il y a juste de la basse et des percussions qui répètent le même rythme ad libitum, sans trop de variation. Les chœurs sont trop mécaniques pour dissiper l'espèce de malaise qui affleure dans cette chanson.
Quand on écoute le crescendo dans sa façon de chanter, on a plutôt l'impression d'entendre un cri de frustration, voire de désespoir.

C'est probablement pour ça que j'aime bien cette chanson, et sa reprise par Aston Villa, qui n'est pas tout à fait dans le même ton, mais qui garde cet aspect sombre, maladif.

Typhon
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Typhon Baal Hammon
09 mai 2013 @ 03:31
Though I am not a native speaker, I feel I can say the following with certainty :

In English, the suffix -less only denotes the absence of a thing. It does not suggest a lack, it does not suggest incompleteness. A derived word such as "painless" does not imply that someone should have pain.

Therefore, the word "childless" is neutral, its meaning is unmarked, as opposed to the word "childfree", which does imply some kind of servitude, because of the stronger emotional charge of "free".

That is all.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
08 mai 2013 @ 13:24
Le film préféré des Espagnols, c'est Léon et leur écrivain préféré, c'est Aragon. Aujourd'hui, avec la crise, c'est devenu Estremadure de vivre dans ce pays. Les gens font tout le temps La Manche. Si tu leur donne une pièce ils te disent Murcie, sinon, ils s'accrochent à tes Basques en disant que tu es un Navarre.
Les Espagnols crient tout le temps dans des démonstrations d'Asturies, on a envie de leur dire « Tu t'es vu Cantabrie ? ».

Personne ne sait quelle est la Valence de l'Espagne, car les Canaries ne savent pas compter (par contre ils ont peur de Sylvestre).




(le titre de cette pièce de Satie est bien Españaña, croyez pas tout ce qu'on dit sur Youtube)

Typhon

PS : Je vous parlerais bien de l'Allemagne, mais Hesse bien raisonnable ?
 
 
Typhon Baal Hammon
05 mai 2013 @ 12:42
Les tours blanches de la banlieue se découpent contre l'horizon, dépassant de la verdeur du bois, au loin, de l'autre côté des champs. Le vent souffle un peu, et on entend le bruit des voitures qui passent à intervalle irrégulier sur la route.
Tu marches d'un pas assuré, regardant ton ombre allongée et grotesque imiter tes mouvements sur le sol. Les odeurs s'entremêlent tandis que le chemin descend dans l'orée obscure de cathédrales végétales que tu connais par cœur. Le chemin t'emmène vers le bas d'un vallon écarté et discret où tu te croirais seul au monde.
Cette fois-ci, tu décides de prendre le sentier qui part vers la gauche, vers l'ouest. Il te fait suivre la crête et tu remonte obliquement la côte, poussant sur tes jambes en progressant vers un petit promontoire au dessus de la vallée.
Arrivé en haut, tu obtiens ta récompense : tu vois alentours ces bois qui s'étendent sur tout les côtés de la vallée, ces arbres verts, traversés d'un viaduc abandonné surgi de nulle part, ces forêts dévorées de petits pavillons qui remontent du fond, comme une colonie de bactéries qui se développe dans une boîte de pétri.
Le chemin redescend à présent, et toi avec.

Tu t'enfonces à nouveau dans la pénombre tranquille de la forêt, tranquillement, sans traîner, en faisant attention néanmoins de ne pas te prendre les pieds dans une racine. Sur ta gauche et ta droite, au milieu des herbes, poussent de petites fleurs bleues sombres. Le sentier se perd sous les feuilles mortes et avant peu de temps tu te demandes si tu ne l'as pas perdu. Les ronces autour de toi se multiplient de façon déplaisante. Seras-tu contraint, ignoble avanie, de faire demi-tour ?
Mais non, le salut s'offre à toi sur la droite, le sentier que tu avais imprudemment quitté est là qui t'attends.
Du moins crois-tu que c'est le même sentier. Cette partie de la forêt est plus froide et moins fréquentée que l'autre. Les feuilles mortes jonchent le sol, les hêtres bloquent plus la lumière du soleil.

Enfin arrivé au fond du vallon, tu te diriges à présent vers le nord. Après quelque mètres, et tandis que le soleil baisse sur l'horizon, tu tombes sur une maison. Elle est en meulière, isolée, et ne paie pas de mine. Trois fenêtres sont cassées, la dernière est ouverte, derrière un balcon, et de vieux rideaux déchirés flottent tranquillement au vent.
Le toit est crevé par une grosse branche tombée dessus.

