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Typhon Baal Hammon
26 avril 2016 @ 19:26
Et le Créateur Fou a posté le sujet d'Ogma LXII (et non pas LXI comme il le dit) :

Thème: "Ce que le Sergent McGall trouva dans les jungles de Mlan Yan."
Contrainte : Vous ferez une chanson de geste.




Voilà, vous avez trois semaines, bonne chance.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
20 avril 2016 @ 22:44
Et l'édition n°61 de Tétynons Ogma touche à sa fin.

Sauf erreur de ma part, il y a eu trois contributions :



Voilà. Vous avez donc jusqu'à samedi 23 au soir pour voter. Que le moins mauvais ne perde pas.

EDIT, 23/4/2016, 00:01 : Victoire du Créateur Fou, qui a trois jours pour envoyer un sujet.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
19 avril 2016 @ 02:40

Saucissonné



Lorsque le pinceau sur la toile point,
Trace à dessein le dessin de seins doux
On est loin du génie du grand Boudin
Peignant des porcs resplendissants du groin
Plutôt que hurler, faites juste un bruit doux
Laissez là cet artiste si porcin
Éclipsez-vous pour l'île de Gorée
Vous verrez : il n'y a là que des gens bons
Qui jamais jamais ne feraient aux truies
Rien qu'ils ne voudraient point qu'on leur fit.




Voilà, il reste approximativement 24 heures pour contribuer.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
13 avril 2016 @ 21:58
L'autre jour dans Paris, allant vers l'endroit où je gagne ma croûte, j'ai été frappé par la vision d'un motard fonçant vers quelque affamé pour lui livrer quelques plat préparé par un auguste... Bref, un livreur de bouffe quoi.

C'était pas un livreur de la marque que mon amie Manon Charles adore, mais un de ses concurrents, car l'entreprise en question, qui semble largement en position dominante, a maintenant des concurrents qui ont l'air de se développer plutôt bien, du moins à Paris (j'imagine que dans la brousse, moins).

"Et alors ?" me direz-vous peut-être.

Et bien, quoique n'étant pas client de ces boîtes, je ne peux pas me départir d'une certaine admiration quant à l'ingéniosité de leur business modèle. Ils disposent d'une ressource virtuellement inépuisable, la paresse humaine.

Côté client, plein de gens sont disposés à se faire servir, et côté restaurateur, ça doit être diablement plus facile de passer un contrat avec eux que de s'improviser livreur si on ne l'est pas déjà (J'imagine que les livreurs traditionnels doivent bien tirer la gueule d'ailleurs)...

...mais la réflexion qui m'est venue l'autre jour tandis que je voyais l'autre sur sa moto, c'est que bon, maintenant le secteur commence à avoir une certaine maturité, la suite sera classique, compétition à tout les niveaux (Je serais assez curieux de savoir s'il y a une clause d'exclusivité pour les restaurateurs, etc), mais fondamentalement, ça a l'air difficile de beaucoup changer le modèle de la livraison.

Peut-être qu'il y a de l'innovation dans leurs interfaces web ou leurs applications mobiles, mais sur le terrain ça a l'air difficile de faire vraiment une différence pour emporter un marché. Même les promesses de livrer en moins de XX minutes, ça a l'air difficile à tenir et peu convaincant.

Donc arrive la question : quelle est la prochaine révolution qui ringardisera tout les acteurs actuels ?

La réponse est toute trouvée, c'est la livraison par drones.





Ça rend les promesses de livraison rapide plus tenables puisque non-dépendantes du trafic, et objectivement quand votre déjeuner arrive comme ça si vous êtes pas convaincu de vivre dans le futur, je sais pas ce qu'il vous faut.

Oui mais.

Il paraît relativement facile de se faire livrer dans un coin isolé et de lui coller un pruneau pour lui chourer la caisse et la mangeaille.

Autant l'image d'un livreur en train de se faire braquer est assez triste et sordide, autant l'image d'un drône chassé à l'affut par des braconniers comme un vulgaire oiseau migrateur me fait vraiment mourir de rire, et j'espère très fort que des gens le feront pour de vrai.

Comme ça, quand ça arrivera, vous le lirez dans le journal, vous rigolerez et vous concluerez que je suis un fin observateur de la société.