Tu décides d'aller y voir de plus près. Le jardin n'est plus différentiable de la forêt, la clôture est abattue et tout est recouvert du même tapis de feuilles mortes.
Tu ouvres la porte de derrière. Elle n'est pas verrouillée. L'intérieur est à l'image de l'extérieur. Des couches de poussières recouvrent les débris éparts du mur de devant, partiellement détruit.
Tu décides d'explorer d'abord le rez-de-chaussée de la maison. Il y a une petite cuisine, où le robinet de l'évier ne fonctionne plus, quelques couverts épars sur le sol. La lumière ne fonctionne pas, bien sûr.

Dans l'autre pièce, il reste un peu plus de mobilier. Juste en face de la porte, il y a sur le mur une marine, représentant un petit yacht toutes voiles dehors face un coup de tabac. Une légende indique Nantucket 1971.
Un vieux sofa défoncé sur la gauche laisse deviner sous la poussière grise des motifs floraux. Enfin, une grande table ronde, sans aucunes chaises autour. Il n'y a pas non plus de couverts sur la table, elle est pour ainsi dire nue sous la poussière. Pas de verres avec lesquels trinquer. Cependant, dans un coin près de la fenêtre, une assiette a été brisée contre le mur, et ses morceaux sont par terre, ainsi qu'un chandelier couvert de cire.

Tu décides de monter à l'étage.
L'escalier craque de façon inquiétante sous tes pieds, et tu remarques, à mi-chemin, une tâche noirâtre. Les petits bruits de la maison s'amplifient dans tes oreilles, et ton cœur bat la chamade alors que tu parvient à l'étage. En levant la tête, tu aperçois le tronc d'arbre rentré dans le toit.
Tu tournes et rentre dans une des chambre. Plus de lit, bien sûr, mais il reste par terre, sous les plâtras, une petite chose brillante. C'est une bague en argent, et tu la mets à ton doigt. Par la fenêtre, le soleil couchant darde vers toi ses rayons, et ton ombre par terre est plus allongée et grotesque que jamais.

Tu sors de la chambre et te dirige vers la salle de bain.

Tu fais un pas, tu rentres à l'intérieur.

Tu as à peine le temps de l'apercevoir. La silhouette de guingois, les vêtements sales et les lambeaux de chair pourrissant, tu ne fais que les entrapercevoir avant de fuir, terrifiée. Tu dévales les escaliers, et te précipite vers la porte, mais dans ta terreur, tu n'évite pas le trou dans le plancher.

Dans la cave, le sol est meuble, comme s'il avait été retourné plusieurs fois. Soudain tu te relèves, la terreur te saisit : la créature est là, en face, juste derrière cette vitre.
Tu sautes sur tes pieds, et un éclat de lumière attire ton attention. La créature a quelque chose de brillant au doigt. Une bague. Ta bague. Tu contemples ta mains décharnée, hideuse, putréfiée, osseuse, et tu comprends que tu es face à un miroir.
Tu te souviens.







Histoire inspirée, entre autre, par Glauque Land, site que j'ai découvert récemment, et dont le nom mérite d'être celui de toute la banlieue parisienne.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
01 mai 2013 @ 13:18
Voilà le joli mois de Mai, mois maudit entre tous, 31 jours de calamité. En ce qui me concerne on pourrait tout aussi bien passer d'Avril à Juin, mais bon, il faut bien en passer par là.

Mai donc. La température s'élève et fait bouillir mon cerveau, je n'y tiens plus, il faut que j'élucubre. Voici donc le fruit de diverses réflexions linguistiques à la petite semaine.
C'est un petit peu de la linguistique de comptoir, ça vaut ce que ça vaut, mais il fallait que ça sorte.




En français, le mot "le professeur" est du masculin, et n'a pas de pendant féminin. En revanche, son apocope "le prof" en a une : on peut parfaitement dire "la prof".

Après y avoir un peu réfléchi, je pense avoir trouvé une explication de ce mystère :

Le mot "professeur" ne résulte pas étymologiquement d'une dérivation directe en Français du verbe "professer" et du suffixe "-eur, -euse", mais bien des étymons latins ayant donné naissance à ce mot-là et ce suffixe-ci.

Cette ressemblance de forme fait que la terminaison en "-eur" est (ré)analysée par les locuteurs comme la marque d'un masculin, quand bien même il n'y a pas de mot "professeuse" correspondant, quand bien même, synchroniquement, le mot "professeur" semble atomique : découper en "professer"+"eur" ne marche pas, sémantiquement.
Le mot "professeuse" serait analysé, lui, comme dérivant bien de "professer" et "-eur, -euse", et désignerait "une femme qui professe", pas une enseignante.

En revanche, une fois que l'apocope a enlevé la terminaison problématique, le résultat devient spontanément épicène, chez les écoliers.

Ce genre de phénomène alimente mon scepticisme vis-à-vis de la féminisation des noms de métier. En décrétant d'en haut des mots créés artificiellement comme "professeure", on obtient juste un vocabulaire à connotation technocratique assez négative, dont presque personne ne se sert spontanément.




Autre phénomène linguistique intéressant : l'emploi de "se rappeler" comme verbe transitif indirect.

Traditionnellement, "se souvenir" est transitif indirect (on "se souvient de quelque chose") et "se rappeler" est transitif direct (on "se rappelle quelque chose").

Seulement, il est extrêmement courant d'employer "se rappeler" avec la construction indirecte.

L'explication fournie en général est qu'il y a confusion entre les constructions de ces deux verbes.

Indéniablement, si "se rappeler" est construit de cette façon, c'est très probablement sous l'influence de la construction de "se souvenir".

Cependant, s'il s'agit d'une simple confusion due à des locuteurs ignorants, pourquoi n'y a-t-il jamais la confusion en sens inverse ? Pourquoi est-ce que personne ne dis jamais *"je me souviens quelque chose" ?

C'est que l'explication est incomplète.

Je crois qu'un des facteurs est que le verbe se termine par le son /l/ pour toutes les personnes du singulier, et la dernière du pluriel.
Or, le son /l/ est celui par lequel commencent nos déterminants définis : "le, la, les". On obtient deux /l/ à la suite !
/ʁapɛllə/, /ʁapɛlla/, /ʁapɛlle/.

Comme le français n'aime pas les consonnes géminées (voir aussi la faute "je courrirai" pour "je courrai"), il me semble au moins plausible que cette nouvelle construction du verbe "se rappeler" ait pour but d'éviter cette collision entre deux /l/.

Pour tester cette belle théorie, il va falloir que j'aille fouiller parmi les verbes en /-le/ "-ler", en voyant lesquels sont transitifs, et comment ils sont employés, car si leurs emplois les plus fréquents n'impliquent pas de déterminant défini, le problème ne se pose pas (par exemple "je m'appelle Machin" => pas de déterminant)




Voilà. J'espère que vous êtes consternés.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
Récemment, j'ai revu un film allemand sorti en 2008, Die Welle ("La Vague").





Ce film, plus ou moins basé sur une histoire vraie qui s'est déroulée aux USA dans les années 1960, raconte comment un prof de lycée gauchisant, contraint de faire un cours sur l'autocratie, décide de montrer aux élèves que, contrairement à ce qu'ils pensent, il est parfaitement possible qu'une grande démocratie Européenne (au hasard : l'Allemagne, où se déroule donc le film), (re)devienne une dictature.
Le film montre donc à quel point le fascisme c'est trop cool, ah non, pardon, le fascisme, c'est mal ! C'est maaaaaal ! Le fascisme c'est pas bien !

Plutôt que de les assommer avec un grand cours magistral de fascistologie historique et comparative (la plupart des gens ne s'intéressent pas à l'histoire, hélas), notre prof innove et décide de faire vivre à ses élèves, de l'intérieur, la montée en puissance d'un mouvement fasciste.

Mouvement qui doit d'abord se trouver un chef. Les élèves désignent naturellement leur professeur.

D'abord, il leur fait disposer les tables en rangs et leur demande de l'appeler "Herr Wenger" plutôt que par son prénom, et aussi de demander la permission avant de parler. (Et oui, les lycées de France et de Navarre sont en situation pré-fasciste, mais que fait Vincent Peillon ?)