(Et me dites pas qu'ils feront payer d'avance par carte de crédit sur internet et que la bouffe survivra pas à la chute, briseurs de rêves)




Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
28 mars 2016 @ 02:37
Avec un peu de retard, je déclare close la soixantième édition de Tétynons Ogma.

Étant donné qu'il n'y a eu qu'une seule participation, Skro, son auteur, gagne automatiquement. Il a donc jusqu'à mercredi pour trouver un nouveau sujet.




(Et du coup moi j'ai l'air malin à pas contribuer à mon propre sujet. Surtout que pour une fois on peut pas dire que j'ai manqué de temps. Bref.)




Le nouveau sujet sera donc :

Thème : "est-ce de l'art ou du cochon?"
Contrainte: le texte devra s'ouvrir et se fermer sur un vers en décasyllabe


Typhon
 
 
 
Typhon Baal Hammon
02 mars 2016 @ 01:47
Bon, ben vu que j'avais gagné, voilà un nouveau sujet, en espérant qu'il vous inspire.

Thème : Putain, soixante !

Contrainte : Le texte doit contenir le nom chaque pièce du jeu d'échec.




Voilà, vous avez trois semaines, tétynou sur vous tous et qu'Ogma vous inspire.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
24 février 2016 @ 19:09
Il faut enfin voter pour choisir le gagnant de Tétynons Ogma LIX

 
 
Typhon Baal Hammon
23 février 2016 @ 02:57

L'histoire se répète



Les morceaux de glace s'écartent de ma route et la mer est calme tandis que se détachent dans le brouillard les pics noirs et acérés du volcan dont les lueurs colorent les courtes nuits de ces latitudes. Le vent katabatique trouble à peine le silence millénaire de la banquise éclairée d'un crépuscule perpétuel, quoique sa puissance soit de nature à me faire chavirer. Les chrysothaute manquent de passer par dessus bord et de couler dans quelque abysse tandis que je cherche des yeux un passage navigable.

***


Des formes se découpent au loin, hallucinations nées de la solitude ou bien dangers réels comme ces crevasses qui peuvent m'engloutir à tout moment. Un roc découpé dans le lointain prend une vie évanescente quand ma vue se trouble, et devient alors un fantastique hiérosaure disparu aussi vite qu'il est apparu. Il me faut accélérer si je veux atteindre mon but. Sinon tout mes compagnons seront morts en vain.

***


Les curieux oiseaux noirs et blancs que j'ai croisé ne me semblent un cas patent d'ourornithodie en ce qu'ils ne sont manifestement plus capables de voler. Depuis que je n'en croise plus ma solitude a encore redoublé, en pénétrant plus profondément dans ce territoire gelé j'ai laissé derrière moi toute autre forme de vie. Le soleil ne descend plus jamais. C'est à cette latitude que l'on sent à quel point les journées font 24 heures.

***


Malgré l'épaisseur de la couche de glace sur laquelle je progresse de plus en plus péniblement depuis maintenant un mois, je vois désormais fréquemment des affleurement rocheux qui m'indiquent que je me rapproche de la chaîne de montagne dont parlais la légende.

***


À quelle formidable créature devait appartenir le crâne anaxabrontoïde qui gardait l'entrée de la grotte ! J'entre en utilisant avec moult précautions le pyrolonkhe pour faire fondre un chemin dans la glace. J'espère que les économies de combustible qui ont failli me surgeler me permettront d'atteindre mon but.

***


J'ai atteint le fond de la grotte. Fou que j'étais ! J'ai atteint mon but. J'ai désormais la preuve qu'il a existé avant nous sur la surface de cette planète, il y a des millions d'années, une espèce intelligente. Oh le hideux orgueil qui m'a saisi quand j'ai vu les ruines souterraines de cette ville fossilisée construite à une époque plus vieille que les plus anciens de nos ptérolithes !
L'affreuse joie qui m'a poussé à explorer ces ruines et à en entreprendre une archéologie. Combien j'ai exulté de découvrir la forme de ces anthropes qui vivaient avant nous sur terre. Mais leur bizarre conformation symétrique à 4 membres n'était rien à côté du choc de ce que j'ai découvert dans un puit sans fond ouvert nonchalamment de mon pyrolonkhe. Une horreur plus vieille que le temps m'a contemplé autant que je l'ai contemplée.