Ensuite il leur fait faire de l'exercice physique en rythme, histoire d'emmerder la classe du dessous.
Il les invite à s'habiller tous de la même façon, à tous porter une chemise blanche.
En quelque jours, le mouvement se trouve un nom : "La Vague", et un salut.
Le professeur a réussi à instiller dans ses élèves un esprit de corps, une solidarité nouvelle. Les membres de "La Vague", jusqu'ici des étudiants tout à fait banals, donc prompt à se découper en clans et à se moquer les uns des autres, se soutiennent mutuellement, que ce soit par l'entraide scolaire ou en protégeant l'un d'entre eux face à des voyous.
Le mouvement a bientôt du succès au-delà de la classe originale.

Bref, le fascisme c'est trop bien non, pardon, c'est mal, c'est très mal, c'est très très trèèèèès mal le fascisme.

Car bien sûr, cette solidarité nouvelle au sein du groupe à pour contrepartie la mise à l'écart des étudiants qui ne se conforment pas aux exigences (pourtant assez minimales à ce stade) du chef charismatique qu'il s'est donné. Et oui ! Le prof, croyant bien faire, a accouché d'un monstre qui lui échappe petit à petit, car, comme le disait un fascistologue de ma connaissance, le fascisme est dynamique, est une dynamique.
Une fois lancés, nos lycéens, jusqu'alors préoccupés par des trucs de leur âge (le sexe, la drogue, le rock), se muent rapidement (le film dure une semaine) en braves petits SA (j'exagère à peine), avec tout les débordements que ça peut engendrer.

Lorsque Wenger comprend son erreur, il est déjà trop tard. Il décide d'arrêter le mouvement, mais cela suscite un tel désespoir que cela tourne au désastre, et il est bien puni d'avoir joué avec le feu, parce que vous voyez, tout comme la drogue, le fascisme, c'est mal, c'est maaal, c'est très très maaaal. Et puis, c'est du cinéma, ça doit mal se finir.

Tout le problème du film, à mon avis, vient de ce besoin de souligner très lourdement que le fascisme c'est pas bien. Ça s'exprime notamment avec un personnage qui dès le départ est un marginal déséquilibré, qui sera, tout au long du film, responsable de beaucoup des excès du mouvement.

Alors bien sûr, les mouvement fascistes ont aussi servi de refuge à ce genre de malade mental, mais il me semble que ce personnage, très caricatural, affaiblit beaucoup le film :

Le but de Die Welle, c'est de montrer comment des gens normaux, lambda, des gens comme vous et moi (mais plus joli à regarder, quand même, on est au cinéma, faut pas déconner), peuvent, du jour au lendemain, se muer en bataillons fascistes près à mourir pour leur führer/duce/capitanul (rayer la mention inutile).

Or, si les problèmes les plus graves sont le fait d'une seule personne, qui a des problèmes psychologique, ils ne sont pas causés par le mouvement, donc le message du film tombe à l'eau.

Le film aurait été bien mieux si chacun des excès commis par ce personnage avait été commis par un autre étudiant, un différent à chaque fois, pour montrer comment, inexorablement, le fascisme leur corrompt l'âme à tous.


le leader charismatique et ses ouailles


Malgré tout, le film mérite d'être vu au moins une fois, parce qu'il montre tout de même assez bien, justement, la dynamique d'un mouvement fasciste.
Qu'il suffit d'avoir sous la main quelques esprits impressionnables, un peu paumés, et d'appliquer quelques règles simples, de leur donner une cohésion, pour lancer un véritable mouvement fascisant, qui leur apportera enfin la satisfaction de tous appartenir à un groupe bien défini, à une communauté séparée du reste, meilleure que le reste, où ils sont plus égaux que les autres. (Don't try this at home, kids)
Et puis c'est tellement sympa de voir des jeunes allemands en uniformes qui se saluent tous de la main droite ! Ça rappelle de bons souvenirs, non ?





Sérieusement, le fascisme, c'est mal. C'est très mal. Ça tue, ça torture, ça tabasse, c'est une religion politique nihiliste et anthropophage.
À cause du fascisme, des abrutis qui auraient mené une vie de médiocrité inintéressante sont heureux, euphoriques, électrisés, ravis de participer à une destinée glorieuse qui consiste à détruire tout sur leur passage.

Je le précise parce que je passe souvent pour un fasciste. Faut dire que le fascisme c'est tellement cool !

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
15 avril 2013 @ 01:25
C'est merveilleux ces déclarations de patrimoine. Quels en sont les résultats possibles ?

Premièrement, un homme politique peut refuser de la faire. Il devient ipso facto suspect.
Deuxièmement, il peut la faire et révéler au monde qu'il n'a pas grand'chose. C'est aussi suspect quand on gagne sa vie confortablement. On risque de passer pour un incapable qui ne sait pas épargner ou pour un menteur. Dans les deux cas, pas pour quelqu'un à qui les Français auraient envie de confier leurs impôts.
Troisièmement, on découvre que l'homme politique en question est riche. Et là, c'est la curée contre le salaud de riche (surtout s'il est de gauche.)

Et nos amis socialistes se rendent compte que, pour qui est incapable de faire preuve d'intelligence, d'audace et de créativité, pour qui n'est pas capable de gouverner, le pouvoir est un bâton merdeux. Et pour eux en particulier. Sur qui taper ?

L'UMP ? Mais ça fait dix ans qu'ils tapent dessus (parfois à juste titre), tout le monde sait déjà que c'est des pourris, et puis ça monter le FN.
Taper sur le FN ? Mais ça fait trente ans qu'ils tapent dessus et que le FN monte.

Les causes structurelles de la montée du FN, c'est le ras-le-bol, le désespoir, la haine suscités par des conditions économiques et sociales de plus en plus dures, et la peur de l'avenir.

Bizarrement, en trente ans, il y a eu plein de gens qui se sont succédés pour expliquer que le FN c'était des nazis fascistes ultraturbolibéraux et que le racisme c'est mal, mais personne n'a réussi à enrayer ces problèmes, qui se sont donc aggravés.

Du coup, aujourd'hui que le FN commence à devenir une menace plus concrète que quand il se baladait entre 0 et 5%, le PS ressemble au garçon qui criait au loup.





Et quant à taper sur Mélenchon, lui qui se voit déjà seul contre tous, ça lui donnera du grain à moudre.

C'est merveilleux, les socialistes se sont mis tout seuls dans une merde noire.

On vit vraiment une époque formidable.

Typhon
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Typhon Baal Hammon
06 avril 2013 @ 16:40
L'année dernière, j'avais fait un sondage linguistique auquel vous pouvez toujours répondre si ça vous amuse.
Je récidive cette année, je pense que je vais en faire de temps à autres.
Je ne pense pas que les conditions de ce blog lui permettront d'atteindre la validité scientifique, mais ça pourra toujours me permettre de me faire une idée.

Parmi les phrases suivantes, lesquelles vous semblent correctes, lesquelles vous semblent incorrectes, et pourquoi ? ( Précisez si vous êtes un francophone natif ou pas, et si oui, de quelle variété de français, tant qu'à faire)


  1. Différentes personnes parlent différentes langues.

  2. Différent homme mange sa soupe

  3. Une différente personne aurait dit ça

  4. Les différentes personnes pensent les différentes choses

  5. Différents soldats chargent les différentes positions ennemies

  6. Identiques éléphants mangent tranquillement.

  7. Aucun ami n'a fait différentes actions

  8. Tout le monde pense pareille chose.

  9. Nul homme ne parle à des différentes femmes

  10. J'ai mangé les différents tracteurs

  11. Je vois un différent problème

  12. Différents dirigeants se sont succédés à la tête de la différente entreprise

  13. Une gazelle différente par jour mange différentes plantes.

  14. Ces différents lions mangent une différente antilope

  15. Dans différentes usines, différents ingénieurs ont parlé à différentes personnes de différents problèmes

  16. Aucun avion n'a décollé des différentes pistes.

  17. Pareil homme aurait différentes choses à dire




Je met les commentaires en prémodération pour le moment, histoire d'éviter que les réponses des autres ne vous influencent.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
Découvert au fil de mes pérégrinations webesque, cette incroyable bande dessinée de propagande contre les homosexuels, tellement grotesque et caricaturale qu'elle en devient involontairement drôle, à la manière des bandes dessinées de Jack Chick (mais sans les citations biblique toutes les trois cases).

L'auteur a l'air vachement bien renseigné sur ce que font ces "ignobles déviants" entre eux, on se demande d'où il tient toutes ces informations.

Le coup de "les homophobes sont des homosexuels refoulés", je pensais que c'était comme l'ascendance juive d'Hitler, un truc pour les amateurs d'ironie facile, mais quand je lis un truc pareil...

J'apprends aussi qu'il n'y a que les homosexuels qui pratiquent la sodomie, c'est probablement lié au fait que les femmes ne font jamais caca.