Dans précisément trois heures, mes charges disposées partout dans la grotte exploseront et en scelleront la sortie. Je les ai bricolées avec mon propulseur et le pyrolonkhe et je ne pourrai donc pas remonter. Mais je préfère me sacrifier que de libérer cette abomination dont le cri a percé l'atmosphère : TIKELI-LI.




Voilà, je clôturerai ce soir.

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
15 février 2016 @ 23:58
Comme la fois précédente, Camille m'a envoyé sa contribution par e-mail, je la publie donc ici afin que chacun puisse la lire :




« Parmilledieu il n'y a rien ici ! »
Le professeur commença à tortiller nerveusement sa moustache. Il était abstendu, au bord de la crise de nerf. Accepter ce poste d'explorologue avait probablement était la pire décision de sa déjà fort longue vie. Imagine t-on à 65 ans, partir à l'aventure un vieux professeur forenstatut, respecté dans son milieu !
De rage, il projeta à terre ses instruments : le hiéroscope se brisa en deux. Assis, il observa l'horizon. Le néant. Puis le ciel. Le vide. Puis le sol : rien. Voilà qui compliquait les choses. Lorsqu'on mis à jour les débris de l'Atlantide, nombreuses on était les réactions. Les illuminés de toute sorte proclamant la pureté de leur vérité face à l'imposture scientifique, les technologant rêvant de voyage dans l'espace, les politichiens-de-garde de nouvelle formes d'organisations de la société et de soumission de l'individu.
Le résultat fut pour tous décevant : il n'y avait que peu de chose. Quelques ruines éparses, des morceaux de poteries, des parchemins enruinés quelques crânes parci par là. De quoi éveiller la curiosité des archéologues et d'endormir la curiosité du grand public. Le continent ressurgissait de temps à autre, dans les traités internationaux, dans les débats sur le coût des explorations. Il faut dire que les résultats n'étaient guère encouragant. Par peuritude peut être, rare était les explorologue qui s'enfonçaient dans les terres intérieurs, et si la côté était bien connu, les terres continentales étaient oubliés. Aussi, les universitaires, les étudiants, les mercenaires de toutes sortes et de toutes nations s'entassaient dans quelques campements, songeant plus aux bières et au divertissements faciles qu'à être les nouveaux Conquistador.
De dépit le professeur s'assit et observa la plaine devant lui. Soudain, il vit l'un des curieux animaux qui s'approchaient parfois, venant de la plaine. Mélange hybridesque de diverses oiseaux ressemblant vaguement à un dodo, ils courraient de temps à autre, effrayé cependant par la compagnie des hommes. Un sourire se forma sur son visage, et il saisit sa fusilette de chasse. Si il ne ramenait pas du poulet d'Atlantide au dîner, il aurait au moins occupé son après midi.





Et voilà.
Il reste une semaine pour écrire une contribution à cette édition de Tétynons Ogma

Typhon
 
 
Typhon Baal Hammon
05 février 2016 @ 17:16
Pas complètement satisfait de ce texte mais j'en avais marre de dormir dessus.
Spoile en grande partie Kagemusha, mais je ne pense pas que ce soit très grave à vrai dire.

影武者 - Kagemusha (le double)


Après avoir regardé cette vidéo sur l'art du mouvement de Kurosawa (cette chaîne youtube est globalement très intéressante), j'ai repensé à une de mes scènes favorites dans Kagemusha : le tout début.



Kagemusha - Opening scene. Pensez à activer les sous-titre en cliquant sur CC.




La toute première scène du film est un plan statique de six minutes présentant trois personnages assis qui se ressemblent fortement, contre un fond relativement sobre. Les personnages discutent, et pendant les trois premières minutes, ils ne font pratiquement aucun mouvement.

Château médiéval japonais


Ce film, qui contient un certain nombre de scènes de batailles, notamment une vision particulièrement apocalyptique de la bataille de Nagashino, commence donc par une image d'immobilité totale.

Et cette immobilité qui donne le ton, c'est avant tout l'immobilité du personnage au centre de ce premier plan, Takeda Shingen, dont la place dans cette scène reflète son rôle de personnage central du film :

Un peu plus tard, dans le film, Takemaru, le petit-fils de Takeda Shingen demande à celui qu'il croit être son grand-père pourquoi on l'appelle "la montagne".