Bref, c'est une lecture qui vaut le détour, je m'en voudrais de trop déflorer le sujet avant de vous laisser pénétrer le cœur de cet ouvrage fort instructif mais pas pour les raisons que son auteur espérait... Lisez-la en entier, ça vaut vraiment le détour.





Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
31 mars 2013 @ 04:18
J'échappe très bien à toutes les conneries virales de l'internet.
Je n'ai pas écouté Rébecca Black, je n'ai aucune idée de ce qu'est un Harlem Shake et je ne veux pas le savoir. En général, j'attends que la fièvre autour de quelque chose retombe avant de décider si ça m'intéresse.
C'est pour ça que pour moi, contrairement à l'ensemble de l'Internet, le Gangnam style n'est pas encore un truc dont on ne peut plus parler. Certes, ça n'appartient pas vraiment à la catégorie des choses dont on parlera encore dans une décennie, sans parler d'un siècle (Si vous voulez un exemple de choses dont on parle encore un siècle plus tard...), c'est pour ça que j'en parle maintenant.

Gangnam Style, c'est quoi ? C'est un rappeur bling-bling qui danse avec des biatchs. Elles sont un peu plus habillées que nous n'en avons l'habitude, parce que sous ses dehors hyper-technophiles la Corée est encore un pays traditionaliste (Enfin, je crois, je ne connais pas trop la culture coréenne), un rappeur qui vante son quartier, dont nous pouvons constater dans le clip qu'il est d'une laideur repoussante, comme pas mal de villes asiatiques. Le quartier de Gangnam, donc, le quartier riche de Séoul, si j'ai bien compris un mix entre la défense et le XVIème arrondissement. Et la danse du Jockey. Se balancer nerveusement d'un pied sur l'autre. Je suis bien placé pour savoir que c'est ce que font tout les mecs qui ne savent pas danser, vu que j'en suis un.

C'est drôle un rappeur riche et coréen. Le rap, c'est quand même une musique de ghetto noir américain. Bien sûr, en musique, en art, c'est très courant d'employer un langage qui n'est pas originellement le sien, mais qu'on se réapproprie. J'écoutais Corcovado de Darius Milhaud ce matin, et il n'y avait pas plus de raison qu'un natif de Marseille décide de s'approprier la musique brésilienne (pour donner un exemple parmi cent mille millions)

Mais bref, je me suis demandé ce que donnerait l'équivalent en France. Non pas une reprise, mais imaginer des gens du XVIème qui emploieraient leurs moyens d'expression à eux. Est-ce que quoi que ce soit de musicalement bien était sorti du XVIème arrondissement ?

La réponse est oui.






Voilà, ça remplacera tout les articles que j'ai eu la flemme d'écrire sur le mariage, les foetus, le féminisme, et toutes ces conneries. La musique c'est mieux que tout ça.
Parce que moi, tout ce que je veux, c'est être un robot. Être automatique.









OPPA PYONGYANG STYLE ! PYONGYANG STYLE ! HEY, IMPERIALIST BASTARD, OPPA PYONGYANG STYLE !







Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
22 mars 2013 @ 00:27
Hier, mercredi, j'avais un chèque à déposer à La Poste (enfin, maintenant on dit "La Banque Postale").
Il fallait que je sois quelque part à 16h30. Je sors donc de chez moi en avance par rapport à cet objectif horaire en partant du principe qu'à ces heures de milieu d'après-midi, je n'aurais pas à faire la queue et tout sera vite réglé.

J'entre donc dans l'agence, pour la première fois depuis deux ans puisque d'habitude, je fais toutes mes opérations en ligne ou avec des distributeurs.

À l'intérieur, je vois des gens épars autour de divers machins. Les guichets sont sur le côté, bizarrement disposés.
Je me dirige vers le préposé et lui explique la raison de ma venue, et il me répond qu'il faut que je me serve de la...

machine-à-encaisser-les-chèques !!!


Je le sens mal, et la suite va prouver que j'ai raison (comme de juste et comme d'habitude) : La machine est d'un abord inamical, pour ne pas dire hostile et rebutant, avec son écran tactile mal fichu et sa limite de temps trop courte pour faire quoi que ce soit et parfaitement arbitraire.
Tentant d'apprivoiser la bête tant bien que mal, je dégaine mon chèque et mes références bancaires. Je cherche à encaisser le chèque sur mon compte commun, la machine me demande d'abord de quel centre financier je dépends.

Après avoir mis du temps à trouver le fameux centre financier (dont je me souvenais bien du nom, mais dont le département m'échappais), je finis par me rendre compte que les références que j'ai emportées sont celles de mon livret A et pas celles de mon compte courant, je dois donc tout recommencer depuis le début.
Bref, je recommence, dans un état d'énervement croissant, je tape mon numéro de compte, puis m'aperçois que je dois signer le dos de mon chèque et écrire le même numéro de compte en dessous, et me dépêche de le faire.
Peine perdue. Je retente une troisième fois, et après avoir à nouveau composé laborieusement mon numéro de compte, j'insère enfin le chèque dans la fente prévue à cet effet, et là...

Elle le refuse, elle me le renvoie dans la gueule, cette stupide machine ! Je réessaie encore (en mettant le chèque dans l'autre sens), mais autant pisser dans un violon, même punition, même motif.

En désespoir de cause et bouillant de haine et de ressentiment envers cet automate, je retourne voir le préposé, qui s'empare de mon chèque, d'un formulaire d'encaissement, et d'une mâle assurance se diriger vers la machine, effectue rapidement et efficacement toutes les opérations jusqu'à ce que la machine émette paisiblement un reçu. Je bredouille un vague remerciement et m'enfuis car je suis en retard, honteux et humilié que je me sens.

Car enfin, des interfaces utilisateurs foireuses, j'en ai dompté des pires. Que s'est-il passé ? Probablement cette confrontation imprévue, sur un terrain que je ne connaissais pas, et alors que pesait sur moi la contrainte de l'heure, n'était pas de celles que j'aurais pu gagner.

Je ne suis pas de ceux qui se plaignent à tort et à travers de la "dématérialisation", j'irais presque jusqu'à louer les initiatives qui m'évitent de sortir de chez moi et d'avoir à interagir avec un être de chair et d'os, mais je trouve assez douteux ce mélange des genre : À partir du moment où, de toute façon, il faut que je me déplace dans une agence, et où, de toute façon, je dois manipuler un bout de papier à la con, j'aime autant que ce soit un vrai employé qui se charge de mon cas. Ils ne sont pas toujours plus coopératifs que les machines, mais plus sensibles à la colère grandissante des gens en face d'eux.

De fait, le chèque vaut toujours moins que son montant. Non seulement il n'est valable que pour une personne, contrairement à un billet, mais en plus il faut s'emmerder à l'encaisser, ce qui peut être d'une complexité imprévue.

Enfin bref, je suis arrivé en retard, mais pas trop.

Enfin, ça m'aura au moins fourni la matière d'un billet de blog.

Pendant ce temps là, des gens crèvent de faim, des adolescents se suicident dans des collèges, des gens se font violer et torturer et Nicolas Sarkozy est enfin mis en examen.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
Madame Hammon était venue chez moi et allait partir. Elle décida de se doucher, de se rincer avant de s'en aller, mais elle ne voulait pas que ses cheveux fussent mouillés, car elle les avait déjà lavés et shampouinés soigneusement, de sorte que les mouiller eût détruit tout son labeur. Adonc, elle se mit à chercher de quoi attacher ses cheveux, mais, las ! Je n'avais ni élastique, ni pince idoine pour aider à cette fin. Elle tenta d'abord de faire tenir sa magnifique chevelure à l'aide de crayons, mais c'était peine perdue.
En désespoir de cause, elle me demanda de les lui maintenir soigneusement sur le dessus de son crâne tandis qu'elle procédait à ses ablutions, et je ne fus que trop heureux de lui offrir ce service, contemplant sa beauté tandis qu'elle frottait son corps énergiquement.
Enfin, quand elle eut fini, je lui donnai une serviette, et c'est avec grand soin qu'elle la mit de telle sorte que ses cheveux échappassent à l'humidité.

Enfin, nous nous rhabillâmes, et à ce moment là, un blanc dans la conversation fit entendre la pluie qui tombait, au dehors, rendant vaine les précautions précédentes.

Comme ont dit en de telles circonstances dans le rude langage des hommes de la terre : Vie de Merde.

Typhon


PS : Finalement, après la fausse joie qu'a été son bonnet malheureusement troué, il s'est trouvé qu'elle avait une capuche sur son manteau, de sorte que la casse a été limitée.