Mais Shingen est mort et son double est bien en peine de lui répondre.

Le page qui est là pour l'assister et le surveiller répond pour lui :

—"Quelle est la devise du clan Takeda ?"
—"Rapide comme le vent, silencieux comme la forêt, destructeur comme le feu, impassible comme la montagne".

Devise généralement abrégée en 風林火山, fû-rin-kâ-zan, soit vent, forêt, feu, montagne.

Le page explique que chaque partie de la devise s'applique à différentes branche de l'armée Takeda : les éclaireurs, rapides comme le vent, les lanciers, silencieux comme la forêt, la cavalerie lourde, destructrive comme le feu, et le seigneur, c'est la montagne,山.

Le page explique à Takemaru et au Kagemusha la signification de la devise Takeda


Il m'apparaît, maintenant que je sais comment il s'écrit en japonais, que la composition symétrique du tout premier plan du film, avec Takeda Shingen au milieu, et ses deux doubles à droite et à gauche reflète le caractère 山 signifiant "montagne".


Le "mouvement" qui anéantit le clan Takeda, c'est l'anéantissement de l'oeuvre de Shingen, sa deuxième mort en somme.

Après que nous sommes morts, le monde continue de tourner et nous oublie. Nos accomplissements sont réduits en cendres par les vivants, en l'occurence Katsuyori, le fils de Shingen, et son ambition d'exister par lui-même, indépendamment de son père (cf sa frustration quand il apprend que les généraux de Shingen ont décidé - à contrecoeur - de le suivre, avec les bannières de son père "même mort il me vole ma victoire").




Takeda Shingen, blessé, face à ses généraux


"Toute ma vie, j'ai rêvé de voir mes bannières flotter sur Kyoto", confie-t-il à ses généraux après avoir été blessé, "mais si je meurs, ne poursuivez pas ce rêve. Ne bougez pas."

Le thème de Kagemusha (l'un des thèmes du moins) c'est "Que reste-t-il d'un homme après sa mort ?". Les instruction de Shingen sont de garder sa mort secrète, d'utiliser son double pour le remplacer, et de ne pas bouger. Tout doit s'arrêter avec lui, en somme.

L'arc central du film, c'est l'identification progressive du Kagemusha à Shingen.

C'est lui, le voleur et l'assassin, qui, au début du film, brise la symétrie et l'immobilité du plan, d'abord en étant légèrement au premier plan par rapport aux autres, et ensuite en bougeant : il coupe le dialogue posé et statique entre Shingen et son frère, s'esclaffe d'un rire grotesque, exagéré, puis se retourne et accuse Shingen d'être un pire assassin que lui : il n'a fait que quelques victimes tandis que le seigneur de la guerre a provoqué la mort de milliers de gens.
Et après la mort de Shingen, ses généraux ne sont pas sûrs de pouvoir appliquer son plan : l'assassin n'est-il pas de trop basse extraction pour pouvoir servir le plan de Shingen ?
La suite montre que si le seigneur était un assassin, l'assassin peut sans problème se mouler dans la peau du seigneur.

Le double de Shingen s"identifie à lui


À la fin il est devenu Shingen au point que quand le clan est anéanti, et bien qu'il ait été payé pour ses services, il charge désespérément les lignes ennemies et meurt. Il ne peut pas survivre à Shingen : il est Shingen.

Il est d'ailleurs assez significatif que le vrai nom du double ne soit jamais mentionné.

Ce que Kagemusha montre, c'est ce qui se passe quand le seigneur est obéi même après sa mort. On peut dire que sa mort symbolique se situe après sa mort physique, à l'inverse de Rân, où c'est le contraire qui se produit.
Dans Rân le seigneur renonce à son pouvoir et ne comprend que trop tard qu'en faisant ça il s'est symboliquement suicidé.
À l'inverse, dans Kagemusha, le seigneur ordonne à son entourage de prolonger sa vie symbolique par delà sa mort.


Oda Nobunaga réagit à la petite blague de Shingen





Sinon, pour ceux qui connaissent rien sur cette période du japon, regardez donc cette petite série de vidéos sur cette époque.




Typhon